Par la rédaction de:
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Organisation, révisions, entraînements, régularité, prise de notes… Découvrez 5 conseils pour réussir votre Licence de Droit !
La Licence de Droit constitue, pour nombre d’étudiants, une rupture méthodologique avec l’enseignement secondaire. Il ne s’agit plus seulement d’accumuler des connaissances, mais d’apprendre à les ordonner, à les justifier et à les mobiliser dans un raisonnement structuré. Les cinq conseils qui suivent ne relèvent ni de l’intuition ni de la chance : ce sont des habitudes de travail éprouvées, qui, mises bout à bout, font la différence entre l’étudiant qui subit ses études et celui qui les maîtrise.
I) 1/ Maîtriser la prise de notes pour apprendre l’essentiel
À l’université, il est indispensable de maîtriser la prise de notes dès le début de vos cours. C’est ce qui vous permettra d’apprendre l’essentiel, sans perdre de temps avec des informations superflues.
Malheureusement, la peur de perdre des éléments cruciaux conduit une majorité d’étudiants à littéralement retranscrire chaque mot prononcé par l’enseignant. Alors comment maîtriser cet exercice de prise de notes, trop peu enseigné en faculté ?
A) Pourquoi ne faut-il pas tout écrire ?
En cours magistral, il ne faut surtout pas tout écrire, pour la simple et bonne raison que tout n’est pas important. Lorsque votre enseignant parle de la météo ou raconte une anecdote, il est inutile de la retranscrire.
De même, lorsqu’il prend le soin de vous expliquer un arrêt, retenez surtout la question de droit ainsi que la portée. Les faits peuvent être utiles pour la mémorisation et/ou vos fiches d’arrêt, mais il n’est pas nécessaire d’avoir 30 lignes par arrêt.
Aussi, sur une liste d’exemples, il n’est pas indispensable de tous les noter : retenez-en deux ou trois, c’est amplement suffisant.
Prenez conscience que chaque note sera relue lors de votre phase d’apprentissage, épargnez-vous une perte de temps !
Tout écrire, c’est prendre le risque de perdre l’essentiel de l’information.
En revanche, il y a des éléments qui sont importants à noter, tels que le plan, les définitions, les idées principales pour chaque thématique ainsi que les sources (jurisprudences et articles).
S’il y a bien un écueil à éviter en droit, c’est d’affirmer sans justifier ! Surtout en droit administratif, où les arrêts sont très importants. Avoir des sources dans votre cours vous évitera de perdre du temps bêtement à faire des recherches supplémentaires.
Il existe, en réalité, une véritable hiérarchie des informations dispensées en cours magistral, qu’il faut apprendre à reconnaître à mesure que l’enseignant déroule son propos. Au sommet, l’ossature du raisonnement : le plan, les définitions, les principes et leurs exceptions, les fondements textuels et jurisprudentiels. Vient ensuite la justification de ces principes — c’est-à-dire l’argumentation qui en explique la raison d’être — qu’il convient de saisir par l’idée plutôt que mot à mot. Enfin, tout en bas, l’illustration (exemples, anecdotes, digressions), dont seule une fraction mérite d’être consignée. Noter efficacement, c’est arbitrer en permanence entre ces trois strates.
Bon à savoir : certains enseignants envoient leur plan de cours par e-mail. Ne perdez plus de temps lors de vos CM à essayer d’avoir les titres exacts et gardez ce plan à côté du cours.
B) Comment prendre des notes efficacement ?
Pour prendre des notes efficacement, il est impératif de pratiquer l’écoute active. Cela signifie que vous ne devez pas retranscrire les propos de votre enseignant sans réfléchir.
Même si cela peut paraître compliqué au début, essayez de comprendre ce que vous écrivez. Vous vous apercevrez que l’enseignant répète souvent la même information, mais de différentes manières.
Ce qui est important, ce n’est donc pas la phrase, mais l’information. Une erreur souvent commise lors de la prise de notes est d’essayer de noter la phrase exacte plutôt que de comprendre l’information donnée.
En faisant cela, vous centralisez toute votre concentration au mauvais endroit. Pour éviter cette erreur, certains étudiants enregistrent le cours pour le réécouter plus tard. Ils peuvent alors vérifier un point s’ils ont le sentiment d’être passés à côté d’un élément important. Ainsi, vous vous donnez la possibilité de pratiquer l’écoute active sans vous stresser.
1) Se forger un système personnel d’abréviations et de symboles
La rapidité de la prise de notes ne s’obtient pas en écrivant plus vite, mais en écrivant moins. À cette fin, il est précieux de se constituer, dès la première semaine, un répertoire stable d’abréviations et de symboles, employé de manière constante d’un cours à l’autre. La régularité de ce code personnel est essentielle : une abréviation comprise un jour mais oubliée le lendemain n’a aucune valeur.
À ce dispositif s’ajoute utilement une mise en page parlante : décaler les exceptions par rapport au principe, encadrer les définitions, signaler d’un trait dans la marge les arrêts à ficher. La page de notes devient alors une carte mentale, immédiatement lisible lors des révisions, et non un bloc compact qu’il faudra déchiffrer.
II) 2/ Travailler et réviser régulièrement
La Licence de Droit est certainement l’une des formations initiales universitaires où la régularité du travail et des révisions est la plus importante.
A) Pourquoi faut-il être régulier dans son travail ?
Être régulier dans son travail permet de ne pas prendre de retard et donc, de ne pas se retrouver dépassé. L’aspect psychologique dans les études ne doit pas être négligé : beaucoup trop d’étudiants abandonnent car ils se sentent submergés par la charge de travail. Et c’est bien dommage !
Vous avez les capacités de réussir : ne vous handicapez pas en accumulant du retard dans vos révisions. Il est plus simple de relire activement X chapitres par semaine que de découvrir un cours d’une centaine de pages à la fin d’un semestre.
La régularité permet également d’acquérir certains réflexes. Par exemple, en préparant vos fiches d’arrêt chaque semaine, vous connaîtrez parfaitement tous les éléments qu’elle doit contenir et vous réussirez mieux à les différencier qu’en début de semestre.
Cette exigence de régularité trouve d’ailleurs un fondement dans le fonctionnement même de la mémoire. Une information apprise une seule fois s’efface rapidement : la mémoire obéit à une courbe de l’oubli, selon laquelle l’essentiel de ce qui a été mémorisé disparaît en quelques jours s’il n’est pas réactivé. À l’inverse, chaque relecture active ralentit cet effacement et ancre durablement la connaissance. La révision espacée — revoir un même point à intervalles croissants — n’est donc pas une simple recommandation de bon sens : elle épouse la mécanique de la mémorisation.
B) Comment travailler et réviser quotidiennement ?
L’organisation est la clé pour pouvoir travailler et réviser quotidiennement, tout en maintenant une certaine vie sociale à côté de la faculté. Vous pouvez utiliser différents outils :
- Emploi du temps, pour une vision plus large sur le semestre ;
- Agenda, pour anticiper la préparation de vos TD ;
- To-do list, pour planifier vos journées.
La discipline est également un bon allié pour rester régulier. En effet, au cours de vos études, vous aurez très probablement des hauts et des bas. Il y a donc des périodes pendant lesquelles vous n’aurez pas du tout envie de travailler.
Si vous suivez votre motivation, les évènements vont vous impacter et vous prendrez du retard. Si vous êtes guidé par la discipline, vous travaillerez, a priori, en toutes circonstances.
Un mot, enfin, sur la régularité bien comprise : elle n’est pas la frénésie. Travailler tous les jours ne signifie pas travailler sans répit. Des plages de repos planifiées, loin de nuire à la régularité, en sont la condition de durabilité — c’est précisément l’étudiant épuisé qui finit par tout abandonner. La constance sur la durée prime sur l’intensité ponctuelle.
III) 3/ Maîtriser la méthodologie juridique
Si vous avez fait l’impasse sur les méthodologies d’exercices au lycée, il ne faut surtout pas reproduire cette erreur à l’université. Dès le début de votre Licence de Droit, il est important que vous maîtrisiez la méthodologie juridique. C’est un point central dans votre faculté à réussir et avoir de bonnes notes !
A) Pourquoi la méthodologie juridique est-elle importante ?
La méthodologie juridique est extrêmement importante car elle constitue la base de tous vos devoirs. De la même façon qu’un architecte ne pourrait pas construire une maison sans plans, vous ne pouvez pas réussir un exercice sans maîtriser la méthodologie.
D’une part, elle vous permet de comprendre l’objectif de chaque exercice. Ainsi, quand vous comprenez qu’une dissertation n’est pas une récitation de cours, mais une démonstration, vous gagnez de nombreux points.
D’autre part, elle vous assure une structure logique dans la présentation de vos connaissances. Vos enseignants veulent évaluer votre démarche intellectuelle. Il est évident qu’il est fondamental de connaître votre cours. Mais ce qu’on attend de vous, c’est la manière dont vous l’utilisez.
Tout le monde peut prendre un Code civil et en lire les articles. En revanche, cela est beaucoup plus compliqué de savoir les utiliser de façon pertinente au soutien d’une réflexion.
1) Distinguer les quatre exercices fondamentaux
Avant de maîtriser « la » méthodologie, encore faut-il comprendre qu’il en existe plusieurs, parce que chaque exercice poursuit une finalité propre. Les confondre est l’une des causes les plus fréquentes du hors-sujet.
2) Comprendre et manier le syllogisme juridique
Au cœur de la quasi-totalité des exercices se trouve une même structure de raisonnement : le syllogisme juridique. En saisir le mécanisme, c’est tenir la clé du cas pratique et du commentaire d’arrêt.
3) S’exercer sur un modèle de fiche d’arrêt
Parce que la fiche d’arrêt conditionne la qualité du commentaire, mieux vaut en automatiser la structure le plus tôt possible. Toute fiche se déploie selon une trame invariable — faits, procédure, prétentions des parties, problème de droit, solution et portée — qu’il faut savoir reproduire les yeux fermés. L’exemple ci-dessous, tiré d’un arrêt récent de la première chambre civile relatif à l’erreur, en illustre la mécanique.
- Faits
- Un acquéreur, après la vente, soutient s’être mépris sur les qualités substantielles de la chose vendue et entend obtenir l’annulation du contrat sur le fondement de l’erreur.
- Problème
- L’erreur du contractant sur les qualités substantielles de la chose suffit-elle, à elle seule, à entraîner la nullité de la vente, indépendamment de tout examen de son caractère excusable ?
- Solution
- Non. La Cour de cassation juge que l’erreur sur les qualités substantielles de la chose vendue n’est une cause de nullité du contrat que dans la mesure où elle est excusable : l’errans qui, par sa propre négligence, pouvait éviter de se tromper ne saurait s’en prévaloir.
- Portée
- La décision rappelle qu’au caractère substantiel de l’erreur s’ajoute une exigence d’excusabilité, qui tempère la protection du contractant et invite chacun à s’informer avant de s’engager — manifestation de l’adage emptor debet esse curiosus.
B) Comment maîtriser la méthodologie juridique ?
Pour bien maîtriser la méthodologie juridique, vous devez vous entraîner et comprendre ce que l’on attend de vous.
En effet, faire des exercices régulièrement est un bon moyen pour développer des automatismes, apprendre de vos erreurs et ne plus les reproduire. C’est aussi une excellente façon pour gagner en rapidité : voyez cela comme un sport… À force de courir, vous améliorez vos performances !
Ensuite, n’oubliez pas que même s’il existe un socle commun de méthodologie pour tous les exercices, chaque enseignant a des attentes particulières. Par exemple, pour les cas pratiques, certains correcteurs attendent des titres apparents tandis que d’autres les refusent.
Pour une maîtrise parfaite et adaptée de la méthodologie juridique, renseignez-vous auprès des chargés de TD et/ou des maîtres de conférence.
Enfin, pour perfectionner votre maîtrise de la méthodologie, il est absolument essentiel de lire (et comprendre?!) les corrections sur vos copies (Astuce Pamplemousse : demandez à vos amis de vous envoyer leurs copies commentées ou prenez des photos de ces dernières). Vous comprendrez ce que vous devez éviter et ce qu’il est impératif de ne plus oublier.
IV) 4/ Ne pas faire d’impasse sur des matières
Peu importe l’année ou le semestre, les étudiants sont toujours tentés de faire des impasses sur des matières (manque de temps, peu d’intérêt pour le sujet, etc.). Pourtant, cette pratique peut coûter de précieux points, voire invalider une UE (unité d’enseignement).
A) Pourquoi les mineures ne doivent-elles pas être négligées ?
Les mineures sont les premières matières à être négligées, alors qu’elles vous permettent souvent de gagner des points sur vos moyennes !
Pour rappel, les matières en licence sont divisées entre les majeures (matières à fort coefficient) et les mineures (matières à faible coefficient). Sauf exception, les majeures sont approfondies par des travaux dirigés, tandis que les mineures sont simplement étudiées en cours magistral.
En effet, l’évaluation des mineures consiste fréquemment (mais pas toujours) en des questions de cours, des oraux ou des QCM (questions à choix multiples). Dès lors, il est parfois plus « simple » d’obtenir une bonne note sur ces sujets plutôt que sur des commentaires en majeure.
Dès lors, quand bien même vous validez vos majeures, si vous avez des mauvaises notes dans toutes vos mineures, vous risquez d’invalider vos UE (en raison de la compensation).
Quoi qu’il en soit, n’oubliez pas de vous référer à l’administration, car chaque faculté à son propre système de notation.
Le mécanisme de la compensation mérite, sur ce point, d’être pleinement compris, car c’est lui qui transforme une mineure négligée en risque réel. La moyenne d’une UE — comme la moyenne semestrielle — n’est pas une moyenne arithmétique simple : c’est une moyenne pondérée, chaque note étant affectée du coefficient de la matière. Une bonne note en mineure peut ainsi rattraper une note moyenne en majeure, et inversement.
B) Comment réussir à réviser toutes les matières ?
Réussir à réviser toutes les matières n’est pas une mission impossible si l’on sait faire preuve d’organisation.
Beaucoup d’étudiants tombent dans le même piège : les mineures n’étant pas étudiées en TD, ils les mettent de côté une fois, puis deux et trois… À la fin, le retard accumulé est tel que les mineures sont souvent révisées la veille des partiels.
Pour réviser toutes les matières, il faut donc adapter ses révisions :
- Pour les majeures, il faut consacrer un temps de révision au cours lors de la préparation du TD. Vous comprendrez d’autant mieux les explications de votre chargé de TD ;
- Pour les mineures, vous devez bloquer un créneau dans la semaine pour au moins apprendre vos notes. En inscrivant cet horaire dans votre emploi du temps, vous concrétisez votre moment de révisions et vous vous forcez à y consacrer du temps.
V) 5/ S’entraîner en conditions réelles d’examen
En Licence de Droit, à quelques exceptions près, vous n’avez pas la possibilité d’être souvent en conditions réelles d’examen. Pour éviter d’être déstabilisé le jour J, il est indispensable de s’entraîner régulièrement.
A) Est-ce qu’il est important de s’entraîner ?
Oui, il est très important que vous vous entraîniez en conditions réelles d’examen avant vos partiels. Cela vous permettra :
- de savoir quel matériel est réellement nécessaire ;
- de contrôler et d’ajuster, si besoin, votre répartition du temps (brouillon, rédaction, relecture) ;
- de vérifier si vos connaissances sont suffisantes et/ou si vous maîtrisez la méthodologie.
La gestion du temps est, de loin, le paramètre que l’entraînement permet le mieux d’apprivoiser. Un cas pratique ou un commentaire avorté faute de temps perd l’essentiel de ses points, quand bien même l’analyse amorcée était pertinente. Or la répartition du temps ne s’improvise pas le jour de l’épreuve : elle se rode à l’avance.
B) Comment s’entraîner pour les examens ?
Pour bien vous entraîner, vous devez vous mettre dans les mêmes conditions que lors de vos examens :
- Seul dans une pièce, si possible dans le silence ;
- Sans document (cours) et/ou accessoire (ordinateur, téléphone portable) qui ne serait pas autorisé. Par exemple, il est inutile de vous entraîner avec le Code s’il n’est pas autorisé ;
- Dans un temps déterminé, et en une seule fois. Ainsi, si votre examen dure 3 heures, l’entraînement n’est pertinent que si vous réalisez les 3 heures en une seule fois (et non 1 heure un jour, 2 heures le jour d’après).
Pour tirer pleinement profit de l’exercice, deux réflexes complètent ce dispositif. D’abord, privilégier de vrais sujets d’annales — ceux des sessions antérieures de votre faculté —, qui reflètent fidèlement le niveau de difficulté et le format attendus. Ensuite, ne jamais clore l’entraînement à la dernière ligne rédigée : la phase la plus formatrice est l’auto-correction, qui consiste à confronter sa copie au corrigé ou au plan d’un enseignant, à identifier les manques et à en tirer une liste concrète de points à améliorer pour la fois suivante.
VI) Conclusion
Vous l’aurez compris, la Licence de Droit est un marathon : avec les bons outils, vous augmenterez vos chances de valider votre année et de vous y épanouir. Entraînement, organisation et régularité seront vos meilleurs alliés au cours de ces années d’études. Donnez-vous les moyens de réussir et croyez en vous !
Ces cinq conseils ne valent, du reste, que mis en système : une prise de notes maîtrisée nourrit des révisions régulières, lesquelles consolident la méthodologie, qui ne se mesure réellement qu’à l’épreuve de l’entraînement, sur l’ensemble des matières sans exception. C’est leur articulation, bien plus que chacun pris isolément, qui forge l’étudiant en droit accompli.
Décisions citées 1
Chaque décision de la Cour de cassation mentionnée dans cette fiche, avec son lien officiel.
- CassationCass. 1re chambre civile, 4 décembre 2024, n° 23-17.569consulter ↗