Modèle de statuts d’une SAS
La SAS se construit presque entièrement dans ses statuts : la loi fixe un cadre bref et renvoie le reste — direction, décisions collectives, clauses d’actionnaires — au texte que vous signez. Voici le modèle prêt à adapter, et l’instrument qui le vérifie : ce que la loi impose, ce qu’elle vous laisse écrire, et les clauses qui verrouillent.
26 articles en vigueur · vérifiés le 16.07.2026 · LégifranceSommaire
Fonder
Ce que sont ces statuts, et ce qui les rend valables.
La constitution de la société : des personnes l’instituent et fixent ses règles par écrit .
La loi fixe un cadre bref et renvoie direction et décisions collectives à vos statuts .
Aucun minimum légal ; apports en numéraire, en nature et même en industrie contre actions inaliénables .
Inaliénabilité plafonnée à dix ans , agrément , exclusion .
La société de la liberté statutaire
La SAS est une société par actions : la responsabilité des associés est limitée à leurs apports . Mais là où la société anonyme est corsetée par la loi, la SAS confie à ses statuts l’organisation de la direction et les conditions des décisions collectives . Ce modèle et son instrument de vérification distinguent, article par article, ce que la loi impose et ce qu’elle vous laisse écrire.
Les conditions de validité
Un ou plusieurs associés
LoiLa SAS peut être constituée par une seule personne — on parle alors d’associé unique — ou par plusieurs ; les associés ne supportent les pertes qu’à concurrence de leurs apports.
Un objet licite et un intérêt commun
LoiLa société doit avoir un objet licite et être constituée dans l’intérêt commun des associés.
La vocation aux résultats
LoiChaque associé a vocation à partager les bénéfices ou à profiter de l’économie qui pourra en résulter, et s’engage à contribuer aux pertes.
L’affectio societatis
Jurisprudence fiche →Les tribunaux exigent une volonté de s’associer pour mener l’entreprise commune ; absente du texte, cette condition n’en commande pas moins la validité et la qualification de la société.
L’écrit et les mentions obligatoires
LoiLes statuts sont établis par écrit et déterminent les apports, la forme, l’objet, la dénomination, le siège, le capital ; s’y ajoutent les mentions propres aux sociétés commerciales .
L’immatriculation, qui donne la personnalité
LoiLa société n’acquiert la personnalité morale qu’à compter de son immatriculation au registre du commerce et des sociétés .
Des nullités strictement encadrées
LoiLa nullité de la société ne peut résulter que d’une cause limitativement prévue par la loi.
Pas d’offre au public de titres
LoiLa SAS ne peut procéder à une offre au public de ses titres ni faire admettre ses actions aux négociations sur un marché réglementé.
Apporter
Le capital, les apports, les titres.
Le capital et les apports
Les trois types d’apports
LoiChaque associé est débiteur envers la société de ce qu’il a promis d’y apporter : en numéraire, en nature (propriété ou jouissance d’un bien) ou en industrie.
L’apport en industrie, particularité de la SAS
LoiLà où la société anonyme l’interdit, les statuts de SAS peuvent prévoir des apports en industrie, rémunérés par des actions inaliénables et sans participation au capital.
Un capital librement fixé
Vos statuts renvoi :Aucun capital minimum n’est exigé : les statuts en fixent librement le montant.
Souscription et libération
LoiLe capital doit être intégralement souscrit ; les actions de numéraire sont libérées de la moitié au moins de leur valeur à la souscription, le surplus dans un délai maximal de cinq ans à compter de l’immatriculation.
Les actions et leur cession
Des actions cessibles, sauf clause contraire
Vos statuts renvoi :À défaut de clause dans vos statuts, la cession des actions est libre ; c’est à vous d’y prévoir, ou non, agrément et préemption.
L’agrément que la loi autorise
LoiLa loi permet à vos statuts de soumettre toute cession d’actions à l’agrément préalable de la société.
La sanction d’une cession irrégulière
Loi nullitéToute cession effectuée en violation d’une clause statutaire est nulle.
Gouverner
Les organes et les décisions collectives.
Les organes
Le président
LoiLa société est obligatoirement dotée d’un président ; il la représente à l’égard des tiers, avec les pouvoirs les plus étendus, et les limitations statutaires de ses pouvoirs sont inopposables aux tiers.
Le dirigeant personne morale
LoiLorsqu’une personne morale est nommée président ou dirigeant, ses propres dirigeants encourent les mêmes responsabilités civiles et pénales que s’ils exerçaient en leur nom propre.
Directeur général et autres organes
Vos statuts renvoi :C’est votre texte qui institue, s’il le souhaite, un directeur général, des directeurs généraux délégués, des comités ou des conseils, et qui fixe leurs attributions.
La responsabilité des dirigeants
LoiElle suit les règles qui fixent la responsabilité des membres du conseil d’administration et du directoire des sociétés anonymes.
Les décisions collectives
Les décisions réservées à la collectivité
LoiCertaines décisions sont obligatoirement collectives : comptes annuels et bénéfices, augmentation, amortissement ou réduction du capital, fusion, scission, dissolution, transformation, nomination des commissaires aux comptes.
La forme et la majorité des autres décisions
Vos statuts renvoi :Pour tout le reste — forme (assemblée, consultation écrite, acte signé de tous, visioconférence), quorum, majorité —, ce sont vos statuts qui décident.
Le plancher de la majorité
Jurisprudence fiche →Les tribunaux jugent qu’une décision collective ne peut être adoptée par un nombre de voix inférieur à la majorité des voix exprimées ; vos statuts peuvent exiger davantage.
Verrouiller
Les clauses qui structurent, celles qui tombent.
Imposées par la loi
Les mentions obligatoires
LoiForme, durée — qui ne peut excéder quatre-vingt-dix-neuf ans —, dénomination, siège, objet et capital figurent dans les statuts.
La désignation du premier président
Vos statuts renvoi :La société devant être dotée d’un président dès sa constitution, c’est à vos statuts — ou à un acte séparé — de désigner le premier président.
Structurantes — à rédiger
L’inaliénabilité temporaire
LoiVos statuts peuvent rendre les actions inaliénables, pour une durée qui ne peut excéder dix ans.
L’agrément des cessions
LoiVos statuts peuvent soumettre toute cession d’actions à l’agrément de la société ; cette clause s’adopte et se modifie par une décision collective prise dans les conditions statutaires.
L’exclusion d’un associé
LoiVos statuts peuvent prévoir qu’un associé soit tenu de céder ses actions, et suspendre ses droits non pécuniaires jusqu’à la cession ; cette clause s’adopte et se modifie par une décision collective statutaire.
La cession forcée en cas de changement de contrôle
LoiVos statuts peuvent imposer la cession des actions d’un associé personne morale dont le contrôle change ; comme l’inaliénabilité, cette clause requiert l’unanimité des associés pour être adoptée ou modifiée .
La préemption
Jurisprudence fiche →Aucun texte propre à la SAS ne l’impose : c’est une clause d’origine statutaire, dont les tribunaux admettent la validité et sanctionnent la violation.
De précaution
Le préambule
PratiqueUn préambule exposant le projet des associés éclaire l’interprétation des statuts en cas de litige.
L’articulation avec un pacte d’associés
PratiqueCe que les statuts n’ont pas vocation à rendre public — gouvernance fine, conditions de sortie — se loge dans un pacte d’associés séparé.
Les clauses de la SAS se lisent par strates : ce que la loi impose, ce qu’elle vous laisse structurer, ce que la prudence conseille d’ajouter.
Ce que les statuts ne peuvent pas stipuler
Les clauses léonines
Loi réputée non écriteUne clause qui prive un associé de tout droit aux bénéfices, ou l’exonère de toute contribution aux pertes, est réputée non écrite.
L’augmentation des engagements sans consentement
LoiLes statuts ne peuvent, sans le consentement de l’associé concerné, augmenter ses engagements.
La cession au mépris d’une clause statutaire
Loi nullitéElle n’est pas seulement fautive : elle est frappée de nullité.
La liberté statutaire a des bornes : certaines clauses tombent (réputées non écrites), d’autres exposent l’acte à la nullité.
Naître & questions
De la signature à l’immatriculation, puis FAQ.
De la signature à l’immatriculation
Signer les statuts Loi
Les statuts sont établis par écrit et signés par tous les associés.
Déposer les fonds Pratique
Les apports en numéraire sont, en pratique, déposés sur un compte bloqué jusqu’à l’immatriculation.
Publier un avis de constitution Loi
Un avis est inséré dans un support habilité à recevoir des annonces légales du lieu du siège ; son contenu est fixé par décret.
Déposer le dossier au guichet unique Pratique
La demande d’immatriculation est déposée auprès du guichet unique des formalités des entreprises.
Obtenir l’immatriculation Loi
La société acquiert la personnalité morale à compter de son immatriculation au registre du commerce et des sociétés .
Reprendre les actes de la période de formation Loi
Les actes accomplis pour le compte de la société en formation, une fois repris par elle après l’immatriculation, sont réputés avoir été souscrits dès l’origine par la société.
SAS ou SASU, quelle différence ?
Quel est le capital minimum d’une SAS ?
Le président peut-il être une société ?
Comment se prennent les décisions collectives ?
Statuts ou pacte d’associés ?
Approfondir
Faire relire vos statuts
Un avocat en droit des sociétés vérifie l’adéquation des clauses à votre projet : gouvernance, entrée et sortie des associés, régime du dirigeant. Indiquez votre commune pour trouver un praticien près de chez vous.
Annuaire G-Droit · donnée conservée sur votre appareil, jamais transmise.
Les textes cités
Ce modèle est un document type à adapter à votre projet ; il ne constitue pas un conseil individualisé. Les règles signalées « Vos statuts » dépendent de la rédaction que vous retiendrez ; en cas de doute, faites relire l’acte par un avocat.