Modèle de statuts d’une SCI
La société civile immobilière tient le milieu entre la liberté de la SAS et le cadre de la SARL : la loi fixe un socle impératif — la responsabilité indéfinie des associés et la subsidiarité des poursuites — mais renvoie à vos statuts l’organisation des décisions et de la gérance . Voici le modèle prêt à adapter, et l’instrument qui le vérifie : ce que la loi impose, ce qu’elle vous laisse écrire, et ce que la détention d’un immeuble commande de verrouiller.
25 articles en vigueur · vérifiés le 16.07.2026 · LégifranceSommaire
Fonder
Ce que sont ces statuts, et ce qui les rend valables.
La constitution de la société : des personnes l’instituent et fixent ses règles par écrit .
Les associés répondent des dettes sociales à proportion de leurs parts , mais après vaine poursuite de la société .
Acquérir, gérer, louer un immeuble : c’est l’objet civil qui commande la forme et son régime.
Aucun minimum légal ; le capital est divisé en parts sociales, dont la cession est encadrée .
La société civile de l’immeuble
La SCI est une société civile : elle a le caractère civil parce que son objet — détenir et gérer un immeuble — n’est pas commercial . Son régime tient le milieu entre la liberté de la SAS et le cadre de la SARL : la loi impose un socle — les associés répondent indéfiniment des dettes sociales, à proportion de leurs parts , mais les créanciers doivent d’abord poursuivre vainement la société — et renvoie à vos statuts l’organisation des décisions collectives et des pouvoirs du gérant entre associés . Ce modèle et son instrument de vérification distinguent, article par article, ce que la loi impose et ce qu’elle vous laisse écrire.
Les conditions de validité
Au moins deux associés
LoiLa société civile est instituée par deux personnes au moins qui affectent à une entreprise commune des biens ou leur industrie en vue de partager le bénéfice ou de profiter de l’économie qui en résultera, et s’engagent à contribuer aux pertes.
Un caractère civil, un objet immobilier
LoiOnt le caractère civil les sociétés auxquelles la loi n’attribue pas un autre caractère à raison de leur forme, de leur nature ou de leur objet ; la détention et la gestion d’un immeuble sont un objet civil.
Un objet licite et un intérêt commun
LoiLa société doit avoir un objet licite et être constituée dans l’intérêt commun des associés ; elle est gérée dans son intérêt social.
L’affectio societatis
Jurisprudence fiche →Les tribunaux exigent une volonté de s’associer pour mener l’entreprise commune ; absente du texte, cette condition n’en commande pas moins la validité et la qualification de la société.
L’écrit et les mentions obligatoires
LoiLes statuts sont établis par écrit et déterminent les apports de chaque associé, la forme, l’objet, l’appellation, le siège, le capital, la durée et les modalités de fonctionnement de la société.
L’immatriculation, qui donne la personnalité
LoiLa société civile n’acquiert la personnalité morale qu’à compter de son immatriculation au registre du commerce et des sociétés, où elle est tenue de s’immatriculer.
Des nullités strictement encadrées
LoiLa nullité de la société ne peut résulter que d’une cause limitativement prévue par la loi ; la seule violation des statuts n’en est pas une, sauf disposition contraire.
Apporter
Le capital, les apports, les titres.
Le capital et les apports
Les trois types d’apports
LoiChaque associé est débiteur envers la société de ce qu’il a promis d’y apporter : en numéraire, en nature (propriété ou jouissance d’un bien, souvent l’immeuble lui-même) ou en industrie.
La répartition des parts et la contribution aux résultats
LoiLa part de chaque associé dans les bénéfices et sa contribution aux pertes se déterminent à proportion de sa part dans le capital, l’apporteur en industrie étant traité comme celui qui a le moins apporté, sauf clause contraire.
Un capital librement fixé, sans minimum
Vos statuts renvoi :Aucun capital minimum n’est exigé : vos statuts en fixent librement le montant, divisé en parts sociales.
La libération des apports
Vos statuts renvoi :La loi ne fixe ni délai ni fraction minimale de libération pour la société civile : c’est à vos statuts de préciser quand et dans quelle mesure chaque associé libère l’apport qu’il a promis.
Les parts sociales et leur cession
Des parts sociales cédées par écrit
LoiLa cession de parts sociales doit être constatée par écrit ; elle n’est opposable à la société et aux tiers qu’après accomplissement des formalités et publication au registre du commerce et des sociétés.
L’agrément de tous les associés
LoiLes parts sociales ne peuvent, en principe, être cédées qu’avec l’agrément de tous les associés : la cession suppose donc, par défaut, l’unanimité.
Les aménagements que la loi vous ouvre
Vos statuts renvoi :À vous de décider : une majorité moindre que l’unanimité, un agrément accordé par les gérants, ou une dispense d’agrément pour les cessions entre associés ou au conjoint de l’un d’eux.
La cession aux ascendants et descendants
LoiSauf clause contraire de vos statuts, les cessions consenties à des ascendants ou descendants du cédant ne sont pas soumises à agrément.
Gouverner
Les organes et les décisions collectives.
Les organes
Le gérant, envers les tiers
LoiÀ l’égard des tiers, le gérant engage la société par les actes qui entrent dans l’objet social ; les clauses statutaires limitant ses pouvoirs leur sont inopposables. À la différence d’une société commerciale, la société civile n’est pas engagée par les actes qui dépassent son objet — d’où l’importance d’un objet rédigé avec soin.
Le gérant, entre associés
Vos statuts renvoi :Dans les rapports entre associés, l’étendue des pouvoirs du gérant relève de vos statuts ; à défaut de clause, il peut accomplir tous les actes de gestion que demande l’intérêt de la société. C’est l’une des principales marges de liberté que la loi vous laisse.
La nomination du gérant
LoiLe gérant est nommé par les statuts, un acte distinct ou une décision des associés ; sauf clause contraire, cette décision est prise par les associés représentant plus de la moitié des parts, et, dans le silence des statuts, sa nomination vaut pour la durée de la société.
La révocation du gérant
LoiSauf disposition contraire des statuts, le gérant est révocable par une décision des associés représentant plus de la moitié des parts ; révoqué sans juste motif, il peut prétendre à des dommages-intérêts, et tout associé peut en outre demander sa révocation judiciaire pour cause légitime.
La responsabilité du gérant
LoiChaque gérant répond individuellement, envers la société et les tiers, des infractions aux lois et règlements, de la violation des statuts et des fautes de gestion ; lorsque plusieurs gérants ont participé aux mêmes faits, leur responsabilité est solidaire à l’égard des tiers et des associés.
Les décisions collectives
Les décisions collectives
LoiLes décisions qui excèdent les pouvoirs du gérant sont prises selon les dispositions de vos statuts et, en l’absence de telles dispositions, à l’unanimité des associés : l’unanimité n’est donc que la règle par défaut, que vos statuts peuvent aménager.
Le consentement unanime dans un acte
LoiLes décisions peuvent encore résulter du consentement de tous les associés exprimé dans un acte, sans assemblée.
La modification des statuts
LoiÀ défaut de clause contraire, les statuts ne peuvent être modifiés que par l’accord unanime des associés ; en aucun cas les engagements d’un associé ne peuvent être augmentés sans son consentement.
La reddition de compte du gérant
LoiAu moins une fois par an, le gérant rend compte de sa gestion aux associés par un rapport écrit d’ensemble sur l’activité de la société et ses résultats.
L’information des associés
LoiLes associés ont le droit d’obtenir, au moins une fois par an, communication des livres et documents sociaux, et de poser par écrit des questions sur la gestion, auxquelles il doit être répondu dans le mois.
Verrouiller
Les clauses qui structurent, celles qui tombent.
Imposées par la loi
Les mentions obligatoires
LoiForme, objet, appellation, siège, capital, durée — qui ne peut excéder quatre-vingt-dix-neuf ans — et modalités de fonctionnement figurent dans les statuts, avec les apports de chaque associé.
Structurantes — à rédiger
L’objet immobilier, rédigé avec soin
LoiL’objet borne les pouvoirs du gérant envers les tiers ; en SCI, il précise l’acquisition, la propriété, la gestion et la location des immeubles, et le cas échéant leur revente, sans franchir en habitude le terrain commercial de la location meublée.
L’agrément des cessions de parts
LoiL’agrément de tous les associés est la règle légale ; vos statuts en aménagent les modalités — majorité, organe compétent, dispenses — pour maîtriser l’entrée de nouveaux associés dans la société qui détient l’immeuble.
Le sort des parts au décès d’un associé
LoiLa société n’est pas dissoute par le décès d’un associé mais continue avec ses héritiers ou légataires ; vos statuts peuvent soumettre ceux-ci à un agrément, prévoir la continuation avec les seuls survivants, ou désigner les personnes appelées à poursuivre.
Le démembrement des parts
LoiFréquent en gestion de patrimoine immobilier, le démembrement se prépare dans les statuts : répartition du droit de vote entre usufruitier et nu-propriétaire, sous les règles supplétives que la loi permet d’aménager.
De précaution
Le préambule
PratiqueUn préambule exposant le projet des associés — souvent patrimonial ou familial — éclaire l’interprétation des statuts en cas de litige.
L’articulation avec un pacte d’associés
PratiqueCe que les statuts n’ont pas vocation à rendre public — modalités fines de sortie, engagements réciproques sur l’immeuble — se loge dans un pacte d’associés séparé.
Les clauses de la SCI se lisent par strates : ce que la loi impose, ce qu’elle vous laisse structurer autour de l’immeuble, et ce que la prudence conseille d’ajouter.
Ce que les statuts ne peuvent pas stipuler
Les clauses léonines
Loi réputée non écriteLa stipulation attribuant à un associé la totalité du profit, l’exonérant de toute contribution aux pertes, ou l’excluant totalement du bénéfice, est réputée non écrite.
L’augmentation des engagements sans consentement
LoiLes statuts ne peuvent, sans le consentement de l’associé concerné, augmenter ses engagements — ce qui, en société civile, compte doublement puisque les associés répondent indéfiniment des dettes.
L’exclusion du droit de participer aux décisions
LoiTout associé a le droit de participer aux décisions collectives ; une clause qui l’en priverait serait sans valeur.
Le socle légal de la société civile a ses bornes protectrices : certaines clauses tombent, et nul associé ne peut voir ses engagements alourdis sans son accord.
Naître & questions
De la signature à l’immatriculation, puis FAQ.
De la signature à l’immatriculation
Signer les statuts Loi
Les statuts sont établis par écrit et signés par tous les associés.
Réaliser les apports Pratique
Chaque associé exécute l’apport promis ; l’apport de l’immeuble en nature, souvent réalisé par acte notarié, se prépare avant la signature des statuts.
Publier un avis de constitution Pratique
Un avis est inséré dans un support habilité à recevoir des annonces légales du lieu du siège ; son contenu est fixé par décret.
Déposer le dossier au guichet unique Pratique
La demande d’immatriculation est déposée auprès du guichet unique des formalités des entreprises.
Obtenir l’immatriculation Loi
La société civile acquiert la personnalité morale à compter de son immatriculation au registre du commerce et des sociétés.
Reprendre les actes de la période de formation Loi
Les actes accomplis pour le compte de la société en formation, une fois repris par elle après l’immatriculation, sont réputés avoir été souscrits dès l’origine ; la société étant civile, cet engagement est pris sans solidarité.
Quel est le capital minimum d’une SCI ?
Les associés d’une SCI sont-ils responsables des dettes ?
Peut-on librement céder ses parts de SCI ?
Comment se prennent les décisions dans une SCI ?
Une SCI est-elle imposée à l’impôt sur les sociétés ?
Approfondir
Faire relire vos statuts de SCI
Un avocat en droit des sociétés vérifie l’adéquation des clauses à votre projet : objet immobilier, gérance, entrée et sortie des associés, agrément des cessions, démembrement et transmission. Indiquez votre commune pour trouver un praticien près de chez vous.
Annuaire G-Droit · donnée conservée sur votre appareil, jamais transmise.
Les textes cités
Ce modèle est un document type à adapter à votre projet ; il ne constitue pas un conseil individualisé. Les règles signalées « Vos statuts » dépendent de la rédaction que vous retiendrez, et le choix du régime fiscal engage durablement les associés ; en cas de doute, faites relire l’acte par un avocat.