Droit des contrats · Modèle de contrat

Délégation de pouvoirs pour une assemblée générale d’association

Un pouvoir qu’un membre écrit pour se faire représenter — mais que la loi de 1901 laisse entièrement aux statuts. Le modèle prêt à adapter, et l’instrument qui le vérifie : pourquoi ce vote par procuration relève d’un mandat de droit commun, ce que les statuts commandent, ce qui se négocie, et ce que la loi garantit au mandant comme au mandataire.

17 articles en vigueur · vérifiés le 16.07.2026 · Légifrance
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Sommaire
01

Comprendre le contrat

Son régime, sa qualification, sa validité.

Ce qu’est ce contrat
Un mandat de représentation

La délégation de pouvoirs pour voter en assemblée est un mandat : « l’acte par lequel une personne donne à une autre le pouvoir de faire quelque chose pour le mandant et en son nom » (). Il tient lieu de loi aux parties () ; le mandataire agit au nom du mandant, seul tenu de l’engagement pris dans la limite du pouvoir ().

Ce qui l’autorise
Les statuts, non la loi de 1901

La loi du 1er juillet 1901 ne réglemente pas le vote par procuration. Ce sont les statuts et le règlement intérieur qui décident si un membre peut se faire représenter, en vertu de la liberté contractuelle () : à défaut d’autorisation statutaire, il n’y a aucun pouvoir de vote à déléguer ().

Ce qui protège
Pouvoir limité, révocable

Le mandataire « ne peut rien faire au-delà de ce qui est porté dans son mandat » () ; ce qui excède le pouvoir est inopposable au mandant (), lequel peut au reste révoquer la procuration quand bon lui semble ().

Ce qui est verrouillé
Le conflit d’intérêts

Un représentant ne peut agir pour plusieurs parties en opposition d’intérêts, ni contracter pour son propre compte avec le représenté : l’acte accompli est alors nul, sauf autorisation ou ratification ().

Le régime

Un mandat de droit commun, sous l’empire des statuts

La délégation de pouvoirs pour voter en assemblée générale d’association est un mandat : « l’acte par lequel une personne donne à une autre le pouvoir de faire quelque chose pour le mandant et en son nom » (). Le mandataire agit au nom et pour le compte du mandant, qui « est seul tenu de l’engagement ainsi contracté » () et « n’est fondé à agir que dans la limite des pouvoirs qui lui ont été conférés » (). Point décisif : la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d’association ne réglemente pas le vote par procuration. Aucun texte de cette loi n’autorise, n’encadre ni n’interdit la représentation d’un membre en assemblée. Ce sont les statuts et le règlement intérieur de l’association qui décident si un membre empêché peut se faire représenter, par qui, et avec combien de pouvoirs — en vertu de la liberté contractuelle (), les contrats légalement formés tenant lieu de loi à ceux qui les ont faits (). Le pouvoir n’est donc valable que si les statuts l’admettent : à défaut d’autorisation statutaire, le membre ne peut déléguer un droit de vote qu’il exerce en personne. Sur ce socle, le mandat obéit au droit commun : il ne s’étend qu’à ce qui y est porté — le mandataire « ne peut rien faire au-delà de ce qui est porté dans son mandat » () —, le mandant n’étant tenu de ce qui a pu être fait au-delà qu’autant qu’il l’a ratifié (), et il peut « révoquer sa procuration quand bon lui semble » (). Le contrat est formé et exécuté de bonne foi, disposition d’ordre public ().

Les conditions de validité

Le consentement des parties

Première condition de validité de tout contrat ().

Leur capacité de contracter

Deuxième condition de validité ().

Un contenu licite et certain

Troisième condition () : l’objet du mandat est le pouvoir de représenter le mandant et de voter en son nom à l’assemblée ().

L’acceptation du mandataire

« Le contrat ne se forme que par l’acceptation du mandataire » () ; cette acceptation peut n’être que tacite et résulter de l’exécution donnée au mandat ().

≠ la délégation pour une assemblée générale de société, où la représentation de l’associé obéit au droit des sociétés et aux statuts de la société, et la délégation de pouvoirs générique, par laquelle un dirigeant transfère à un subordonné la charge de veiller au respect d’une réglementation. Ici, il s’agit d’un simple mandat de représentation () pour voter en assemblée d’association, dont l’admissibilité dépend des statuts ().

02

Composer

Les clauses à écrire, celles qui sont interdites.

0/8

La charpente du pouvoir

Cochez au fil de votre rédaction.

Imposées par la loi

Les parties : mandant et mandataire

L’acte identifie le membre qui donne pouvoir (le mandant) et celui qui le reçoit (le mandataire), le mandat étant l’acte par lequel l’un donne à l’autre le pouvoir d’agir pour lui et en son nom ().

L’objet du pouvoir : représenter et voter

L’acte énonce que le mandataire est chargé de représenter le mandant à une assemblée générale déterminée et d’y voter en son nom ; le mandat est spécial lorsqu’il porte sur une affaire ou certaines affaires seulement ().

Structurantes — à négocier

L’étendue du pouvoir : spécial ou général

Le pouvoir peut viser une seule assemblée ou toutes les affaires du mandant () ; en toute hypothèse, le mandataire « ne peut rien faire au-delà de ce qui est porté dans son mandat » ().

Les instructions de vote

L’acte peut lier le mandataire à des consignes de vote ou le laisser libre ; ce qui est fait conformément au pouvoir engage le mandant (), ce qui l’excède ne l’engage pas ().

La durée de la mission

Le pouvoir peut être donné pour une seule assemblée ou pour plusieurs ; le mandat prend fin par la révocation, la renonciation du mandataire ou le décès de l’une des parties ().

De précaution

La conformité aux statuts et au règlement intérieur

Avant tout, l’acte suppose que les statuts admettent le vote par procuration et en fixent, le cas échéant, les conditions et le nombre maximal de pouvoirs : c’est aux statuts qu’il revient de l’autoriser, en vertu de la liberté contractuelle ().

La faculté de révocation

Le mandant peut se réserver de rappeler qu’il « peut révoquer sa procuration quand bon lui semble » et se faire remettre l’écrit qui la contient ().

La forme de l’écrit

Le mandat peut être donné par acte sous seing privé, par lettre, voire verbalement () ; un écrit daté et signé est préférable pour la preuve, sous réserve du formulaire que les statuts peuvent imposer ().

Trois strates : ce que la nature du mandat impose (les parties, l’objet du pouvoir), ce qui est structurant (étendue, instructions, durée — un cadre, avec une marge), et ce qui relève de la précaution rédactionnelle — au premier rang la vérification des statuts, sans lesquels le pouvoir de vote n’existe pas (). Le mandataire ne peut jamais rien faire au-delà de ce qui est porté dans son mandat ().

Ce que le contrat ne peut pas stipuler

Faire voter au-delà du pouvoir confié

Le mandataire « ne peut rien faire au-delà de ce qui est porté dans son mandat » () ; l’acte accompli sans pouvoir ou au-delà de ses pouvoirs est inopposable au mandant, sauf ratification ().

Représenter des intérêts en opposition

Un représentant ne peut agir pour le compte de plusieurs parties en opposition d’intérêts, ni contracter pour son propre compte avec le représenté : l’acte est alors nul, à moins que la loi ne l’autorise ou que le représenté ne l’ait autorisé ou ratifié ().

Déléguer un vote que les statuts n’autorisent pas

Si les statuts n’admettent pas le vote par procuration, il n’y a aucun pouvoir de vote à conférer : le représentant « n’est fondé à agir que dans la limite des pouvoirs qui lui ont été conférés » (), lesquels dépendent de ce que les statuts autorisent ().

Ici, les sanctions ne se confondent pas. Le vote émis au-delà du pouvoir est inopposable au mandant () — il ne l’engage que s’il le ratifie (). La représentation d’intérêts en opposition, ou le fait pour le mandataire de contracter avec lui-même, est frappée de nullité (). Enfin, si les statuts n’admettent pas la procuration, le mandat est sans effet : on ne délègue pas un pouvoir de vote qu’on n’a pas (). Le « réputé non écrit » n’a pas cours ici.

03

Équilibrer

Ce que la loi garantit à chacun, et où se négocie le reste.

Les deux colonnes disent, pour chaque partie, ce que la loi lui garantit et ce qu'elle lui impose. Choisir votre siège réordonne la lecture : rien n'est masqué, et l'on ne dit pas qui aurait « l'avantage ».

Mandant
vous engage
Être engagé par le vote émis dans la limite du pouvoir

Le mandant « est tenu d’exécuter les engagements contractés par le mandataire, conformément au pouvoir qui lui a été donné » () ; agissant en son nom, le mandataire l’engage seul ().

vous protège
Ne pas être tenu de ce qui excède le pouvoir

Le mandant « n’est tenu de ce qui a pu être fait au-delà qu’autant qu’il l’a ratifié expressément ou tacitement » () ; l’acte excédant les pouvoirs lui est inopposable ().

vous protège
Révoquer le mandat quand bon lui semble

Le mandant « peut révoquer sa procuration quand bon lui semble » et contraindre, s’il y a lieu, le mandataire à lui remettre l’écrit qui la contient ().

vous protège
Fixer librement l’étendue du pouvoir

Le mandant détermine si le pouvoir est spécial ou général () et l’enferme dans des limites que le mandataire ne peut dépasser ().

vous engage
S’assurer que les statuts admettent la procuration

Le mandant doit vérifier que les statuts autorisent le vote par procuration et en respecter les conditions, faute de quoi il n’a aucun pouvoir de vote à déléguer, la liberté du pouvoir se mesurant à ce que les statuts permettent ().

Mandataire
vous engage
Ne rien faire au-delà du mandat

Le mandataire « ne peut rien faire au-delà de ce qui est porté dans son mandat » () ; il vote dans les seules limites du pouvoir reçu.

vous engage
Accomplir la mission confiée

Le mandataire « est tenu d’accomplir le mandat tant qu’il en demeure chargé, et répond des dommages-intérêts qui pourraient résulter de son inexécution » ().

vous engage
Ne pas représenter des intérêts en opposition

Le mandataire ne peut agir pour plusieurs parties en opposition d’intérêts ni contracter pour son propre compte avec le mandant, à peine de nullité de l’acte ().

vous protège
N’être pas personnellement tenu du vote émis au nom du mandant

Agissant au nom et pour le compte du mandant dans la limite de ses pouvoirs, « celui-ci est seul tenu de l’engagement ainsi contracté » ().

vous protège
Une responsabilité appréciée moins rigoureusement si le mandat est gratuit

Le mandataire répond du dol et des fautes de sa gestion, mais « la responsabilité relative aux fautes est appliquée moins rigoureusement à celui dont le mandat est gratuit » ().

Où se joue la négociation

La loi de 1901 laisse tout ouvert : c’est le mandat de droit commun qui fournit le cadre, et les statuts qui posent les bornes. Les points ci-dessous sont ceux où les parties fixent réellement les termes du pouvoir — dans les limites que les statuts autorisent.

PointÀ défaut, la loi ditVotre marge
L’étendue du pouvoirLe mandat est spécial pour une affaire, ou général pour toutes les affaires du mandant ().Le limiter à une assemblée précise, à certaines résolutions, ou l’étendre — sans jamais dépasser ce que les statuts permettent ().
Les instructions de voteLe mandataire ne peut rien faire au-delà de ce qui est porté dans son mandat ().Laisser le mandataire voter à sa libre appréciation ou le lier à des consignes précises, résolution par résolution ().
La duréeLe mandat finit par la révocation, la renonciation du mandataire ou le décès de l’une des parties ().Le donner pour une seule assemblée ou pour toutes celles d’un exercice ().
La formeLe mandat peut être donné par écrit, par lettre, voire verbalement ().Un écrit daté et signé est préférable pour la preuve, et les statuts peuvent imposer un formulaire : la liberté de forme cède alors devant eux ().
04

Signer

Formalités, annexes, relecture, la vie du contrat.

0/5

Avant de signer

Formalités et annexes exigées par la loi.

Les statuts admettent la procuration

On vérifie d’abord que les statuts et le règlement intérieur autorisent le vote par procuration et en respectent les conditions : sans cette autorisation, il n’y a aucun pouvoir de vote à déléguer ().

L’objet et l’étendue du pouvoir sont précisés

L’acte indique l’assemblée visée et l’étendue du pouvoir, spécial ou général () ; le mandataire ne pourra rien faire au-delà ().

L’acceptation du mandataire est recueillie

Le mandat ne se forme que par l’acceptation du mandataire (), laquelle peut n’être que tacite et résulter de l’exécution ().

L’écrit est daté et signé

Bien que le mandat puisse être donné par lettre ou verbalement (), un écrit daté et signé par le mandant est établi pour la preuve du pouvoir et de son étendue.

Les instructions de vote sont jointes s’il y a lieu

Lorsque le vote est lié à des consignes, elles figurent à l’acte : le mandataire ne peut rien faire au-delà de ce qui y est porté ().

Faire relire le pouvoir

La représentation en assemblée d’association tient d’abord aux statuts : leur relecture, avec l’étendue du pouvoir et les instructions de vote, écarte le risque d’un vote inopposable. Indiquez votre commune pour trouver des avocats du ressort ; l’annuaire G-Droit référence les avocats par barreau et par spécialité.

Annuaire G-Droit · donnée conservée sur votre appareil, jamais transmise.

La vie du contrat

La désignation

Le membre empêché donne pouvoir à un mandataire pour le représenter à l’assemblée (), après avoir vérifié que les statuts l’autorisent ().

L’acceptation

Le mandat ne se forme que par l’acceptation du mandataire (), qui peut être tacite et résulter de l’exécution donnée au mandat ().

Le jour de l’assemblée — le vote

Le mandataire vote au nom du mandant, dans la seule limite du pouvoir reçu () ; le mandant est engagé par ce qui est fait conformément au pouvoir ().

La révocation éventuelle

Le mandant peut révoquer le pouvoir quand bon lui semble () et se faire remettre l’écrit qui le contient.

La fin du mandat

Le mandat prend fin par la révocation, la renonciation du mandataire ou le décès de l’une des parties ().

05

Questions & ressources

FAQ et liens utiles.

La loi de 1901 autorise-t-elle le vote par procuration en assemblée d’association ?
La loi du 1er juillet 1901 ne dit rien du vote par procuration : elle ne l’autorise, ni ne l’encadre, ni ne l’interdit. Ce sont les statuts et le règlement intérieur de l’association qui décident s’il est admis, et à quelles conditions, en vertu de la liberté contractuelle (). À défaut d’autorisation statutaire, un membre ne peut déléguer son droit de vote.
Quelle est la nature juridique de ce pouvoir ?
C’est un mandat de droit commun : « l’acte par lequel une personne donne à une autre le pouvoir de faire quelque chose pour le mandant et en son nom » (). Le mandataire vote au nom du mandant, qui est seul tenu de l’engagement pris dans la limite du pouvoir ().
Le mandataire peut-il voter comme il l’entend ?
Seulement dans les limites du mandat : il « ne peut rien faire au-delà de ce qui est porté dans son mandat » (). Les instructions de vote se négocient — le mandant peut laisser le mandataire libre ou le lier à des consignes. Ce qui est fait au-delà du pouvoir est inopposable au mandant ().
Le mandant peut-il revenir sur le pouvoir donné ?
Oui : il « peut révoquer sa procuration quand bon lui semble » et se faire remettre l’écrit qui la contient (). Le mandat prend aussi fin par la renonciation du mandataire ou le décès de l’une des parties ().
Un même mandataire peut-il représenter plusieurs membres ?
Le droit commun ne l’interdit pas en principe, mais il prohibe la représentation d’intérêts en opposition : un représentant ne peut agir pour plusieurs parties en opposition d’intérêts, à peine de nullité (). Surtout, ce sont les statuts qui plafonnent, le cas échéant, le nombre de pouvoirs qu’une même personne peut détenir ().
Faut-il un écrit ?
Le mandat peut être donné par écrit, par lettre, voire verbalement (). Un écrit daté et signé reste préférable pour la preuve, et les statuts peuvent imposer un formulaire de pouvoir : la liberté de forme cède alors devant eux ().

Approfondir la règle

Les textes cités

Ce modèle est un document type à adapter ; il ne constitue pas une consultation juridique.