Droit des sociétés · Modèle de statuts

Modèle de statuts d’une SARL

La SARL est la forme que la loi organise elle-même : là où la SAS renvoie tout à ses statuts, le Code de commerce fixe pour la SARL la gérance , l’agrément des cessions et les majorités . Voici le modèle prêt à adapter, et l’instrument qui le vérifie : ce que la loi impose, le peu qu’elle vous laisse écrire, et les majorités qui verrouillent.

27 articles en vigueur · vérifiés le 16.07.2026 · Légifrance
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Statuts de SARL — modèle Word

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Les associés
De une à cent personnes qui ne supportent les pertes qu’à concurrence de leurs apports ; chacun participe aux décisions et dispose d’un nombre de voix égal à celui de ses parts.
Loi
Le ou les gérants
Une ou plusieurs personnes physiques, associées ou non, qui dirigent la société et la représentent à l’égard des tiers.
Loi
La collectivité des associés
Réunie en assemblée — c’est le principe légal —, elle arrête les décisions que la loi lui réserve ; la consultation écrite n’est possible que si vos statuts la prévoient.
Loi
Sommaire
01

Fonder

Ce que sont ces statuts, et ce qui les rend valables.

Ce que sont ces statuts
L’acte fondateur

La constitution de la société : des personnes l’instituent et fixent ses règles par écrit .

Le cadre
Légal

La loi organise elle-même la gérance, l’agrément des cessions et les majorités .

Le capital
Sans minimum

Librement fixé par vos statuts et divisé en parts sociales égales .

Les associés
De 1 à 100

Une seule personne suffit (EURL) ; au-delà de cent associés, la société est dissoute .

La forme

La société encadrée par la loi

La SARL est une société commerciale dont les associés ne supportent les pertes qu’à concurrence de leurs apports . Mais là où la SAS confie presque tout à ses statuts, la SARL est organisée par la loi elle-même : le Code de commerce fixe les pouvoirs du gérant , le régime de l’agrément des cessions de parts et les majorités des décisions . Ce modèle et son instrument de vérification distinguent, article par article, ce que la loi impose et le peu qu’elle vous laisse écrire.

Les conditions de validité

De un à cent associés
Loi

La SARL peut être constituée par une seule personne — l’associé unique, forme dite EURL — ou par plusieurs, dans la limite de cent ; au-delà, elle est dissoute au terme d’un an, à moins d’être régularisée ou transformée.

La vocation aux résultats
Loi

Les associés affectent à une entreprise commune des biens ou leur industrie en vue de partager le bénéfice ou de profiter de l’économie qui en résultera, et s’engagent à contribuer aux pertes.

Un objet licite et un intérêt commun
Loi

La société doit avoir un objet licite et être constituée dans l’intérêt commun des associés ; elle est gérée dans son intérêt social.

L’affectio societatis
Jurisprudence fiche →

Les tribunaux exigent une volonté de s’associer sur un pied d’égalité pour mener l’entreprise commune ; absente du texte, cette condition n’en commande pas moins la validité et la qualification de la société.

L’écrit et les mentions obligatoires
Loi

Les statuts sont établis par écrit et déterminent les apports, la forme, l’objet, la dénomination, le siège et le capital ; s’y ajoutent les mentions propres aux sociétés commerciales .

L’immatriculation, qui donne la personnalité
Loi

La société n’acquiert la personnalité morale qu’à compter de son immatriculation au registre du commerce et des sociétés .

Des nullités strictement encadrées
Loi

La nullité de la société ne peut résulter que d’une cause limitativement prévue par la loi ; la seule violation des statuts n’en est pas une, sauf disposition contraire.

La SARL est la forme du cadre légal : la loi fixe elle-même l’étendue des pouvoirs du gérant envers les tiers , le régime de l’agrément des cessions de parts et les majorités des décisions collectives . Là où, pour une SAS, cette page afficherait « Vos statuts », elle cite ici un article : ce n’est pas un défaut de liberté, c’est un régime protecteur des associés.
02

Apporter

Le capital, les apports, les titres.

Le capital et les apports

Les trois types d’apports
Loi

Chaque associé est débiteur envers la société de ce qu’il a promis d’y apporter : en numéraire, en nature (propriété ou jouissance d’un bien) ou en industrie.

L’apport en nature et le commissaire aux apports
Loi

Les statuts contiennent l’évaluation de chaque apport en nature, au vu d’un rapport établi par un commissaire aux apports désigné à l’unanimité des futurs associés ; ceux-ci peuvent l’écarter à l’unanimité lorsque aucun apport n’excède un seuil réglementaire et que leur total ne dépasse pas la moitié du capital.

Un capital librement fixé, sans minimum
Vos statuts renvoi :

Aucun capital minimum n’est exigé : vos statuts en fixent librement le montant, divisé en parts sociales égales.

Souscription et libération des parts
Loi

Les parts sociales sont souscrites en totalité ; celles qui représentent un apport en nature sont intégralement libérées, tandis que les parts de numéraire sont libérées d’au moins un cinquième à la souscription, le surplus intervenant sur décision du gérant dans un délai maximal de cinq ans à compter de l’immatriculation.

Les parts sociales et leur cession

Des parts sociales, non des actions
Loi

Le capital est divisé en parts sociales égales ; elles ne sont pas librement négociables et leur cession obéit à un régime légal, différent selon la personne du cessionnaire.

La cession à un tiers : l’agrément imposé par la loi
Loi

Les parts ne peuvent être cédées à des tiers étrangers à la société qu’avec le consentement de la majorité des associés représentant au moins la moitié des parts, à moins que vos statuts n’exigent une majorité plus forte ; le refus d’agrément oblige les associés à racheter les parts.

La cession entre associés
Loi

Entre associés, les parts sont librement cessibles ; vos statuts peuvent toutefois limiter cette cessibilité, la clause empruntant alors la procédure d’agrément légale.

La cession au conjoint et à la famille
Loi

Les parts sont librement transmissibles par succession et cessibles entre conjoints, ascendants et descendants ; vos statuts peuvent néanmoins soumettre le nouvel entrant à un agrément, sans durcir la procédure légale.

03

Gouverner

Les organes et les décisions collectives.

Les organes

Le gérant, envers les tiers
Loi

À l’égard des tiers, le gérant est investi des pouvoirs les plus étendus pour agir au nom de la société ; celle-ci est engagée même par les actes qui dépassent l’objet social, et les clauses statutaires limitant ses pouvoirs leur sont inopposables.

Le gérant, entre associés
Vos statuts renvoi :

Dans les rapports entre associés, l’étendue des pouvoirs du gérant relève de vos statuts ; à défaut de clause, il peut accomplir tous les actes de gestion commandés par l’intérêt de la société. C’est la principale marge de liberté que la loi vous laisse.

La nomination du gérant
Loi

Le gérant est nommé par les associés, dans les statuts ou par un acte postérieur ; en l’absence de disposition statutaire, sa nomination vaut pour la durée de la société.

Les conventions réglementées
Loi

Les conventions passées entre la société et un gérant ou un associé sont soumises au contrôle de la collectivité, sur rapport ; l’intéressé ne prend pas part au vote et ses parts sont écartées du calcul de la majorité.

Les décisions collectives

La forme des décisions
Loi

Les décisions sont, en principe, prises en assemblée ; vos statuts peuvent seulement admettre, pour tout ou partie d’entre elles, la consultation écrite ou le consentement de tous les associés exprimé dans un acte.

Les décisions ordinaires
Loi

Elles sont adoptées par un ou plusieurs associés représentant plus de la moitié des parts sociales ; faute d’atteindre cette majorité, une seconde consultation les fait adopter à la majorité des votes émis, sauf clause contraire de vos statuts.

La modification des statuts
Loi

Pour une SARL constituée depuis la loi du 2 août 2005, les statuts ne se modifient qu’avec un quorum (le quart des parts sur première convocation, le cinquième sur deuxième) puis à la majorité des deux tiers des parts des associés présents ou représentés ; le changement de nationalité exige l’unanimité.

L’approbation des comptes
Loi

Le rapport de gestion, l’inventaire et les comptes annuels établis par le gérant sont soumis à l’approbation des associés réunis en assemblée dans les six mois de la clôture de l’exercice.

04

Verrouiller

Les clauses qui structurent, celles qui tombent.

Imposées par la loi

Les mentions obligatoires
Loi

Forme, durée — qui ne peut excéder quatre-vingt-dix-neuf ans —, dénomination, siège, objet et capital figurent dans les statuts, de même que la répartition des parts entre associés.

L’évaluation des apports en nature
Loi

Lorsqu’un apport en nature est fait, son évaluation figure dans les statuts au vu du rapport du commissaire aux apports, sauf dispense décidée à l’unanimité dans les limites fixées par la loi.

Structurantes — à rédiger

L’agrément des cessions à un tiers
Loi

L’agrément des cessions de parts à un tiers est imposé par la loi elle-même ; vos statuts n’ont qu’à en aménager les modalités, et peuvent seulement exiger une majorité plus forte que la majorité légale.

La limitation des cessions entre associés
Vos statuts renvoi :

Entre associés, la cession est libre par défaut ; vos statuts peuvent y ajouter une clause d’agrément, qui empruntera alors la procédure légale de l’agrément.

De précaution

Le droit de préemption
Pratique

Aucun texte propre à la SARL ne l’impose : par prudence, vos statuts peuvent organiser un droit de préemption au profit des associés en place, articulé avec l’agrément légal.

Le préambule
Pratique

Un préambule exposant le projet des associés éclaire l’interprétation des statuts en cas de litige.

L’articulation avec un pacte d’associés
Pratique

Ce que les statuts n’ont pas vocation à rendre public — modalités fines de sortie, engagements réciproques — se loge dans un pacte d’associés séparé.

Les clauses de la SARL se lisent par strates : ce que la loi impose, le peu qu’elle vous laisse structurer autour de ses propres règles, et ce que la prudence conseille d’ajouter.

Ce que les statuts ne peuvent pas stipuler

Les clauses léonines
Loi réputée non écrite

Une clause qui attribue à un associé la totalité du profit, l’exonère de toute contribution aux pertes ou l’exclut totalement du bénéfice est réputée non écrite.

L’atteinte au droit de vote
Loi réputée non écrite

Toute clause qui priverait un associé de son droit de participer aux décisions ou de disposer d’une voix par part est réputée non écrite.

L’augmentation des engagements sans consentement
Loi

Les statuts ne peuvent, sans le consentement de l’associé concerné, augmenter ses engagements.

Le cadre légal de la SARL a ses bornes protectrices : certaines clauses tombent (réputées non écrites), et nul associé ne peut voir ses engagements alourdis sans son accord.

05

Naître & questions

De la signature à l’immatriculation, puis FAQ.

De la signature à l’immatriculation

Signer les statuts Loi

Les statuts sont établis par écrit et signés par tous les associés.

Déposer les fonds Pratique

Les apports en numéraire sont, en pratique, déposés sur un compte bloqué jusqu’à l’immatriculation.

Publier un avis de constitution Loi

Un avis est inséré dans un support habilité à recevoir des annonces légales du lieu du siège ; son contenu est fixé par décret.

Déposer le dossier au guichet unique Pratique

La demande d’immatriculation est déposée auprès du guichet unique des formalités des entreprises.

Obtenir l’immatriculation Loi

La société acquiert la personnalité morale à compter de son immatriculation au registre du commerce et des sociétés .

Reprendre les actes de la période de formation Loi

Les actes accomplis pour le compte de la société en formation, une fois repris par elle après l’immatriculation, sont réputés avoir été souscrits dès l’origine par la société.

SARL ou SAS, quelle différence ?
La SARL est cadrée par la loi : elle fixe elle-même l’agrément des cessions et les majorités . La SAS, elle, renvoie ces mêmes questions à ses statuts. La SARL rassure par son régime légal protecteur ; la SAS séduit par sa liberté d’organisation.
Quel est le capital minimum d’une SARL ?
Il n’existe pas de minimum légal : un euro suffit. Les parts de numéraire doivent seulement être libérées d’au moins un cinquième à la souscription, le surplus dans les cinq ans, et les parts d’apport en nature intégralement dès l’origine .
Peut-on librement céder ses parts de SARL ?
Non pour une cession à un tiers : elle est soumise à l’agrément de la majorité des associés représentant au moins la moitié des parts . La cession est en revanche libre entre associés et entre conjoints, ascendants ou descendants , sauf clause statutaire d’agrément.
Combien faut-il d’associés dans une SARL ?
De un à cent. Avec un seul associé, la SARL est unipersonnelle et prend le nom d’EURL ; au-delà de cent associés, la société est dissoute au terme d’un an, sauf régularisation ou transformation .
Quelle majorité pour modifier les statuts ?
Pour une SARL constituée depuis le 2 août 2005, la modification des statuts requiert un quorum puis la majorité des deux tiers des parts des associés présents ou représentés . Les décisions ordinaires, elles, se prennent à plus de la moitié des parts sociales .

Approfondir

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Les textes cités

Ce modèle est un document type à adapter à votre projet ; il ne constitue pas un conseil individualisé. Les règles signalées « Vos statuts » dépendent de la rédaction que vous retiendrez ; en cas de doute, faites relire l’acte par un avocat.