📋 Introduction : Le sexe, élément fondamental de l'état civil

🔑 Points essentiels à retenir
Le sexe constitue un élément d'identification obligatoire de la personne physique, devant figurer dans l'acte de naissance conformément à l'article 57 du Code civil.
Il marque l'appartenance à l'une des deux catégories sur laquelle la société est traditionnellement fondée : sexe masculin ou sexe féminin.
La mention du sexe inscrite dans l'acte de naissance est présumée exacte et opposable à tous jusqu'à preuve du contraire.
Cette indication ne comporte aucune connotation relative à la sexualité et ne donne normalement lieu à aucune discrimination, le principe d'égalité des sexes irriguant les relations civiles et familiales.

La déclaration de naissance d'un enfant doit être effectuée dans les cinq jours de l'accouchement (article 55, alinéa 1er du Code civil, issu de la loi du 18 novembre 2016, contre trois jours antérieurement). Elle permet à l'officier de l'état civil de dresser immédiatement l'acte de naissance. Aux termes de l'article 57 du Code civil, cet acte énonce notamment le jour, l'heure et le lieu de la naissance, le sexe de l'enfant, ainsi que le nom de famille et les prénoms choisis.

📖 Fondement doctrinal

Le sexe permet de marquer l'appartenance de l'individu à l'une des deux catégories sur lesquelles toute société est traditionnellement fondée. Cette conception binaire du sexe a été consacrée tant par la jurisprudence que par le législateur, même si des évolutions récentes témoignent d'une prise en compte croissante de situations particulières.

Les enjeux contemporains

Si l'indication du sexe à la naissance ne soulève généralement pas de difficulté, plusieurs problématiques juridiques complexes se sont développées au fil du temps :

📝
Rectification d'erreur

Les cas d'omission ou d'erreur de l'officier de l'état civil nécessitant une rectification administrative ou judiciaire.

👶
Indétermination à la naissance

La situation des enfants dont le sexe ne peut être déterminé lors de la déclaration de naissance (personnes intersexuées).

🔄
Changement de sexe

La modification de la mention du sexe pour les personnes transgenres, ayant la conviction d'appartenir au sexe opposé.

⚖️
Question du sexe neutre

La possibilité de faire figurer une mention autre que « masculin » ou « féminin » à l'état civil.

📜 I. L'inscription originaire du sexe dans l'acte de naissance

A. Principe et fondement juridique

L'indication obligatoire du sexe dans l'acte de naissance constitue l'un des éléments d'identification de la personne physique. Elle ne comporte aucune connotation relative à la sexualité et ne donne normalement lieu à aucune discrimination.

📊 Structure de l'acte de naissance (art. 57 C. civ.)
Jour de naissance
Heure de naissance
Lieu de naissance
SEXE DE L'ENFANT
Nom de famille
Prénoms choisis
⚖️ Force probante de la mention du sexe

La mention du sexe inscrite dans l'acte de naissance est présumée exacte. Elle est opposable à tous jusqu'à preuve du contraire. Cette règle a été confirmée par une jurisprudence constante (TGI Seine, 18 janvier 1965 ; TGI Saint-Étienne, 26 mars 1980).

B. Rectification en cas d'erreur ou d'omission

Deux difficultés peuvent apparaître concernant l'indication de la mention du sexe dans l'acte de naissance originaire : l'omission ou l'erreur de l'officier de l'état civil.

1. La rectification administrative (erreur matérielle)

L'indication du sexe dans l'acte de naissance pourrait, en théorie, être omise par l'officier de l'état civil. Une telle omission, pouvant être apparentée à une erreur purement matérielle, peut être réparée par une procédure de rectification administrative.

📋 Compétence du procureur de la République

La rectification administrative relève de la compétence du procureur de la République territorialement compétent, c'est-à-dire celui du lieu où l'acte de naissance a été dressé ou transcrit Art. 99-1, al. 4 C. civ.

La loi du 18 novembre 2016 a précisé que la date d'opposabilité de la rectification est fixée au jour de sa publicité sur les registres de l'état civil Art. 100 C. civ.

2. La rectification judiciaire (erreur sur le sexe)

Si le sexe inscrit dans l'acte de naissance est inexact (hypothèse où l'officier se serait trompé, par exemple en raison d'un prénom mixte), il ne s'agit pas d'une erreur purement matérielle. Il est alors nécessaire de recourir à une procédure de rectification judiciaire.

1
Requête
Simple requête adressée au président du tribunal judiciaire
2
Initiative
Toute personne intéressée ou le procureur de la République
3
Procédure
Instruite et jugée en matière gracieuse
4
Décision
Transcription en marge de l'acte de naissance
Cass. 1re civ., 26 janvier 1983, n° 81-16.795 26/01/1983

La charge de la preuve de l'inexactitude de l'inscription du sexe dans l'acte de naissance pèse sur le demandeur en rectification. La décision rectificative est revêtue d'une autorité absolue provisoire : elle est opposable à tous, sous réserve d'une contestation ultérieure par un tiers.

C. L'indétermination du sexe à la naissance

Il arrive que des enfants naissent avec un sexe indéterminé. Ces individus, présentant une mixité dans leurs caractères sexuels, étaient autrefois désignés sous le terme d'« hermaphrodites ». Aujourd'hui, on parle de personnes intersexuées ou de personnes atteintes de variations du développement sexuel (VDS).

📊 Statistiques

Les variations du développement sexuel concerneraient entre 0,02 % des naissances selon le corps médical (environ 200 naissances par an en France) et 1,7 à 2 % selon les associations, qui incluent toutes les hypothèses de développements sexuels atypiques.

Évolution du cadre juridique

2011
Circulaire du 28 octobre 2011

Premières dispositions spécifiques consacrées aux enfants de sexe indéterminé. Possibilité de ne pas mentionner le sexe pendant 1 à 2 ans, dans l'attente de « traitements appropriés ».

2021
Loi bioéthique du 2 août 2021

Consécration légale de dispositions particulières pour les « enfants présentant une variation du développement génital ». Report possible de la mention du sexe pour une durée maximale de 3 mois.

📜 Régime issu de la loi du 2 août 2021 (art. 57, al. 2 C. civ.)
1 En cas d'impossibilité médicalement constatée de déterminer le sexe, le procureur peut autoriser l'officier de l'état civil à ne pas faire figurer immédiatement le sexe sur l'acte de naissance.
2 L'inscription du sexe médicalement constaté intervient dans un délai maximal de 3 mois à compter de la déclaration de naissance.
3 Le procureur ordonne de porter la mention du sexe en marge de l'acte et peut, à la demande des représentants légaux, rectifier les prénoms.
⚠️ Important : La loi ne permet pas de faire figurer une mention autre que « masculin » ou « féminin » (pas de « sexe neutre » ou « autre »).

L'article 99 du Code civil, modifié par la loi de 2021, facilite également la rectification ultérieure pour les personnes présentant une variation du développement génital : si le sexe médical ne correspond pas à celui figurant sur l'acte de naissance, la rectification est ordonnée à la demande de l'intéressé ou de ses représentants légaux.

🔄 II. La modification de la mention du sexe à l'état civil

S'il est possible, à certaines conditions, de changer à l'état civil la mention de son sexe d'origine pour faire apposer l'autre (par exemple, la mention « sexe masculin » à la place de « sexe féminin »), cette action d'état a connu une évolution considérable.

A. Définitions et terminologie

📖
Transidentité

Les personnes transgenres sont des personnes dont le genre ne correspond pas au sexe qui leur a été assigné à la naissance. Elles peuvent décider de s'engager dans un parcours de transition.

⚕️
Transsexualisme (terme ancien)

Discordance entre le sexe physique apparent et le sexe psychologique, avec sentiment profond d'appartenir au sexe opposé. Terme de moins en moins utilisé car connoté médicalement.

🔬
Identité de genre

Perception, consciente ou inconsciente, que l'on appartient à un sexe et non à l'autre. Concept plus large englobant l'auto-détermination de l'identité.

📌 Précision importante

Le transsexualisme a été retiré de la liste des affections psychiatriques par le décret n° 2010-125 du 8 février 2010. L'Organisation mondiale de la santé a également procédé à une déclassification similaire. Les termes de « transidentité » et « identité de genre » sont aujourd'hui préférés pour effacer toute connotation négative.

B. Évolution historique et jurisprudentielle

1975
Refus catégorique de la Cour de cassation

« Le principe de l'indisponibilité de l'état des personnes, au respect duquel l'ordre public est intéressé, interdit de prendre en considération les transformations corporelles obtenues. » (Civ. 1re, 16 déc. 1975)

1990
Confirmation du refus

« Le transsexualisme, même médicalement reconnu, ne peut s'analyser en un véritable changement de sexe, le transsexuel n'ayant pas acquis les caractères du sexe opposé. » (Civ. 1re, 21 mai 1990)

25 mars 1992
Condamnation de la France par la CEDH

Arrêt B. c/ France : La situation réservée aux transsexuels en droit français est « globalement incompatible avec le respect dû à la vie privée » (violation de l'article 8 de la Convention).

11 décembre 1992
Revirement de l'Assemblée plénière

La Cour de cassation admet le changement de sexe à l'état civil sous conditions strictes : réalité du syndrome, traitement médico-chirurgical, apparence physique proche de l'autre sexe, comportement social correspondant.

14 mai 2010
Circulaire d'assouplissement

Le changement de sexe n'implique plus nécessairement une réassignation chirurgicale. Seul est requis le caractère irréversible du changement, dont la preuve peut être rapportée par tous moyens.

6 avril 2017
Nouvelle condamnation par la CEDH

Arrêt A.P., Garçon et Nicot c/ France : L'exigence d'irréversibilité de la transformation (impliquant stérilisation) viole l'article 8. Toutefois, un diagnostic préalable reste admissible.

18 novembre 2016
Loi de modernisation de la justice du XXIe siècle

Consécration législative de la modification du sexe à l'état civil dans les articles 61-5 à 61-8 du Code civil. Démédicalisation de la procédure.

C. Le régime issu de la loi du 18 novembre 2016

La loi de modernisation de la justice du XXIe siècle a consacré quatre articles à la modification de la mention du sexe à l'état civil (articles 61-5 à 61-8 du Code civil), assouplissant considérablement les conditions tout en maintenant la compétence du juge.

1. Les conditions de fond (art. 61-5 C. civ.)

📋 Conditions légales
👤 Capacité : Toute personne majeure ou mineure émancipée (nouveauté importante)
📊 Preuve : Démonstration par une « réunion suffisante de faits » que la mention ne correspond pas au sexe dans lequel la personne se présente et est connue

La loi énumère les principaux faits pouvant être invoqués (liste ni exhaustive ni cumulative) :

Fait Description Preuve possible
Se présenter publiquement comme appartenant au sexe revendiqué Témoignages, photos, documents administratifs
Être connue sous le sexe revendiqué de son entourage familial, amical ou professionnel Attestations de proches, collègues, amis
Avoir obtenu le changement de prénom afin qu'il corresponde au sexe revendiqué Décision de changement de prénom
⚠️ La démédicalisation : innovation majeure

L'article 61-6, alinéa 3 du Code civil dispose expressément : « Le fait de ne pas avoir subi des traitements médicaux, une opération chirurgicale ou une stérilisation ne peut motiver le refus de faire droit à la demande. »

Cette disposition marque une rupture fondamentale avec la jurisprudence antérieure qui exigeait une transformation physique irréversible. Le Conseil constitutionnel a jugé que cette démédicalisation ne porte pas atteinte au principe de dignité de la personne humaine (Cons. const., 17 nov. 2016, n° 2016-739 DC).

2. La procédure (art. 61-6 C. civ.)

1
Saisine du tribunal judiciaire
Demande présentée devant le tribunal judiciaire territorialement compétent
2
Production des preuves
Consentement libre et éclairé + éléments de preuve des faits invoqués
3
Vérification par le juge
Contrôle du consentement et des conditions de l'article 61-5
4
Jugement
Modification de la mention du sexe et, le cas échéant, des prénoms
⚖️ Maintien de la compétence judiciaire

Malgré les tentatives de déjudiciarisation lors des débats parlementaires, la compétence du juge a été maintenue. Le changement de sexe relève de la matière gracieuse. Le juge vérifie que le consentement est libre et éclairé et constate que les conditions légales sont remplies.

D. Les conséquences de la modification

1. Effets sur l'état civil (art. 61-7 C. civ.)

📝
Acte de naissance

Mention de la décision portée en marge dans les 15 jours suivant son passage en force de chose jugée, à la requête du procureur.

💍
Acte de mariage

Aucune mention du changement de sexe n'est apposée en marge de l'acte de mariage (protection de la vie privée du conjoint).

👨‍👩‍👧
Actes des descendants

Aucune mention sur les actes de naissance des enfants. Le changement de prénom corrélatif n'y figure qu'avec le consentement des intéressés.

⚠️ Effet constitutif du jugement

Le jugement ordonnant la modification du sexe a un effet constitutif et non déclaratif (Cass. 1re civ., 14 nov. 2006). Il n'opère que pour l'avenir, sans aucun effet rétroactif. Les énonciations antérieures des actes de naissance des descendants ne sont donc pas remises en cause.

2. Effets sur les obligations et la filiation (art. 61-8 C. civ.)

L'article 61-8 du Code civil dispose que « la modification de la mention du sexe dans les actes de l'état civil est sans effet sur les obligations contractées à l'égard des tiers ni sur les filiations établies avant cette modification ».

🔗 Préservation des droits
📄 Contrats : Les contrats de travail, de prêt, d'assurance, etc. restent inchangés
👪 Filiation : Les liens de filiation établis antérieurement sont préservés (autorité parentale, droits successoraux)

3. Difficultés relatives à la filiation postérieure

La loi de 2016 ne règle pas les difficultés relatives aux filiations établies après la modification de la mention du sexe. Des questions complexes se posent notamment lorsqu'une femme transgenre (née homme, devenue femme à l'état civil mais ayant conservé ses capacités reproductives) conçoit un enfant avec son épouse.

Cass. 1re civ., 16 septembre 2020, n° 18-50.080 16/09/2020

Une personne transgenre homme devenue femme qui, après modification de son état civil, procrée avec son épouse au moyen de ses gamètes mâles, n'est pas privée du droit de faire reconnaître un lien de filiation biologique avec l'enfant mais ne peut le faire qu'en ayant recours aux modes de filiation réservés au père. La mention « parent biologique » n'existe pas en droit français.

4. Incidence sur le mariage

Depuis la loi du 17 mai 2013 ouvrant le mariage aux personnes de même sexe, les difficultés se sont considérablement atténuées :

Situation Avant 2013 Depuis 2013
Changement de sexe avant le mariage Débat sur la validité du mariage avec une personne du sexe d'origine Aucune difficulté : le mariage entre personnes de même sexe est autorisé
Changement de sexe pendant le mariage Discussion sur la caducité ou la nullité du mariage Le mariage subsiste : deux personnes de même sexe peuvent être mariées

⚖️ III. La question du sexe neutre

La question s'est posée de savoir s'il est possible de faire remplacer la mention du sexe portée dans l'acte de naissance par une mention « sexe neutre » ou « autre », notamment pour les personnes intersexuées ou celles ne se reconnaissant dans aucune catégorie binaire.

A. L'affaire ayant conduit à la saisine de la Cour de cassation

En 2015, une personne de 65 ans, née avec des organes génitaux ambigus et inscrite comme de sexe masculin à la naissance, a sollicité la modification de son état civil pour faire figurer la mention « sexe neutre ».

TGI Tours, 20 août 2015 20/08/2015

Le tribunal fait droit à la demande, estimant que la rareté de la situation « ne remet pas en cause la notion ancestrale de binarité des sexes » et qu'il s'agit simplement de « prendre acte de l'impossibilité de rattacher l'intéressé à tel ou tel sexe ».

CA Orléans, 22 mars 2016, n° 15/03281 22/03/2016

Infirmation du jugement : « Admettre de rectifier l'acte de naissance pour y porter la mention 'sexe neutre' reviendrait à reconnaître, sous couvert d'une simple rectification, l'existence d'une autre catégorie sexuelle, allant au-delà du pouvoir d'interprétation de la norme du juge. »

B. La position de la Cour de cassation

Cass. 1re civ., 4 mai 2017, n° 16-17.189 04/05/2017

« La loi française ne permet pas de faire figurer, dans les actes de l'état civil, l'indication d'un sexe autre que masculin ou féminin. »

📌 Motifs de la Cour de cassation
1 Si l'identité sexuelle relève de la sphère protégée par l'article 8 de la Convention EDH, la dualité des énonciations relatives au sexe poursuit un but légitime.
2 Cette dualité est nécessaire à l'organisation sociale et juridique dont elle constitue un élément fondateur.
3 La reconnaissance d'un « sexe neutre » aurait des répercussions profondes sur les règles du droit français construites sur la binarité et impliquerait de nombreuses modifications législatives.
4 En l'espèce, l'intéressé avait l'apparence et le comportement d'une personne de sexe masculin : l'atteinte à sa vie privée n'était pas disproportionnée.

C. La position de la CEDH

CEDH, 31 janvier 2023, Y. c/ France, req. n° 76888/17 31/01/2023

La Cour européenne refuse de condamner la France, « en l'absence de consensus européen en la matière », tout en reconnaissant la « difficile situation » des personnes intersexuées « au regard du droit au respect de la vie privée, en particulier du fait de l'inadéquation entre le cadre juridique et leur réalité biologique ».

📊 Synthèse : La question du sexe neutre en droit français
Demande de mention « sexe neutre » à l'état civil
Position du droit français : REFUS
Raison juridique
La loi ne prévoit que deux mentions : masculin ou féminin
Raison pratique
Modifications législatives considérables nécessaires
Compétence
Création d'une 3e catégorie = compétence du législateur

D. Le droit comparé : l'exemple allemand

En Allemagne, une décision de la Cour constitutionnelle fédérale du 10 octobre 2017 a imposé au législateur de reconnaître une mention autre que « masculin » ou « féminin » sur les registres de naissance. La loi du 13 décembre 2018 permet désormais :

1️⃣
Mention « divers »

Les parents peuvent choisir la mention « divers » (« divers ») pour un enfant qui ne peut être assigné au sexe masculin ou féminin.

2️⃣
Absence de mention

Possibilité de ne renseigner aucune mention relative au sexe à la naissance.

3️⃣
Modification ultérieure

Les personnes de plus de 14 ans présentant des variations du développement sexuel peuvent modifier la mention par déclaration à l'état civil.

🔮 Perspectives d'évolution

En France, le législateur n'a pas encore franchi le pas de la reconnaissance d'une troisième catégorie de sexe. La Cour de cassation a clairement renvoyé cette responsabilité au Parlement. La CEDH, faute de consensus européen, n'a pas imposé cette évolution. Toutefois, la situation des personnes intersexuées a été partiellement améliorée par la loi bioéthique de 2021 concernant le report de la mention à la naissance et la facilitation des rectifications.

📝 Synthèse générale

🎯 Points essentiels à retenir
📜 Principe : Le sexe est un élément obligatoire de l'acte de naissance (art. 57 C. civ.), marquant l'appartenance à l'une des deux catégories : masculin ou féminin.
📝 Rectification : L'omission relève de la rectification administrative (procureur) ; l'erreur sur le sexe nécessite une rectification judiciaire (président du tribunal).
👶 Indétermination : Depuis la loi de 2021, report possible de 3 mois maximum en cas d'impossibilité médicale de déterminer le sexe.
🔄 Modification : Depuis la loi du 18 novembre 2016, procédure judiciaire démédiaclisée (art. 61-5 à 61-8 C. civ.) ouverte aux majeurs et mineurs émancipés.
🏛️ Preuve : « Réunion suffisante de faits » démontrant que la mention ne correspond pas au sexe dans lequel la personne se présente et est connue (pas d'exigence médicale).
⚖️ Sexe neutre : Refusé par la Cour de cassation (2017) et non condamné par la CEDH (2023). Création d'une 3e catégorie = compétence du législateur.
🇪🇺 Droit européen : La CEDH a condamné la France pour l'exigence de stérilisation (2017) mais accepte l'exigence d'un diagnostic préalable sur la réalité de la transidentité.
📊 Schéma récapitulatif des procédures
SEXE À L'ÉTAT CIVIL
Inscription originaire
(art. 57 C. civ.)
Rectification
(art. 99 s. C. civ.)
Modification
(art. 61-5 s. C. civ.)
Obligatoire
dans les 5 jours
Erreur/omission
Indétermination
Transidentité
(action d'état)