Droit des contrats · Modèle de contrat

Contrat d’achat ou de fourniture de biens

Une vente que les parties écrivent — la propriété d’une chose contre un prix. Le modèle prêt à adapter, et l’instrument qui le vérifie : ce que la loi impose, ce qu’elle laisse négocier, ce qu’elle garantit à chaque partie — au premier rang, la délivrance conforme et les deux garanties du vendeur, l’éviction et les vices cachés.

37 articles en vigueur · vérifiés le 16.07.2026 · Légifrance
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Sommaire
01

Comprendre le contrat

Son régime, sa qualification, sa validité.

Ce qu’est ce contrat
Une chose livrée contre un prix

La vente est « une convention par laquelle l’un s’oblige à livrer une chose, et l’autre à la payer » (). Elle tient lieu de loi aux parties () et est parfaite « dès qu’on est convenu de la chose et du prix », même avant livraison et paiement ().

Quand la propriété passe
Dès l’accord, sauf clause

La propriété est acquise à l’acheteur dès l’accord sur la chose et le prix () : le transfert « s’opère lors de la conclusion du contrat » et « emporte transfert des risques », sauf report voulu par les parties — telle une clause de réserve de propriété ().

Ce qui protège
Délivrer, et deux garanties

Le vendeur a « deux obligations principales, celle de délivrer et celle de garantir la chose » () : garantie de la possession paisible (éviction) et garantie des défauts cachés (), l’action en garantie des vices s’exerçant dans les deux ans de leur découverte ().

Ce qui est verrouillé
La clause déséquilibrée d’un contrat d’adhésion

Le pacte obscur ou ambigu « s’interprète contre le vendeur » () ; et dans un contrat d’adhésion, toute clause non négociable créant un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties est réputée non écrite ().

Le régime

La vente : la propriété contre un prix, sous garantie

Le contrat d’achat ou de fourniture de biens est une vente : « une convention par laquelle l’un s’oblige à livrer une chose, et l’autre à la payer » (). La liberté contractuelle () et la force obligatoire du contrat () jouent pleinement, sous la réserve de l’ordre public et de la bonne foi (). La vente est parfaite dès l’accord sur la chose et le prix, et « la propriété est acquise de droit à l’acheteur […] quoique la chose n’ait pas encore été livrée ni le prix payé » () — ce transfert « emporte transfert des risques », mais peut être différé par la volonté des parties, la nature des choses ou l’effet de la loi (). Le prix doit être « déterminé et désigné par les parties » () ou laissé à l’estimation d’un tiers () ; en fourniture à exécution successive, un contrat-cadre peut prévoir que le prix sera fixé unilatéralement par une partie, à charge pour elle de le motiver en cas de contestation (). Le vendeur a « deux obligations principales, celle de délivrer et celle de garantir » () : la délivrance () et une double garantie — la garantie d’éviction (, ) et la garantie des vices cachés (). S’agissant d’un contrat entre professionnels, les règles protectrices du consommateur (garantie de conformité, rétractation) sont hors périmètre.

Les conditions de validité

Le consentement des parties

Première condition de validité de tout contrat ().

Leur capacité de contracter

Deuxième condition de validité ().

Un contenu licite et certain

Troisième condition () : la vente porte sur une chose à livrer contre un prix ().

Un prix déterminé ou déterminable

Le prix « doit être déterminé et désigné par les parties » () ; il peut être laissé à l’estimation d’un tiers (). Sans prix, il n’y a point de vente.

≠ le contrat de prestation de services, où l’on s’oblige à faire et non à transférer la propriété d’une chose (), le prix pouvant y être fixé par le créancier à défaut d’accord (). ≠ le contrat de vente d’un véhicule d’occasion entre particuliers, cadre non professionnel. Ici, le critère décisif est le transfert de la propriété d’un bien contre un prix, dans un cadre B2B.

02

Composer

Les clauses à écrire, celles qui sont interdites.

0/7

La charpente du contrat

Cochez au fil de votre rédaction.

Imposées par la loi

Les parties, la chose et le prix

L’acte identifie le vendeur et l’acheteur, désigne la chose vendue et fixe le prix : la vente est parfaite « dès qu’on est convenu de la chose et du prix » (), lequel « doit être déterminé et désigné par les parties » () ou laissé à l’estimation d’un tiers ().

Structurantes — à négocier

La délivrance : lieu, délai, modalités

La délivrance est « le transport de la chose vendue en la puissance et possession de l’acheteur » (), qui s’opère pour les meubles par la remise de la chose, des clefs ou le seul consentement () ; elle comprend les accessoires et tout ce qui a été destiné à l’usage perpétuel de la chose ().

Le transfert de propriété et des risques

Sauf clause contraire, le transfert « s’opère lors de la conclusion du contrat » et « emporte transfert des risques » (, ). Une clause de réserve de propriété peut différer ce transfert jusqu’au complet paiement, ce que la loi autorise expressément ().

supplétive
Le prix, son paiement et sa fixation

L’acheteur « doit payer le prix au jour et au lieu réglés par la vente » () ; à défaut de stipulation, au lieu et au temps de la délivrance (). En contrat-cadre de fourniture, le prix peut être fixé unilatéralement par une partie, à charge de le motiver en cas de contestation ().

La garantie des vices cachés et sa limitation

Le vendeur répond des défauts cachés qui rendent la chose impropre à son usage (), même s’il les ignorait, « à moins que […] il n’ait stipulé qu’il ne sera obligé à aucune garantie » () ; les vices apparents sont exclus (). Entre professionnels de même spécialité, une clause limitative est concevable — mais la jurisprudence la prive d’effet quand le vendeur est un professionnel face à un acheteur profane.

La garantie d’éviction

Même sans stipulation, le vendeur garantit l’acheteur de l’éviction qu’il souffre () ; les parties peuvent aménager cette garantie, voire convenir que le vendeur n’y sera pas soumis (), sous la réserve d’ordre public de l’éviction du fait personnel ().

De précaution

Le retard de paiement : intérêts et clause pénale

La mise en demeure de payer fait courir l’intérêt moratoire au taux légal, sans preuve d’un préjudice () ; une clause pénale peut forfaitiser les dommages-intérêts, le juge pouvant la modérer si elle est manifestement excessive, toute stipulation écartant ce pouvoir étant réputée non écrite ().

Trois strates : ce que la loi impose comme socle de la vente (l’accord sur la chose et le prix), ce qui est structurant (délivrance, transfert des risques, garanties — un cadre, avec une marge), ce qui relève de la précaution rédactionnelle. Deux points de vigilance : le transfert de propriété emporte transfert des risques dès la conclusion, sauf réserve de propriété () ; et l’action en garantie des vices cachés s’exerce dans les deux ans de leur découverte ().

Ce que le contrat ne peut pas stipuler

Vendre sans prix déterminé ni déterminable

Le prix « doit être déterminé et désigné par les parties » () ou laissé à l’estimation d’un tiers () : à défaut de prix déterminé ou déterminable, il n’y a point de vente.

Écarter la garantie de l’éviction du fait personnel

« Quoiqu’il soit dit que le vendeur ne sera soumis à aucune garantie, il demeure cependant tenu de celle qui résulte d’un fait qui lui est personnel : toute convention contraire est nulle » ().

Exclure la garantie des vices que l’on connaissait

La clause de non-garantie des vices () ne protège pas le vendeur de mauvaise foi : « si le vendeur connaissait les vices de la chose, il est tenu […] de tous les dommages et intérêts » ().

Imposer un déséquilibre significatif

Lorsque le contrat est un contrat d’adhésion, toute clause non négociable, déterminée à l’avance par une partie, qui crée un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties est réputée non écrite ().

réputée non écrite

Les sanctions ne se confondent pas. La nullité frappe la clause écartant la garantie de l’éviction du fait personnel du vendeur (). Le « réputé non écrit » frappe, dans un contrat d’adhésion, la clause non négociable déséquilibrée () et la stipulation privant le juge de son pouvoir de modérer la clause pénale () : la clause tombe, le contrat survit. Quant à la clause de non-garantie des vices, valable en principe (), elle est neutralisée par la jurisprudence quand le vendeur est un professionnel, et jamais opposable au vendeur de mauvaise foi ().

03

Équilibrer

Ce que la loi garantit à chacun, et où se négocie le reste.

Les deux colonnes disent, pour chaque partie, ce que la loi lui garantit et ce qu'elle lui impose. Choisir votre siège réordonne la lecture : rien n'est masqué, et l'on ne dit pas qui aurait « l'avantage ».

Vendeur
vous engage
Délivrer la chose et ses accessoires

La délivrance est le transport de la chose « en la puissance et possession de l’acheteur » () ; elle comprend les accessoires et tout ce qui a été destiné à l’usage perpétuel de la chose ().

vous engage
Garantir la possession paisible : l’éviction

Le vendeur est obligé de droit à garantir l’acheteur de l’éviction qu’il souffre dans la totalité ou partie de l’objet vendu, même sans stipulation ().

vous engage
Garantir les vices cachés, même ignorés

Le vendeur répond des défauts cachés rendant la chose impropre à son usage (), « quand même il ne les aurait pas connus » (), et doit tous les dommages-intérêts s’il les connaissait ().

vous protège
Ne pas délivrer tant que le prix n’est pas payé

Le vendeur « n’est pas tenu de délivrer la chose, si l’acheteur n’en paye pas le prix » et qu’aucun délai de paiement n’a été accordé () ; il peut aussi retenir la délivrance en cas de faillite de l’acheteur, sauf caution ().

vous protège
Aménager, voire écarter certaines garanties

Les parties peuvent, par convention, diminuer l’effet de la garantie d’éviction ou convenir que le vendeur n’y sera pas soumis (), sous la seule réserve de l’éviction du fait personnel ().

vous protège
La résolution de plein droit pour les denrées et meubles

En matière de vente de denrées et effets mobiliers, la résolution « aura lieu de plein droit et sans sommation, au profit du vendeur », après l’expiration du terme convenu pour le retirement ().

Acheteur
vous engage
Payer le prix au jour et au lieu convenus

« La principale obligation de l’acheteur est de payer le prix au jour et au lieu réglés par la vente » () ; à défaut de stipulation, au lieu et au temps de la délivrance ().

vous engage
Supporter les risques dès le transfert de propriété

Le transfert de propriété, qui s’opère en principe dès la conclusion, « emporte transfert des risques de la chose » () : sauf réserve de propriété, l’acheteur en supporte la perte fortuite même avant livraison ().

vous protège
Le pacte obscur s’interprète contre le vendeur

Le vendeur « est tenu d’expliquer clairement ce à quoi il s’oblige » et « tout pacte obscur ou ambigu s’interprète contre le vendeur » ().

vous protège
Agir en garantie des vices dans les deux ans

L’action en garantie des vices cachés doit être intentée « dans un délai de deux ans à compter de la découverte du vice » () ; l’acheteur a le choix de rendre la chose et se faire restituer le prix, ou de la garder et se faire rendre une partie du prix ().

vous protège
Être garanti et indemnisé en cas d’éviction

En cas d’éviction, l’acheteur a droit à la restitution du prix, des fruits, des frais et aux dommages-intérêts (), garantie due de droit par le vendeur ().

vous protège
La résolution ou la mise en possession si le vendeur ne livre pas

Si le vendeur manque à délivrer dans le temps convenu, l’acheteur peut, à son choix, demander la résolution de la vente ou sa mise en possession (), et des dommages-intérêts pour le préjudice subi ().

Où se joue la négociation

Le socle de la vente — l’accord sur la chose et le prix — est verrouillé. Sur le reste, la loi pose des règles supplétives que les parties peuvent aménager : c’est là que se joue la négociation d’un contrat de fourniture.

PointÀ défaut, la loi ditVotre marge
Le prix et sa fixationLe prix doit être déterminé et désigné par les parties ().Il peut être laissé à l’estimation d’un tiers () ou, en contrat-cadre de fourniture, fixé unilatéralement par une partie à charge de le motiver ().
Le transfert de propriété et des risquesLe transfert et les risques s’opèrent dès la conclusion du contrat (, ).Une clause de réserve de propriété peut différer le transfert jusqu’au complet paiement, la loi autorisant ce report ().
La délivranceÀ défaut de stipulation, le paiement se fait au lieu et au temps de la délivrance ().Le lieu, le délai, les modalités et le régime des livraisons successives se négocient, la délivrance emportant les accessoires ().
L’étendue des garantiesLe vendeur garantit de droit l’éviction () et les vices cachés ().Entre professionnels, ces garanties peuvent être aménagées ou écartées (, ), sauf l’éviction du fait personnel ().
04

Signer

Formalités, annexes, relecture, la vie du contrat.

0/4

Avant de signer

Formalités et annexes exigées par la loi.

L’accord sur la chose et le prix est formalisé

La vente est parfaite dès l’accord sur la chose et le prix (), lequel doit être déterminé et désigné, ou renvoyé à un tiers (, ).

La délivrance et le transfert des risques sont réglés

On précise le lieu, le délai et les modalités de délivrance () et, le cas échéant, une clause de réserve de propriété différant le transfert et les risques ().

Les garanties et leurs éventuelles limites sont fixées

On arrête le sort de la garantie d’éviction (, ) et de la garantie des vices cachés (), en gardant à l’esprit l’action de deux ans ().

Les modalités de paiement et le retard sont prévus

On fixe l’échéance et le lieu de paiement (), les intérêts moratoires () et, s’il y a lieu, une clause pénale modérable par le juge ().

Faire relire le contrat

Le prix, la délivrance, le transfert des risques, la réserve de propriété et l’étendue des garanties structurent un contrat de fourniture — chacune de ces clauses se discute. Indiquez votre commune pour trouver des avocats du ressort ; l’annuaire Gdroit référence les avocats par barreau et par spécialité.

Annuaire Gdroit · donnée conservée sur votre appareil, jamais transmise.

La vie du contrat

La conclusion

L’accord sur la chose et le prix rend la vente parfaite () ; la propriété et les risques passent alors à l’acheteur, sauf clause de réserve de propriété ().

La délivrance

Le vendeur transporte la chose et ses accessoires en la possession de l’acheteur (, ) ; à défaut de délivrance au terme convenu, l’acheteur peut demander la résolution ou la mise en possession ().

Le paiement, et le retard

L’acheteur paie au jour et au lieu convenus () ; la mise en demeure fait courir l’intérêt moratoire au taux légal, sans preuve d’un préjudice ().

Chiffrer les intérêts de retard
La découverte d’un vice caché

L’acheteur agit « dans un délai de deux ans à compter de la découverte du vice » (), avec le choix entre rendre la chose et en garder une partie du prix ().

L’éviction

Si l’acheteur est évincé, il obtient la restitution du prix, des fruits, des frais et des dommages-intérêts (), garantie que le vendeur doit de droit ().

05

Questions & ressources

FAQ et liens utiles.

La vente est-elle conclue dès l’accord sur la chose et le prix ?
Oui : la vente « est parfaite entre les parties, et la propriété est acquise de droit à l’acheteur […] dès qu’on est convenu de la chose et du prix, quoique la chose n’ait pas encore été livrée ni le prix payé » (). L’écrit n’est pas exigé à peine de validité, mais il fait la preuve du contenu convenu.
Quand la propriété et les risques passent-ils à l’acheteur ?
En principe dès la conclusion du contrat : le transfert de propriété « s’opère lors de la conclusion » et « emporte transfert des risques de la chose » (). Les parties peuvent différer ce transfert — par exemple par une clause de réserve de propriété jusqu’au complet paiement () : ce n’est donc pas la livraison qui, par elle-même, opère le transfert.
Peut-on écarter la garantie des vices cachés ?
En principe oui entre professionnels : le vendeur peut stipuler « qu’il ne sera obligé à aucune garantie » (). Mais la clause ne joue jamais pour le vendeur qui connaissait le vice, tenu de tous les dommages-intérêts (), et la jurisprudence la prive d’effet quand le vendeur est un professionnel face à un acheteur profane. La garantie couvre les vices rendant la chose impropre à son usage (), non les vices apparents ().
Dans quel délai agir pour un vice caché ?
L’action « doit être intentée par l’acquéreur dans un délai de deux ans à compter de la découverte du vice » (). L’acheteur choisit alors de rendre la chose et se faire restituer le prix (action rédhibitoire) ou de la garder et se faire rendre une partie du prix (action estimatoire) ().
Le vendeur peut-il refuser de livrer si l’acheteur ne paie pas ?
Oui : le vendeur « n’est pas tenu de délivrer la chose, si l’acheteur n’en paye pas le prix, et que le vendeur ne lui ait pas accordé un délai pour le paiement » (). Il peut aussi retenir la délivrance si l’acheteur tombe en faillite après la vente, à moins qu’une caution ne soit donnée ().
Faut-il fixer le prix à l’avance ?
Le prix « doit être déterminé et désigné par les parties » () ou laissé à l’estimation d’un tiers (). Dans un contrat-cadre de fourniture, il peut aussi être fixé unilatéralement par une partie « à charge pour elle d’en motiver le montant en cas de contestation » ().

Approfondir la règle

Calculer

Les textes cités

Ce modèle est un document type à adapter ; il ne constitue pas une consultation juridique.