Aucune infraction ne se réduit à un geste : le droit pénal punit une volonté, non un simple accident matériel. Situer précisément l’état d’esprit exigé de l’agent conditionne alors tout le partage entre l’acte coupable et le fait fortuit.
I) La notion d’élément moral
Une infraction ne se réduit jamais à un fait brut. Le droit pénal ne réprime pas la survenance d’un dommage, ni même l’accomplissement d’un acte objectivement contraire à la loi : il réprime l’attitude d’esprit qui a présidé à cet acte. Telle est la portée de l’adage traditionnel qui analyse chaque infraction en deux composantes, l’une matérielle et l’autre morale : la première renvoie à l’acte extérieur appréhendé par la disposition répressive, tandis que la seconde désigne l’attitude mentale grâce à laquelle cet acte peut être imputé à celui qui l’a accompli. Cette dualité n’est pas une commodité de présentation ; elle traduit une exigence de fond, sans laquelle la répression perdrait sa justification. Avant d’examiner les degrés que peut revêtir cet élément moral, puis les causes qui l’altèrent, il faut établir ce qu’il est : une condition constitutive de l’infraction, dont la présence ou l’absence décide de l’existence même du délit, et qu’il convient de distinguer soigneusement du fait matériel auquel il s’articule.
A) Une exigence constitutive
Affirmer que l’élément moral est constitutif, c’est dire qu’il n’est pas une circonstance accessoire venant colorer une infraction déjà formée, mais une composante sans laquelle l’infraction n’existe pas. Le raisonnement se déploie en deux temps qui se répondent : positivement, la répression suppose que l’acte puisse être reproché à son auteur, ce que traduit le principe de culpabilité ; négativement, elle interdit que l’on tienne quelqu’un pour coupable du seul fait qu’un résultat lui est matériellement attribuable, ce qui exclut toute responsabilité purement objective.
1) Le principe de culpabilité
Le principe de culpabilité énonce qu’il n’y a de peine que là où il y a faute. Il commande de ne sanctionner que celui dont l’acte procède d’une volonté ou, à tout le moins, d’un défaut de vigilance qui lui est imputable. Le Code pénal en fait la clef de voûte de la théorie de l’infraction, en posant en tête du titre consacré à la responsabilité pénale une règle dont la portée dépasse de loin sa formulation lapidaire.
La règle appelle une lecture attentive. Elle érige l’intention en élément moral de principe des crimes et des délits : dès lors qu’un texte incrimine un comportement sans préciser autrement l’état d’esprit requis, la répression suppose que l’agent ait voulu son acte en connaissance de sa portée. La jurisprudence en tire des conséquences rigoureuses lorsqu’il s’agit d’infractions dont la loi ne dit rien du versant psychologique : elle rappelle que le caractère intentionnel doit être établi en fait, et qu’il ne se déduit pas de la seule matérialité du comportement. La chambre criminelle a ainsi jugé qu’une infraction est intentionnelle, par application du premier alinéa de l’article 121-3, dès lors que son auteur a agi en connaissance de cause de la violation de la règle qu’il méconnaît, à charge pour les juges du fond de caractériser cette connaissance.
- Faits
- Le capitaine d’un navire s’était vu reprocher une pollution de l’air en mer, l’article L. 218-15 du Code de l’environnement en réprimant l’auteur.
- Problème
- Le texte d’incrimination ne précisant pas l’élément moral, l’infraction supposait-elle une intention, et comment devait-elle être caractérisée ?
- Solution
- L’infraction est intentionnelle par application de l’article 121-3, alinéa 1er ; elle est établie dès lors que les motifs démontrent que c’est en connaissance de cause que le capitaine a méconnu l’obligation d’utiliser un combustible conforme.
- Portée
- Le silence du texte spécial sur la moralité renvoie à la règle générale : l’intention est requise, et sa preuve passe par la démonstration d’une action accomplie sciemment.
On mesure la fonction de garantie que remplit ce principe. Il interdit de faire peser la répression sur celui qui n’a pas voulu l’acte réprimé, et il oblige le juge à rechercher, derrière le fait, la volonté qui l’anime. Cette exigence connaît toutefois ses tempéraments, que la suite de l’article 121-3 organise et que la seconde partie de cette étude examinera : à côté de l’intention, la loi admet, lorsqu’elle le prévoit expressément, la mise en danger délibérée et la faute d’imprudence comme formes atténuées de l’élément moral. Le principe reste néanmoins que, faute d’indication contraire, l’intention est due ; il commande la lecture de tout texte muet sur ce point.
2) L’exclusion de la responsabilité objective
Le revers du principe de culpabilité est l’exclusion de la responsabilité objective, c’est-à-dire d’une responsabilité qui naîtrait de la seule imputation matérielle d’un résultat, sans considération de l’état d’esprit de l’auteur. Admettre une telle responsabilité reviendrait à sanctionner un homme pour ce qui lui est arrivé plutôt que pour ce qu’il a voulu ou négligé ; ce serait ruiner la distinction entre l’infraction et l’accident. Le droit pénal s’y refuse : il exige toujours qu’un lien psychologique unisse l’auteur à son acte, ce lien fût-il réduit, dans les délits non intentionnels, à une défaillance de la prudence ou de la vigilance.
Cette exclusion n’est pas seulement une pétition de principe ; elle gouverne l’office du juge. Lorsque les constatations de fait établissent que l’agent connaissait ses obligations et s’y est délibérément soustrait, le juge ne peut écarter la répression au prétexte d’un défaut d’intention : il doit tirer les conséquences de ce qu’il a lui-même relevé. La chambre criminelle censure ainsi la décision qui, ayant constaté que le prévenu se savait assujetti à l’impôt et s’était néanmoins abstenu de déclarer malgré une mise en demeure, le relaxe pour absence d’intention coupable. La solution éclaire, par contraste, la portée de l’exigence : si l’élément moral ne peut jamais être présumé au point de dispenser le juge de le caractériser, il ne peut davantage être nié lorsque les faits établis en démontrent la réalité.
- Faits
- Un contribuable, poursuivi pour fraude fiscale, avait été renvoyé des fins de la poursuite pour défaut d’intention coupable, la cour d’appel relevant par ailleurs qu’il se savait assujetti et s’était abstenu de déclarer malgré mise en demeure.
- Problème
- Le juge pouvait-il écarter l’élément moral tout en constatant les faits qui en établissaient l’existence ?
- Solution
- Cassation : n’a pas tiré les conséquences de ses propres constatations la juridiction qui relaxe pour défaut d’intention alors qu’elle relève que le prévenu, informé de son assujettissement, s’est délibérément abstenu de déclarer.
- Portée
- L’exclusion de toute responsabilité objective a pour pendant l’interdiction de nier l’élément moral que les faits révèlent : le juge est tenu par ses propres constatations.
Ainsi comprise, l’exclusion de la responsabilité objective ne fragilise pas la répression : elle la discipline. Elle assure que la sanction frappe une faute, et non une infortune, tout en interdisant que la faute avérée se dérobe derrière une dénégation formelle. C’est dire que l’élément moral n’est ni une faveur faite au prévenu ni un obstacle opposé à l’accusation, mais la juste mesure de ce que le droit pénal entend réprouver.
B) La frontière avec le fait matériel
Reconnaître l’élément moral comme condition constitutive conduit aussitôt à en tracer les limites. Car s’il se distingue du fait matériel, il ne s’en sépare jamais tout à fait : il porte sur ce fait, en épouse les contours et se prouve, le plus souvent, par lui. La frontière est donc double. Elle est d’abord conceptuelle, en ce que l’élément moral rapporte l’acte matériel à une volonté qui l’assume ; elle est ensuite probatoire, en ce que cet état d’esprit, insaisissable en lui-même, ne se laisse établir qu’à travers les circonstances extérieures qui le manifestent.
1) L’imputation à une volonté
L’élément moral opère une imputation : il rattache le fait matériel à la volonté de son auteur, faisant de l’agent le sujet responsable d’un comportement qui, sans ce rattachement, ne serait qu’un événement du monde. Cette fonction explique que l’élément moral ne se surajoute pas mécaniquement à la matérialité, mais qu’il en commande la signification pénale. Un même geste — publier un montage à partir de l’image d’autrui — n’est pas réprimé en tant que manipulation technique, mais dans l’intention de tromperie qui l’anime ; c’est la volonté de déformer les paroles ou l’image, par ajout ou par retrait, qui fait basculer le fait dans le champ de l’infraction.
- Faits
- Une personne était poursuivie, sur le fondement de l’article 226-8 du Code pénal, pour la publication d’un montage réalisé à partir des paroles ou de l’image d’un tiers, sans mention apparente de son caractère composite.
- Problème
- Le montage était-il réprimé comme tel, ou seulement en tant qu’il procédait d’une intention de tromper le public sur sa nature ?
- Solution
- Le délit suppose une déformation délibérée des paroles ou de l’image ; il n’est pas constitué lorsqu’il apparaît à l’évidence qu’il s’agit d’un montage ou qu’il en est fait expressément mention.
- Portée
- La matérialité de l’acte ne suffit pas : c’est la volonté de tromperie qui l’impute pénalement à son auteur et fonde la répression.
Cette dépendance de la qualification à l’égard de la volonté explique aussi certaines économies de raisonnement. Lorsqu’un texte exige déjà l’intention de commettre l’infraction, il est superflu d’y ajouter une exigence distincte de vouloir tel ou tel de ses effets : la volonté de tuer, en matière de meurtre, n’a pas à être établie séparément dès lors qu’elle est déjà comprise dans l’intention de commettre le crime, laquelle implique la volonté d’en réaliser les composantes matérielles — les actes accomplis et le résultat qui en découle. L’imputation à une volonté ne se dédouble donc pas artificiellement ; elle saisit l’acte et ses suites comme un tout voulu. Reste que la volonté ainsi requise n’est pas toujours de même intensité : certaines incriminations la haussent au niveau d’un but poursuivi, d’autres se contentent de la conscience d’enfreindre une règle. Ces nuances relèvent des degrés de l’élément moral, que la deuxième partie explorera ; il suffit, à ce stade, d’avoir établi que la matérialité n’accède au rang d’infraction que rapportée à une volonté qui l’assume.
2) La preuve de l’état d’esprit
La difficulté propre à l’élément moral tient à ce qu’il porte sur un for intérieur inaccessible à l’observation directe. On ne prouve pas une intention comme on prouve un geste ; on l’induit des circonstances qui l’entourent et la trahissent. La preuve de l’état d’esprit procède ainsi par présomptions de fait, le juge remontant du comportement extérieur, des déclarations, de la situation de l’agent, à la disposition psychologique qui les explique le mieux. Cette méthode n’affaiblit pas l’exigence : elle en constitue le mode normal d’établissement, dès lors que les indices retenus sont suffisamment convergents pour emporter la conviction.
La matière du blanchiment en offre une illustration nette. La chambre criminelle admet que l’élément moral de l’infraction — la connaissance de l’origine illicite des fonds — se rapporte par présomptions, tirées des circonstances de l’opération. Le seul manquement d’une banque à ses obligations de vigilance ne suffit certes pas à caractériser un concours apporté au blanchiment ; mais la mise à disposition d’un compte et l’exécution d’ordres de virement, éclairées par ce que l’établissement ne pouvait ignorer de la provenance des sommes, permettent d’établir le dol de sa participation. La preuve de l’état d’esprit se construit alors non par aveu, mais par la lecture raisonnée d’un faisceau d’éléments matériels.
- Faits
- Une banque avait mis un compte à disposition et exécuté des ordres de virement portant sur des sommes issues d’infractions commises par son client.
- Problème
- Comment établir l’élément moral du blanchiment reproché à l’établissement, dès lors qu’il ne se déduit pas du seul manquement aux obligations de vigilance ?
- Solution
- Si le manquement aux obligations de vigilance ne constitue pas, à lui seul, un concours au blanchiment, la connaissance par la banque de l’origine illicite des fonds caractérise le dol de sa participation, cette connaissance pouvant se démontrer par présomptions tirées des opérations réalisées.
- Portée
- L’état d’esprit, insaisissable directement, s’établit par un raisonnement inductif appuyé sur les circonstances objectives de l’acte.
On saisit, au terme de ce parcours, la cohérence de la notion. L’élément moral est une exigence constitutive parce que le droit pénal ne punit que la faute ; il se distingue du fait matériel parce qu’il rapporte l’acte à une volonté ; il se prouve par ce fait même, dont les circonstances révèlent l’état d’esprit de l’auteur. Cette unité conceptuelle n’exclut pas la diversité des formes : selon les infractions, la volonté requise se fait intention pleine, imprudence ou simple inobservation. C’est cette gradation qu’il faut à présent examiner.
II) Les degrés de l’élément moral
Établir que toute infraction suppose un élément moral ne dit encore rien de la teneur exacte de cet état d’esprit. Or celui-ci n’est pas uniforme : il se module selon la gravité de l’incrimination et la politique répressive que le législateur entend mener. Là où le crime réclame la volonté la plus tendue, la contravention se contente parfois de la seule matérialité des faits ; entre ces deux extrêmes, tout un dégradé de fautes non intentionnelles vient combler l’espace. L’élément moral se laisse ainsi ordonner en degrés, du plus exigeant au plus ténu, et c’est cette gradation qu’il faut à présent parcourir. Elle commande, en pratique, la charge de la preuve, les causes d’exonération admissibles et l’échelle des peines encourues.
| Type de faute | Fondement | Contenu | Domaine |
|---|---|---|---|
| Intention (dol général) | Art. 121-3, al. 1 | Conscience + volonté de commettre l’infraction | Tous crimes, délits par principe |
| Intention spéciale (dol spécial) | Textes spéciaux | Intention + mobile particulier exigé par la loi | Certains délits (abus de biens sociaux…) |
| Préméditation | Art. 132-72 | Dessein formé avant l’action | Circonstance aggravante (assassinat…) |
| Mise en danger délibérée | Art. 121-3, al. 2 | Violation volontaire créant un risque | Si la loi le prévoit (art. 223-1…) |
| Faute ordinaire | Art. 121-3, al. 3 | Imprudence, négligence, manquement | Délits non intentionnels (causalité directe) |
| Faute délibérée | Art. 121-3, al. 4 | Violation manifestement délibérée d’obligation particulière | Causalité indirecte (personnes physiques) |
| Faute caractérisée | Art. 121-3, al. 4 | Faute exposant à un risque grave non ignoré | Causalité indirecte (personnes physiques) |
| Faute contraventionnelle | Art. 121-3, al. 5 | Inobservation matérielle de la règle | Contraventions sans élément moral spécifique |
A) L’intention criminelle
Le degré le plus élevé de l’élément moral est l’intention, que l’article 121-3, alinéa 1er, du Code pénal érige en principe pour les crimes et les délits : il n’y a point de crime ou de délit sans intention de le commettre. La formule pose une exigence générale, mais elle n’en épuise pas la structure. L’intention se dédouble en réalité : un socle commun à toute infraction intentionnelle, le dol général, et, pour certaines incriminations, une exigence supplémentaire tenant au but poursuivi, le dol spécial. Distinguer ces deux strates n’est pas un raffinement d’école ; c’est ce qui permet de savoir, dans chaque cas, ce que l’accusation doit démontrer.
1) Le dol général
Le dol général désigne la conscience et la volonté de commettre l’acte matériel tout en sachant qu’il est prohibé. Deux composantes s’y conjuguent : une composante intellectuelle, la connaissance que le comportement adopté est illicite, et une composante volitive, la décision d’agir malgré cette connaissance. C’est cette combinaison minimale qui distingue l’auteur qui veut son acte de celui qui le subit ou l’ignore. De multiples incriminations en portent témoignage : s’agissant par exemple de l’usage d’un faux nom, il suffit que l’agent sache le nom mensonger et veuille néanmoins s’en servir, ces deux éléments réunis épuisant l’exigence psychologique, sans qu’aucun dessein particulier n’ait à s’y ajouter. De même, l’infraction d’omission épouse cette logique : lorsque le texte réprime une abstention, l’élément moral consiste dans le caractère volontaire de cette abstention, dans le refus conscient de faire ce que la loi commandait.
Ce socle intentionnel se suffit à lui-même pour la grande masse des délits : le vol, l’abus de confiance ou la révélation d’un secret professionnel sont constitués dès lors que leur auteur a voulu l’acte prohibé en pleine connaissance de sa portée, sans qu’il faille sonder plus avant les fins qu’il poursuivait. Le mobile — cupidité, vengeance, détresse — demeure en principe indifférent à la qualification, quitte à peser lors de l’individualisation de la peine.
2) Le dol spécial
Certaines incriminations exigent davantage. Au-delà de la conscience de l’illicéité, elles réclament que l’agent ait poursuivi un but déterminé, spécialement visé par le texte : c’est le dol spécial. La volonté ne suffit plus, encore faut-il qu’elle soit tendue vers un résultat précis. Le meurtre en offre l’illustration canonique, où la loi requiert l’intention de donner la mort, l’animus necandi, qui distingue l’homicide volontaire des violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner. On observera d’ailleurs que cette volonté de tuer se confond ici avec l’intention même du crime : il serait redondant d’exiger un élément moral supplémentaire au titre de la volonté homicide, dès lors que cette volonté est déjà logée au cœur de la qualification criminelle.
Le dol spécial commande alors une lecture téléologique de l’incrimination : au-delà du sens littéral du texte, c’est le but recherché par l’auteur qui devient déterminant pour caractériser l’élément moral. Il peut prendre des formes variées selon la valeur que le législateur entend protéger. Tantôt il s’agit d’une intention de nuire ou de tromper, tantôt d’une visée plus abstraite : la répression de certaines infractions est ainsi subordonnée, au plan de l’élément moral, à la volonté de nier la dignité humaine de la victime. La preuve d’un tel dol se déduit ordinairement d’un faisceau de circonstances objectives ; l’intention de dénoncer un innocent, par exemple, se déduit de la connaissance de sa situation, des preuves de son innocence et de l’absence de dénonciation lorsque celle-ci s’imposait. L’état d’esprit spécifique n’est jamais directement observable ; il se reconstruit à partir des actes.
B) La faute pénale
L’intention n’est cependant pas le seul état d’esprit susceptible d’engager la responsabilité pénale. Par dérogation au principe posé à l’alinéa 1er, la loi réprime aussi, lorsqu’elle le prévoit, des comportements simplement fautifs, dépourvus de toute volonté de nuire. La faute pénale occupe ainsi un degré intermédiaire de l’élément moral : l’agent n’a pas voulu le résultat dommageable, mais il a manqué à un devoir de prudence ou de sécurité que sa situation lui imposait. Cette catégorie, longtemps unitaire, a été finement graduée afin de proportionner la répression à l’intensité du manquement, distinguant la simple imprudence de la faute qui frôle l’intention.
1) La faute d’imprudence
La faute d’imprudence constitue le degré le plus faible de la faute pénale. Elle est définie par la loi comme le défaut de diligences normales, apprécié in concreto.
La particularité de ce degré tient à ce que l’intensité requise de la faute varie selon la place de l’auteur dans la chaîne causale du dommage. Lorsqu’il a causé directement le dommage, une faute simple d’imprudence ou de négligence suffit à engager sa responsabilité. Mais lorsqu’il n’en est que l’auteur indirect — parce qu’il a créé ou contribué à créer la situation ayant permis le dommage, ou n’a pas pris les mesures qui l’auraient évité — la loi exige une faute plus lourde : une faute caractérisée exposant autrui à un risque d’une particulière gravité que l’auteur ne pouvait ignorer. Cette gradation, qui module l’élément moral selon la proximité causale, gouverne notamment la responsabilité des décideurs et des employeurs en matière d’accidents.
Faute ordinaire suffisante — Faute qualifiée exigée
- Faits
- À la suite d’un accident du travail, le juge d’instruction avait prononcé un non-lieu du chef des infractions à la législation sur la sécurité des travailleurs visées au réquisitoire introductif, tout en renvoyant le mis en examen du chef d’homicide involontaire.
- Problème
- Le classement au titre des infractions spécifiques à la sécurité du travail interdit-il de retenir le même comportement comme faute caractérisée fondant l’homicide involontaire ?
- Solution
- « La circonstance que le juge d’instruction dise n’y avoir lieu de suivre du chef des infractions à la législation relative à la sécurité des travailleurs mentionnées au réquisitoire introductif ne fait pas obstacle à ce qu’il retienne le comportement visé par lesdites infractions comme constitutif d’une faute caractérisée, fondement du délit d’homicide involontaire. »
- Portée
- Le même fait matériel peut nourrir la faute caractérisée de l’article 121-3, alinéa 4, indépendamment du sort réservé aux qualifications réglementaires : c’est bien l’élément moral du délit non intentionnel, et non l’infraction technique, qui est ici en jeu.
2) La faute délibérée
Au sommet de la faute pénale se situe la faute délibérée, qui n’est plus très éloignée de l’intention : l’agent n’a certes pas voulu le dommage, mais il a sciemment violé une règle de sécurité en acceptant le risque qu’elle prohibait. Cette faute qualifiée joue un double rôle. Elle constitue, d’une part, l’élément moral autonome du délit de mise en danger d’autrui ; elle aggrave, d’autre part, la responsabilité de l’auteur indirect d’un homicide ou de blessures involontaires. L’une comme l’autre de ces hypothèses suppose que soit méconnue, de façon « manifestement délibérée », une prescription déterminée tenant à la prudence ou à la sécurité.
L’élément moral de ce délit ne se présume pas : il suppose d’abord l’existence d’une obligation précise, puis la démonstration que sa violation fut consciente et voulue dans son principe. La jurisprudence a fixé avec rigueur ces deux versants. Sur le premier, l’obligation invoquée doit présenter un caractère objectif et déterminé, faute de quoi la violation ne saurait être qualifiée de délibérée.
- Faits
- Des poursuites pour mise en danger de la vie d’autrui reposaient sur le manquement à une obligation dont la teneur laissait place à l’appréciation de son destinataire.
- Problème
- Toute obligation de prudence peut-elle servir de support à l’infraction de l’article 223-1, ou faut-il qu’elle soit d’une précision particulière ?
- Solution
- « L’existence d’une loi ou d’un règlement prévoyant une obligation particulière de prudence ou de sécurité est une condition préalable de l’infraction […]. Cette obligation, qui s’apprécie de manière objective et abstraite, doit ainsi être immédiatement perceptible et clairement applicable, sans possibilité d’appréciation personnelle. »
- Portée
- Seule une obligation dépourvue de marge d’interprétation peut fonder le caractère manifestement délibéré de la violation : l’exigence sur l’élément matériel préalable conditionne la caractérisation de l’élément moral.
Sur le second versant, le juge doit établir concrètement que le prévenu a violé la règle en connaissance de cause. Cette exigence probatoire est sanctionnée avec fermeté : ne justifie pas légalement sa décision la cour d’appel qui, pour déclarer un chasseur coupable de mise en danger délibérée, se borne à relever qu’il a tiré à cent quarante-trois mètres d’une habitation alors qu’un arrêté préfectoral interdisait un tel tir à moins de cent cinquante mètres, sans caractériser autrement le caractère délibéré du manquement (Cass. crim., 16 oct. 2007, n° 07-81.855CassationBulletinNe justifie pas sa décision, la cour d'appel, qui, pour déclarer un chasseur coupable de mise en danger délibérée d'autrui, retient qu'il a tiré étant posté à 143 mètres d'une maison d'habitation, alors qu'un arrêté préfectoral interdisait un tel tir à moins de 150 mètresSommaire publié par la Cour, base Judilibre — texte non retouchécourdecassation.fr ↗dans la jurisprudence citée ↓). La constatation d’un simple dépassement du seuil réglementaire ne vaut pas démonstration de l’élément moral.
- Faits
- Le passager d’un véhicule, conducteur de fait, avait soudainement tiré le frein à main alors que la voiture circulait sur une voie rapide urbaine.
- Problème
- Un tel geste, contraire aux règles du Code de la route sur l’arrêt et le stationnement, caractérise-t-il l’élément moral de la mise en danger ?
- Solution
- Expose directement autrui à un risque immédiat de mort ou de blessures graves « par la violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de sécurité ou de prudence imposée par les dispositions du Code de la route » celui qui commet un tel acte.
- Portée
- L’arrêt fixe le standard de l’élément moral du délit : la conscience du risque prohibé, révélée par le caractère volontaire de la transgression d’une règle précise.
La même faute délibérée, transposée au champ des atteintes involontaires à la personne, aggrave la responsabilité de l’auteur indirect. Ainsi sont coupables d’homicide involontaire les prévenus ayant commis des violations manifestement délibérées d’obligations de prudence ou de sécurité imposées par la réglementation applicable (Cass. crim., 8 sept. 2020, n° 18-82.150RejetBulletinCommuniquéSont coupables d'homicide involontaire les prévenus qui ont commis des violations manifestement délibérées d'obligations de prudence ou de sécurité imposées par la loi ou le règlement, en l'espèce l'arrêté du 12 mai 1997, l'OPS 1.945 et son appendice 1 que le manuel d'exploitation (MANEX) se borne à reprendre en les adaptant à l'entrepriseSommaire publié par la Cour, base Judilibre — texte non retouchécourdecassation.fr ↗dans la jurisprudence citée ↓) : l’élément moral y demeure identique dans sa structure, seule change l’infraction de résultat qu’il vient qualifier.
| Texte | Infraction | Application |
|---|---|---|
| Art. 223-1 | Risques causés à autrui | Délit autonome de mise en danger (1 an d’emprisonnement) |
| Art. 221-6, al. 2 | Homicide involontaire aggravé | Circonstance aggravante (5 ans au lieu de 3) |
| Art. 222-19, al. 2 | Blessures involontaires aggravées | Circonstance aggravante |
| Art. 322-5, al. 2 | Destruction involontaire aggravée | Par explosion ou incendie |
C) La présomption contraventionnelle
Au degré le plus faible de l’échelle se trouvent les contraventions, pour lesquelles l’exigence intentionnelle s’efface presque entièrement. Le principe posé à l’alinéa 1er de l’article 121-3 ne vise que les crimes et les délits ; il ne s’étend pas aux contraventions, dont l’élément moral se réduit à la conscience de l’acte matériel. La transgression suffit ordinairement à emporter la culpabilité, sous la seule réserve d’une cause d’exonération étroitement définie.
1) L’infraction purement matérielle
L’infraction contraventionnelle est dite purement matérielle en ce que sa constitution ne réclame ni intention ni faute d’imprudence caractérisée : la seule matérialité du comportement prohibé la réalise. L’élément moral n’y disparaît pas totalement — il subsiste sous la forme minimale de la volonté d’accomplir l’acte —, mais il n’a pas à être spécialement prouvé par la poursuite ; il se déduit de la commission même de l’acte. Le défaut de déclaration de naissance en offre un exemple net : le texte qui le réprime ne précise aucun élément moral particulier, et cet élément est admis de façon classique dès lors qu’il s’agit d’une contravention. Le contrevenant ne peut donc s’exonérer en plaidant qu’il n’a pas voulu enfreindre la règle ou qu’il a manqué de vigilance : ces considérations, opérantes en matière délictuelle, sont ici sans portée.
2) La force majeure exonératoire
Cette rigueur connaît une limite unique, expressément aménagée par la loi : la force majeure. Parce que la matérialité suffit d’ordinaire, la seule échappatoire consiste à démontrer que l’acte a été rendu inévitable par un événement irrésistible, imprévisible et extérieur à l’agent.
La force majeure n’est pas ici une cause d’irresponsabilité qui viendrait effacer un élément moral existant : elle opère plus radicalement, en privant l’acte du minimum de volonté qui subsistait. Lorsqu’un événement irrésistible commande le comportement, celui-ci cesse d’être imputable à une volonté, si résiduelle soit-elle, et l’infraction contraventionnelle ne peut plus se former. Ce dispositif révèle la cohérence de l’ensemble du système : à chaque degré de l’élément moral correspond une cause d’effacement proportionnée, depuis l’absence d’intention qui ruine le crime jusqu’à la force majeure qui, seule, désarme la contravention. Cette gradation de l’exonération, qui suit pas à pas celle de l’exigence morale, prépare l’examen des altérations que la non-imputabilité et l’erreur font subir à l’élément moral, quel que soit son degré.
III) Les altérations de l’élément moral
Les développements qui précèdent ont décrit l’élément moral dans sa plénitude : intention, faute d’imprudence, présomption contraventionnelle, autant de formes sous lesquelles la conscience de l’agent se laisse saisir et rattacher au fait matériel. Mais cette conscience n’est pas une donnée invariable. Elle suppose, chez celui à qui l’on impute l’infraction, un discernement et une liberté sans lesquels le reproche perd son objet. Or il arrive que l’un ou l’autre vienne à manquer : parce que l’esprit était troublé au moment de l’action, parce qu’une force extérieure a supprimé toute possibilité de résistance, ou parce que l’agent a agi dans la conviction, honnête et irréductible, d’être dans son droit. Dans ces hypothèses, l’élément matériel demeure — l’acte a bien été commis — mais l’élément moral se dissout, et avec lui la responsabilité. Il faut distinguer deux mécanismes d’altération : l’un efface l’imputabilité, condition préalable de toute faute ; l’autre neutralise la connaissance, en interposant entre l’agent et la loi une erreur qui excuse.
A) L’effacement par la non-imputabilité
L’imputabilité désigne l’aptitude à répondre de ses actes, c’est-à-dire la double faculté de comprendre la portée de ce que l’on fait et de gouverner sa conduite. Elle est le soubassement de l’élément moral bien plus que l’une de ses composantes : là où elle fait défaut, il n’y a plus de sujet capable de vouloir, et le fait accompli, si dommageable soit-il, ne peut être rapporté à une volonté coupable. Deux causes principales viennent l’anéantir, que le Code pénal traite comme des causes de non-responsabilité : le trouble mental, qui atteint le discernement de l’intérieur, et la contrainte, qui prive l’agent de sa liberté d’action par une pression qu’aucune volonté raisonnable n’aurait pu vaincre.
1) Le trouble psychique
Lorsqu’une abolition complète des facultés psychiques frappe l’auteur à l’instant où il passe à l’acte, la composante morale ne peut se former, ce qui prive du même coup l’infraction de toute existence. La règle vaut sans considération de la gravité du fait : que l’agent ait tué, volé ou commis une simple contravention, l’abolition de son discernement emporte les mêmes effets, car ce n’est pas la nature de l’infraction qui est en cause, mais la capacité même de son auteur à en être tenu pour responsable. Lorsque les facultés de comprendre et de vouloir sont abolies, il n’existe aucune volonté à laquelle rattacher l’acte, et l’élément moral fait défaut quelle que soit la qualification retenue.
La lettre du texte impose deux précisions décisives. D’abord, le trouble n’efface la responsabilité que s’il a aboli le discernement ; s’il l’a seulement altéré, l’agent demeure punissable, la circonstance ne jouant plus alors que sur la mesure de la peine. La frontière est graduelle et confie au juge, éclairé par l’expertise, une appréciation délicate : entre l’abolition qui exonère et l’altération qui atténue se loge toute la casuistique des états psychiques. Certaines pathologies illustrent cette variabilité, l’hystérie pouvant selon les cas supprimer l’élément moral, atténuer la responsabilité ou la laisser entière, preuve que l’on ne raisonne pas par catégorie nosologique mais par l’effet concret du trouble sur la volonté au moment précis des faits.
Ensuite, le trouble mental n’opère qu’à l’égard de celui qui en est atteint. Parce qu’il constitue une cause de non-imputabilité strictement personnelle, ce trouble n’écarte l’élément moral qu’à l’égard du seul aliéné : ceux qui, en pleine possession de leurs facultés, ont participé comme coauteurs ou complices demeurent justiciables des règles ordinaires. L’exonération est ici strictement subjective ; elle tient à l’état de l’agent, non à une quelconque licéité objective du comportement, qui demeure interdit. C’est bien l’imputation qui échoue, non l’illicéité qui disparaît.
2) La contrainte irrésistible
La contrainte occupe, parmi les causes de non-imputabilité, une place singulière, car elle laisse subsister la conscience là où le trouble mental la supprime. L’agent contraint sait parfaitement qu’il commet une infraction ; l’élément moral existe en ce sens qu’il perçoit la nature de son acte. Ce qui lui manque, ce n’est pas le discernement, mais la liberté : il se trouve dans l’impossibilité de résister à la pression qui s’exerce sur lui. En admettant qu’il subsiste bel et bien une infraction dont l’intéressé se contente de ne pas répondre, le Code pénal de 1992 a entériné cette interprétation ; il s’écarte ainsi de la conception antérieure, portée à tenir la faute pour purement et simplement anéantie.
Cette qualification n’est pas une subtilité théorique. La logique impose de tenir la contrainte pour une cause d’irresponsabilité plutôt que pour une cause faisant défaillir l’élément moral : c’est à l’instant où l’infraction se réalise que doit s’apprécier la réunion de ses composantes, et il serait erroné de soutenir que l’élément moral fut de tout temps absent alors que l’agent avait une parfaite conscience de ce qu’il accomplissait. La contrainte n’efface pas rétroactivement la faute ; elle empêche seulement d’en tenir l’auteur pour responsable. La distinction porte des conséquences concrètes, car elle autorise le juge à déclarer l’agent responsable lorsque son attitude ne paraît pas digne d’indulgence, une faute antérieure pouvant alors servir d’indice : celui qui s’est lui-même placé dans la situation d’où la contrainte est née ne saurait s’en prévaloir.
Le texte exige que la force ou la contrainte ait été telle que l’agent n’ait pu y résister ; l’irrésistibilité est la condition sans laquelle la contrainte ne constitue pas une cause subjective d’irresponsabilité. Cette contrainte peut revêtir une forme corporelle, mais elle se présente le plus souvent comme une pression d’ordre moral et d’origine extérieure, prenant l’aspect de menaces visant l’agent lui-même ou son entourage afin de le déterminer à commettre l’infraction. Les juges ont ainsi statué en faveur d’une mère qui se refusait à amener son enfant à l’établissement pénitentiaire où était incarcéré le père bénéficiaire du droit de visite : poursuivie du chef de non-représentation d’enfant, elle fut relaxée en considération de la contrainte née chez elle de l’appréhension d’un péril psychique menaçant l’enfant. L’exemple montre que l’irrésistibilité s’apprécie in concreto, au regard de la situation particulière de l’agent, et non selon un étalon abstrait de fermeté.
B) La neutralisation par l’erreur
Là où la non-imputabilité atteint la personne dans sa capacité à répondre, l’erreur atteint la relation de l’agent au droit. Celui qui se trompe conserve son discernement et sa liberté ; simplement, il agit dans la représentation fausse d’une situation qui, si elle était exacte, rendrait son comportement licite. Le droit pénal admet, mais avec une exigence sévère, qu’une telle erreur neutralise l’élément moral. Encore faut-il qu’elle porte sur la légalité même de l’acte et qu’elle ait été inévitable ; à défaut, la reconnaissance de l’ignorance de la loi ruinerait l’ordre juridique tout entier. La bonne foi de l’agent prolonge cette logique, sans toutefois se confondre avec l’excuse absolutoire de l’article 122-3.
1) L’erreur de droit invincible
L’erreur de droit rompt avec le principe selon lequel nul n’est censé ignorer la loi. Le Code pénal ne l’admet qu’enfermée dans des conditions strictes, dont la clef est le caractère insurmontable de l’erreur : l’agent doit avoir cru pouvoir légitimement agir, et n’avoir pas été en mesure d’éviter cette croyance.
L’exigence d’inévitabilité explique la rareté des applications. La qualité de l’agent pèse lourdement dans l’appréciation : la jurisprudence met l’accent sur celle de professionnels avertis, écartant l’erreur sur le droit de prévenus dont l’expérience dans la passation de marchés publics et les activités de commerce international interdisait de plaider l’ignorance. Pareillement, celui qui se prévaut de sa position d’agent placé en détachement auprès des services administratifs ne subit aucune méprise juridique véritablement invincible, de sorte que la dimension morale d’une prise illégale d’intérêts demeure pleinement caractérisée. La démarche de l’agent est scrutée avec la même rigueur : le recours à un expert-comptable ayant interrogé l’administration fiscale sur un problème de taxe sur la valeur ajoutée, sans que cette administration ne formule aucune remarque, ne suffit pas à caractériser une erreur inévitable sur la légalité de l’activité, car le silence de l’administration n’équivaut pas à l’assurance dont l’agent aurait pu se prévaloir.
À l’inverse, l’erreur devient plausible lorsque l’agent s’est fié à une source d’autorité qui l’a effectivement égaré. Ainsi un élu se prévaudrait-il avec profit de l’erreur si on lui imputait une prise illégale d’intérêts après qu’il se fut conformé avec soin aux avis délivrés par la Chancellerie. L’erreur paraît plus inévitable encore lorsque l’information erronée procède directement du pouvoir réglementaire : un règlement, dès lors qu’il n’est pas illégal, peut être invoqué au titre de l’erreur sur le droit. La réserve est de taille, car un règlement illégal ne peut normalement justifier une infraction ; mais elle confirme que l’excuse se mesure à la légitimité de la confiance placée par l’agent dans la norme qui l’a induit en erreur.
2) La bonne foi de l’agent
La bonne foi ne se confond pas avec l’erreur de droit invincible, dont elle constitue le versant plus souple et plus diffus. L’erreur de l’article 122-3 est une cause d’irresponsabilité générale, soumise à des conditions rigoureuses ; la bonne foi, elle, joue au niveau même de la caractérisation de l’élément moral de certaines infractions, en particulier celles qui supposent la conscience d’agir contre le droit. Là où l’infraction exige que l’agent ait su son comportement illicite, la conviction sincère d’agir régulièrement fait obstacle à la réunion de l’élément moral, non par excuse, mais par défaut de la connaissance requise.
L’illustration la plus nette se rencontre dans les infractions d’abstention. S’agissant de la non-représentation d’enfant, celui qui a raisonnablement pu s’estimer en droit de ne pas remettre l’enfant peut se voir reconnaître dépourvu d’élément moral : non qu’une force à laquelle il ne pouvait résister l’ait dominé, à la manière de la contrainte morale, mais parce que sa croyance retire à son refus le caractère de faute voulue que réclame l’incrimination. Le raisonnement se retrouve, en sens inverse, dans les infractions où la connaissance suffit à emporter la culpabilité : la connaissance de la fausseté du nom utilisé, associée à la volonté d’agir, suffit à constituer l’élément moral, et l’élément moral est établi à l’égard de tous ceux qui sont informés de la nature des images fabriquées et diffusées. La bonne foi opère donc comme le négatif de cette connaissance : elle ne neutralise l’élément moral que dans la mesure exacte où l’infraction reposait sur la conscience de mal faire.
Ces mécanismes d’altération, pris ensemble, confirment la place cardinale de l’élément moral dans la construction de l’infraction. Qu’il soit effacé par la non-imputabilité — trouble mental abolissant le discernement, contrainte supprimant la liberté — ou neutralisé par l’erreur invincible et la bonne foi, le résultat est identique : l’acte matériel subsiste, mais l’ordre juridique refuse d’y voir une faute imputable. C’est dire que la répression pénale ne sanctionne jamais le seul fait objectif ; elle suppose, chez son auteur, un esprit capable de comprendre, libre de choisir et informé de la portée de ses actes. Faute de quoi le reproche, privé de son objet, se retire, et l’infraction, dépouillée de son âme, cesse d’exister.
Les textes cités 9 articles
Le texte en vigueur de chaque disposition citée, tel qu’il se lit au 27 octobre 2026. 8 dispositions ont connu des rédactions antérieures : elles sont données, datées, et ce qui les sépare du texte actuel est souligné. Lorsqu’une rédaction a été reprise sous un autre numéro, ou dans un autre code, la destination est nommée.
Article L218-15 du code de l'environnementen vigueur depuis le 18 mars 2021
I. – Est puni d'un an d'emprisonnement et de 200 000 € d'amende le fait, pour tout capitaine d'un navire, de se rendre coupable d'infractions aux dispositions de la règle 11 de l'annexe IV et des règles 3,4 et 5 de l'annexe V de la convention MARPOL.
Est puni de la même peine le fait, pour tout capitaine de navire, de rejeter des eaux usées en violation des règles 4.2.1 et 4.2.2 du chapitre IV de la partie II-A du Recueil international de règles applicables aux navires exploités dans les eaux polaires, ou sans l'autorisation prévue par la règle 4.2.3 du même chapitre, ou de rejeter des ordures en violation des règles 5.2.1 et 5.2.2 du chapitre V de la partie II-A du même Recueil.
II. – Est puni d'un an d'emprisonnement et de 200 000 € d'amende le fait, pour tout capitaine d'un navire, de se rendre coupable d'infractions aux dispositions des règles 12,13,16 et 18 de l'annexe VI de la convention MARPOL, ainsi qu'aux dispositions des I à IV de l'article L. 218-2.
1 rédaction antérieure — ce qui a changé est souligné
Du 27 décembre 2015 au 18 mars 2021
I. – Est puni d'un an d'emprisonnement et de 200 000 € d'amende le fait, pour tout capitaine d'un navire, de se rendre coupable d'infractions aux dispositions de la règle 11 de l'annexe IV et des règles 3,4 et 5 de l'annexe V de la convention MARPOL. Est puni de la même peine le fait, pour tout capitaine de navire, de rejeter des eaux usées en violation des règles 4.2.1 et 4.2.2 du chapitre IV de la partie II-A du Recueil international de règles applicables aux navires exploités dans les eaux polaires, ou sans l'autorisation prévue par la règle 4.2.3 du même chapitre, ou de rejeter des ordures en violation des règles 5.2.1 et 5.2.2 du chapitre V de la partie II-A du même Recueil.
II. – Est puni d'un an d'emprisonnement et de 200 000 € d'amende le fait, pour tout capitaine d'un navire, de se rendre coupable d'infractions aux dispositions des règles 12,13,16 et 18 de l'annexe VI de la convention MARPOL, ainsi qu'aux dispositions des I à IV de l'article L. 218-2.
Avant le 27 décembre 2015, ce numéro portait d’autres textes — sans rapport avec l’article actuel
Du 23 octobre 2010 au 27 décembre 2015
Est puni d'un an d'emprisonnement et de 200 000 € d'amende le fait, pour tout capitaine d'un navire, de se rendre coupable d'infractions aux dispositions de la règle 8 de l'annexe IV, des règles 3, 4 et 5 de l'annexe V et des règles 12, 13, 14, 16 et 18 de l'annexe VI de la convention MARPOL.
Le miroir ne dit pas où ce texte est repris.
Du 3 août 2008 au 23 octobre 2010
Est puni d'un an d'emprisonnement et de 200 000 euros d'amende le fait, pour tout capitaine ou responsable à bord d'un navire, de se rendre coupable d'infractions aux dispositions des règles 3, 4 et 5 de l'annexe V, relatives aux interdictions de rejets d'ordures, de la convention Marpol.
Le miroir ne dit pas où ce texte est repris.
Du 10 mars 2004 au 3 août 2008
Est puni des peines prévues à l'article L. 218-11 le fait, pour tout capitaine d'un navire français soumis aux dispositions de l'annexe II de la convention mentionnée à l'article L. 218-10, transportant en vrac des substances liquides nocives, telles que définies au 1 de la règle 3 de ladite annexe, de se rendre coupable d'infractions aux dispositions des 3, 4, 6 et 11 de la règle 5 de ladite annexe relatives aux interdictions des rejets, définis au 3 de l'article 2 de la convention, de substances liquides nocives.
Le miroir ne dit pas où ce texte est repris.
Du 21 septembre 2000 au 10 mars 2004
Est puni des peines prévues à l'article L. 218-11 le fait, pour tout capitaine d'un navire français soumis aux dispositions de l'annexe II de la convention mentionnée à l'article L. 218-10, transportant en vrac des substances liquides nocives, telles que définies au 1 de la règle 3 de ladite annexe, de se rendre coupable d'infractions aux dispositions des 3, 4, 6 et 11 de la règle 5 de ladite annexe relatives aux interdictions des rejets, définis au 3 de l'article 2 de la convention, de substances liquides nocives.
Le miroir ne dit pas où ce texte est repris.
Article 121-3 du code pénalen vigueur depuis le 11 juillet 2000
Il n'y a point de crime ou de délit sans intention de le commettre.
Toutefois, lorsque la loi le prévoit, il y a délit en cas de mise en danger délibérée de la personne d'autrui.
Il y a également délit, lorsque la loi le prévoit, en cas de faute d'imprudence, de négligence ou de manquement à une obligation de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement, s'il est établi que l'auteur des faits n'a pas accompli les diligences normales compte tenu, le cas échéant, de la nature de ses missions ou de ses fonctions, de ses compétences ainsi que du pouvoir et des moyens dont il disposait.
Dans le cas prévu par l'alinéa qui précède, les personnes physiques qui n'ont pas causé directement le dommage, mais qui ont créé ou contribué à créer la situation qui a permis la réalisation du dommage ou qui n'ont pas pris les mesures permettant de l'éviter, sont responsables pénalement s'il est établi qu'elles ont, soit violé de façon manifestement délibérée une obligation particulière de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement, soit commis une faute caractérisée et qui exposait autrui à un risque d'une particulière gravité qu'elles ne pouvaient ignorer.
Il n'y a point de contravention en cas de force majeure.
1 rédaction antérieure — ce qui a changé est souligné
Du 14 mai 1996 au 11 juillet 2000
Il n'y a point de crime ou de délit sans intention de le commettre.
Toutefois, lorsque la loi le prévoit, il y a délit en cas de mise en danger délibérée de la personne d'autrui.
Il y a également délit, lorsque la loi le prévoit, en cas de faute d'imprudence, de négligence ou de manquement à une obligation de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou les règlements sauf si le règlement, s'il est établi que l'auteur des faits a n'a pas accompli les diligences normales compte tenu, le cas échéant, de la nature de ses missions ou de ses fonctions, de ses compétences ainsi que du pouvoir et des moyens dont il disposait.
Dans le cas prévu par l'alinéa qui précède, les personnes physiques qui n'ont pas causé directement le dommage, mais qui ont créé ou contribué à créer la situation qui a permis la réalisation du dommage ou qui n'ont pas pris les mesures permettant de l'éviter, sont responsables pénalement s'il est établi qu'elles ont, soit violé de façon manifestement délibérée une obligation particulière de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement, soit commis une faute caractérisée et qui exposait autrui à un risque d'une particulière gravité qu'elles ne pouvaient ignorer. Il n'y a point de contravention en cas de force majeure.
Avant le 14 mai 1996, ce numéro portait un autre texte — sans rapport avec l’article actuel
Du 1er mars 1994 au 14 mai 1996
Il n'y a point de crime ou de délit sans intention de le commettre.
Toutefois, lorsque la loi le prévoit, il y a délit en cas d'imprudence, de négligence ou de mise en danger délibérée de la personne d'autrui.
Il n'y a point de contravention en cas de force majeure.
Le miroir ne dit pas où ce texte est repris.
Article 122-3 du code pénalen vigueur depuis le 1er mars 1994
N'est pas pénalement responsable la personne qui justifie avoir cru, par une erreur sur le droit qu'elle n'était pas en mesure d'éviter, pouvoir légitimement accomplir l'acte.
Article 132-72 du code pénalen vigueur depuis le 10 mars 2004
La préméditation est le dessein formé avant l'action de commettre un crime ou un délit déterminé.
1 rédaction antérieure — ce qui a changé est souligné
Du 1er mars 1994 au 10 mars 2004
La préméditation est le dessein formé avant l'action de commettre un crime ou un délit déterminé.
Article 221-6 du code pénalen vigueur depuis le 19 mai 2011
Le fait de causer, dans les conditions et selon les distinctions prévues à l'article 121-3, par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement, la mort d'autrui constitue un homicide involontaire puni de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende.
En cas de violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement, les peines encourues sont portées à cinq ans d'emprisonnement et à 75 000 euros d'amende.
3 rédactions antérieures — ce qui a changé est souligné
Du 1er janvier 2002 au 19 mai 2011
Le fait de causer, dans les conditions et selon les distinctions prévues à l'article 121-3, par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité prudence ou de prudence sécurité imposée par la loi ou le règlement, la mort d'autrui constitue un homicide involontaire puni de trois ans d'emprisonnement et de 45000 45 000 euros d'amende.
En cas de violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de sécurité prudence ou de prudence sécurité imposée par la loi ou le règlement, les peines encourues sont portées à cinq ans d'emprisonnement et à 75000 75 000 euros d'amende.
Du 11 juillet 2000 au 1er janvier 2002
Le fait de causer, dans les conditions et selon les distinctions prévues à l'article 121-3, par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité prudence ou de prudence sécurité imposée par la loi ou le règlement, la mort d'autrui constitue un homicide involontaire puni de trois ans d'emprisonnement et de 300 45 000 F euros d'amende.
En cas de violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de sécurité prudence ou de prudence sécurité imposée par la loi ou le règlement, les peines encourues sont portées à cinq ans d'emprisonnement et à 500 75 000 F euros d'amende.
Du 1er mars 1994 au 11 juillet 2000
Le fait de causer, dans les conditions et selon les distinctions prévues à l'article 121-3, par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité prudence ou de prudence sécurité imposée par la loi ou les règlements, le règlement, la mort d'autrui constitue un homicide involontaire puni de trois ans d'emprisonnement et de 300 45 000 F euros d'amende.
En cas de manquement délibéré à une violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de prudence ou de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou les règlements, le règlement, les peines encourues sont portées à cinq ans d'emprisonnement et à 500 75 000 F euros d'amende.
Article 222-19 du code pénalen vigueur depuis le 19 mai 2011
Le fait de causer à autrui, dans les conditions et selon les distinctions prévues à l'article 121-3, par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement, une incapacité totale de travail pendant plus de trois mois est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende.
En cas de violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement, les peines encourues sont portées à trois ans d'emprisonnement et à 45 000 euros d'amende.
3 rédactions antérieures — ce qui a changé est souligné
Du 1er janvier 2002 au 19 mai 2011
Le fait de causer à autrui, dans les conditions et selon les distinctions prévues à l'article 121-3, par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité prudence ou de prudence sécurité imposée par la loi ou le règlement, une incapacité totale de travail pendant plus de trois mois est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30000 30 000 euros d'amende.
En cas de violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de sécurité prudence ou de prudence sécurité imposée par la loi ou le règlement, les peines encourues sont portées à trois ans d'emprisonnement et à 45000 45 000 euros d'amende.
Du 11 juillet 2000 au 1er janvier 2002
Le fait de causer à autrui, dans les conditions et selon les distinctions prévues à l'article 121-3, par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité prudence ou de prudence sécurité imposée par la loi ou le règlement, une incapacité totale de travail pendant plus de trois mois est puni de deux ans d'emprisonnement et de 200 30 000 F euros d'amende.
En cas de violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de sécurité prudence ou de prudence sécurité imposée par la loi ou le règlement, les peines encourues sont portées à trois ans d'emprisonnement et à 300 45 000 F euros d'amende.
Du 1er mars 1994 au 11 juillet 2000
Le fait de causer à autrui, dans les conditions et selon les distinctions prévues à l'article 121-3, par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité prudence ou de prudence sécurité imposée par la loi ou les règlements, le règlement, une incapacité totale de travail pendant plus de trois mois est puni de deux ans d'emprisonnement et de 200 30 000 F euros d'amende.
En cas de manquement délibéré à une violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de prudence ou de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou les règlements, le règlement, les peines encourues sont portées à trois ans d'emprisonnement et à 300 45 000 F euros d'amende.
Article 223-1 du code pénalen vigueur depuis le 19 mai 2011
Le fait d'exposer directement autrui à un risque immédiat de mort ou de blessures de nature à entraîner une mutilation ou une infirmité permanente par la violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende.
2 rédactions antérieures — ce qui a changé est souligné
Du 1er janvier 2002 au 19 mai 2011
Le fait d'exposer directement autrui à un risque immédiat de mort ou de blessures de nature à entraîner une mutilation ou une infirmité permanente par la violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de sécurité prudence ou de prudence sécurité imposée par la loi ou le règlement est puni d'un an d'emprisonnement et de 15000 15 000 euros d'amende.
Du 1er mars 1994 au 1er janvier 2002
Le fait d'exposer directement autrui à un risque immédiat de mort ou de blessures de nature à entraîner une mutilation ou une infirmité permanente par la violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de sécurité prudence ou de prudence sécurité imposée par la loi ou le règlement est puni d'un an d'emprisonnement et de 100 15 000 F euros d'amende.
Article 226-8 du code pénalen vigueur depuis le 23 mai 2024
Est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende le fait de porter à la connaissance du public ou d'un tiers, par quelque voie que ce soit, le montage réalisé avec les paroles ou l'image d'une personne sans son consentement, s'il n'apparaît pas à l'évidence qu'il s'agit d'un montage ou s'il n'en est pas expressément fait mention. Est assimilé à l'infraction mentionnée au présent alinéa et puni des mêmes peines le fait de porter à la connaissance du public ou d'un tiers, par quelque voie que ce soit, un contenu visuel ou sonore généré par un traitement algorithmique et représentant l'image ou les paroles d'une personne, sans son consentement, s'il n'apparaît pas à l'évidence qu'il s'agit d'un contenu généré algorithmiquement ou s'il n'en est pas expressément fait mention.
Ces peines sont portées à deux ans d'emprisonnement et à 45 000 euros d'amende lorsque les délits prévus au présent article ont été réalisés en utilisant un service de communication au public en ligne.
Lorsque les délits prévus au présent article sont commis par la voie de la presse écrite ou audiovisuelle, les dispositions particulières des lois qui régissent ces matières sont applicables en ce qui concerne la détermination des personnes responsables.
2 rédactions antérieures — ce qui a changé est souligné
Du 1er janvier 2002 au 23 mai 2024
Est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende le fait de publier, porter à la connaissance du public ou d'un tiers, par quelque voie que ce soit, le montage réalisé avec les paroles ou l'image d'une personne sans son consentement, s'il n'apparaît pas à l'évidence qu'il s'agit d'un montage ou s'il n'en est pas expressément fait mention. Est assimilé à l'infraction mentionnée au présent alinéa et puni des mêmes peines le fait de porter à la connaissance du public ou d'un tiers, par quelque voie que ce soit, un contenu visuel ou sonore généré par un traitement algorithmique et représentant l'image ou les paroles d'une personne, sans son consentement, s'il n'apparaît pas à l'évidence qu'il s'agit d'un contenu généré algorithmiquement ou s'il n'en est pas expressément fait mention. Ces peines sont portées à deux ans d'emprisonnement et à 45 000 euros d'amende lorsque les délits prévus au présent article ont été réalisés en utilisant un service de communication au public en ligne.
Lorsque le délit prévu par l'alinéa précédent est les délits prévus au présent article sont commis par la voie de la presse écrite ou audiovisuelle, les dispositions particulières des lois qui régissent ces matières sont applicables en ce qui concerne la détermination des personnes responsables.
Du 1er mars 1994 au 1er janvier 2002
Est puni d'un an d'emprisonnement et de 100 15 000 F euros d'amende le fait de publier, porter à la connaissance du public ou d'un tiers, par quelque voie que ce soit, le montage réalisé avec les paroles ou l'image d'une personne sans son consentement, s'il n'apparaît pas à l'évidence qu'il s'agit d'un montage ou s'il n'en est pas expressément fait mention. Est assimilé à l'infraction mentionnée au présent alinéa et puni des mêmes peines le fait de porter à la connaissance du public ou d'un tiers, par quelque voie que ce soit, un contenu visuel ou sonore généré par un traitement algorithmique et représentant l'image ou les paroles d'une personne, sans son consentement, s'il n'apparaît pas à l'évidence qu'il s'agit d'un contenu généré algorithmiquement ou s'il n'en est pas expressément fait mention. Ces peines sont portées à deux ans d'emprisonnement et à 45 000 euros d'amende lorsque les délits prévus au présent article ont été réalisés en utilisant un service de communication au public en ligne.
Lorsque le délit prévu par l'alinéa précédent est les délits prévus au présent article sont commis par la voie de la presse écrite ou audiovisuelle, les dispositions particulières des lois qui régissent ces matières sont applicables en ce qui concerne la détermination des personnes responsables.
Article 322-5 du code pénalen vigueur depuis le 19 mai 2011
La destruction, la dégradation ou la détérioration involontaire d'un bien appartenant à autrui par l'effet d'une explosion ou d'un incendie provoqués par manquement à une obligation de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement est punie d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende.
En cas de violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement, les peines encourues sont portées à deux ans d'emprisonnement et à 30 000 euros d'amende.
Lorsqu'il s'agit de l'incendie de bois, forêts, landes, maquis, plantations ou reboisements d'autrui, les peines sont portées à deux ans d'emprisonnement et à 30 000 euros d'amende dans le cas prévu par le premier alinéa, et à trois ans d'emprisonnement et à 45 000 euros d'amende dans le cas prévu par le deuxième alinéa.
Si cet incendie est intervenu dans des conditions de nature à exposer les personnes à un dommage corporel ou à créer un dommage irréversible à l'environnement, les peines sont portées à trois ans d'emprisonnement et à 45 000 euros d'amende dans le cas prévu par le premier alinéa, et à cinq ans d'emprisonnement et à 100 000 euros d'amende dans le cas prévu par le deuxième alinéa.
Si l'incendie a provoqué pour autrui une incapacité totale de travail pendant au moins huit jours, les peines sont portées à cinq ans d'emprisonnement et à 75 000 euros d'amende dans le cas prévu par le premier alinéa, et à sept ans d'emprisonnement et à 100 000 euros d'amende dans le cas prévu par le deuxième alinéa.
S'il a provoqué la mort d'une ou plusieurs personnes, les peines sont portées à sept ans d'emprisonnement et à 100 000 euros d'amende dans le cas prévu par le premier alinéa, et à dix ans d'emprisonnement et à 150 000 euros d'amende dans le cas prévu par le deuxième alinéa.
2 rédactions antérieures — ce qui a changé est souligné
Du 13 décembre 2005 au 19 mai 2011
La destruction, la dégradation ou la détérioration involontaire d'un bien appartenant à autrui par l'effet d'une explosion ou d'un incendie provoqués par manquement à une obligation de sécurité prudence ou de prudence sécurité imposée par la loi ou le règlement est punie d'un an d'emprisonnement et de 15000 15 000 euros d'amende.
En cas de violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de sécurité prudence ou de prudence sécurité prévue par la loi ou le règlement, les peines encourues sont portées à deux ans d'emprisonnement et à 30000 30 000 euros d'amende.
Lorsqu'il s'agit de l'incendie de bois, forêts, landes, maquis, plantations ou reboisements d'autrui, les peines sont portées à deux ans d'emprisonnement et à 30 000 Euros euros d'amende dans le cas prévu par le premier alinéa, et à trois ans d'emprisonnement et à 45 000 Euros euros d'amende dans le cas prévu par le deuxième alinéa.
Si cet incendie est intervenu dans des conditions de nature à exposer les personnes à un dommage corporel ou à créer un dommage irréversible à l'environnement, les peines sont portées à trois ans d'emprisonnement et à 45 000 Euros euros d'amende dans le cas prévu par le premier alinéa, et à cinq ans d'emprisonnement et à 100 000 Euros euros d'amende dans le cas prévu par le deuxième alinéa.
Si l'incendie a provoqué pour autrui une incapacité totale de travail pendant au moins huit jours, les peines sont portées à cinq ans d'emprisonnement et à 75 000 Euros euros d'amende dans le cas prévu par le premier alinéa, et à sept ans d'emprisonnement et à 100 000 Euros euros d'amende dans le cas prévu par le deuxième alinéa.
S'il a provoqué la mort d'une ou plusieurs personnes, les peines sont portées à sept ans d'emprisonnement et à 100 000 Euros euros d'amende dans le cas prévu par le premier alinéa, et à dix ans d'emprisonnement et à 150 000 Euros euros d'amende dans le cas prévu par le deuxième alinéa.
Du 10 mars 2004 au 13 décembre 2005
La destruction, la dégradation ou la détérioration involontaire d'un bien appartenant à autrui par l'effet d'une explosion ou d'un incendie provoqués par manquement à une obligation de sécurité prudence ou de prudence sécurité imposée par la loi ou le règlement est punie d'un an d'emprisonnement et de 15000 15 000 euros d'amende.
En cas de violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de sécurité prudence ou de prudence sécurité prévue par la loi ou le règlement, les peines encourues sont portées à deux ans d'emprisonnement et à 30000 30 000 euros d'amende.
Lorsqu'il s'agit de l'incendie de bois, forêts, landes, maquis, plantations ou reboisements d'autrui, les peines sont portées à deux ans d'emprisonnement et à 30 000 Euros euros d'amende dans le cas prévu par le premier alinéa, et à trois ans d'emprisonnement et à 45 000 Euros euros d'amende dans le cas prévu par le deuxième alinéa.
Si cet incendie est intervenu dans des conditions de nature à exposer les personnes à un dommage corporel ou à créer un dommage irréversible à l'environnement, les peines sont portées à trois ans d'emprisonnement et à 45 000 Euros euros d'amende dans le cas prévu par le premier alinéa, et à cinq ans d'emprisonnement et à 100 000 Euros euros d'amende dans le cas prévu par le deuxième alinéa.
Si l'incendie a provoqué pour autrui une incapacité totale de travail pendant au moins huit jours au plus, jours, les peines sont portées à cinq ans d'emprisonnement et à 75 000 Euros euros d'amende dans le cas prévu par le premier alinéa, et à sept ans d'emprisonnement et à 100 000 Euros euros d'amende dans le cas prévu par le deuxième alinéa.
S'il a provoqué la mort d'une ou plusieurs personnes, les peines sont portées à sept ans d'emprisonnement et à 100 000 Euros euros d'amende dans le cas prévu par le premier alinéa, et à dix ans d'emprisonnement et à 150 000 Euros euros d'amende dans le cas prévu par le deuxième alinéa.
Avant le 10 mars 2004, ce numéro portait d’autres textes — sans rapport avec l’article actuel
Du 1er janvier 2002 au 10 mars 2004
La destruction, la dégradation ou la détérioration involontaire d'un bien appartenant à autrui par l'effet d'une explosion ou d'un incendie provoqués par manquement à une obligation de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le règlement est punie d'un an d'emprisonnement et de 15000 euros d'amende.
En cas de violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de sécurité ou de prudence prévue par la loi ou le règlement, les peines encourues sont portées à deux ans d'emprisonnement et à 30000 euros d'amende.
Le miroir ne dit pas où ce texte est repris.
Du 11 juillet 2000 au 1er janvier 2002
La destruction, la dégradation ou la détérioration involontaire d'un bien appartenant à autrui par l'effet d'une explosion ou d'un incendie provoqués par manquement à une obligation de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le règlement est punie d'un an d'emprisonnement et de 100 000 F d'amende.
En cas de violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de sécurité ou de prudence prévue par la loi ou le règlement, les peines encourues sont portées à deux ans d'emprisonnement et à 200 000 F d'amende.
Le miroir ne dit pas où ce texte est repris.
Du 1er mars 1994 au 11 juillet 2000
La destruction, la dégradation ou la détérioration involontaire d'un bien appartenant à autrui par l'effet d'une explosion ou d'un incendie provoqués par manquement à une obligation de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou les règlements est punie d'un an d'emprisonnement et de 100 000 F d'amende.
En cas de manquement délibéré à une obligation de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou les règlements, les peines encourues sont portées à deux ans d'emprisonnement et à 200 000 F d'amende.
Le miroir ne dit pas où ce texte est repris.
Ce qui a bougé en droit privé, une fois par mois.
Jurisprudence citée 9 décisions
2005RejetCass. crim., 22 juin 2005, n° 04-85.340Bulletincité 1×
2006CassationCass. crim., 31 mai 2006, n° 05-81.768Bulletincité 1×
2007CassationCass. crim., 16 oct. 2007, n° 07-81.855Bulletincité 1×
2015RejetCass. crim., 12 mai 2015, n° 13-80.345Bulletincité 1×
2016RejetCass. crim., 30 mars 2016, n° 15-82.039Bulletincité 1×
2020RejetCass. crim., 8 sept. 2020, n° 18-82.150BulletinCommuniquécité 1×
2022RejetCass. crim., 6 déc. 2022, n° 21-85.948BulletinLettre de chambrecité 1×
2024RejetCass. crim., 5 mars 2024, n° 22-86.972BulletinLettre de chambrecité 1×
2024CassationCass. crim., 19 juin 2024, n° 22-81.808Bulletincité 1×
Pour aller plus loin
Les ouvrages de référence sur les questions que traite cette étude.
Pour aborder la matière
- Droit pénal. Procédure pénale 2027. 18e éd.Thierry Garé · Dalloz
- L'essentiel du droit pénal généralLaurence Leturmy · Gualino
- Les Fondamentaux - Droit pénal général 2026Patrick Canin · Hachette Éducation
Les ouvrages de référence
- Droit pénal spécialPhilippe Conte · LexisNexis
- Droit pénal spécial - Infractions du Code pénal 9ed (Précis)Michèle-Laure Rassat · Dalloz
- Droit pénal général. 24e éd.Jean Larguier · Dalloz
- Droit et pratique de l'instruction préparatoire 2025/2026. 12e éd.Christian Guéry · Dalloz
- Procédure pénaleSerge Guinchard · LexisNexis
- Droit pénal des affaires. 14e éd.Michel Véron · Dalloz
Le code
Le vocabulaire juridique
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