Procédure civile · Modèle d’acte

Requête en interprétation d’un jugement devant le tribunal de commerce

Quand le dispositif d’une décision se prête à deux lectures, c’est au juge qui l’a rendue d’en dire le sens. Le modèle prêt à adapter — et ce qu’il faut savoir : cette voie éclaire la décision, elle ne la refait pas, et elle se ferme dès que la décision est frappée d’appel.

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01

Comprendre l’acte

Ce qu’il est, quand l’utiliser, comment il se déroule.
Ce qu’est cet acte
Une demande d’éclaircissement

« Il appartient à tout juge d’interpréter sa décision si elle n’est pas frappée d’appel » (). La requête ne conteste pas la décision : elle en fait préciser le sens.

Devant qui
Le juge qui a rendu la décision

C’est le juge auteur de la décision qui l’interprète () : il n’y a aucune juridiction à rechercher, ni compétence territoriale à déterminer.

Le verrou
L’appel ferme la voie

L’interprétation n’est ouverte que « si [la décision] n’est pas frappée d’appel » () : une fois l’appel formé, c’est la cour qui connaît de la décision.

Comment il statue
Les parties entendues ou appelées

« Le juge se prononce les parties entendues ou appelées » () : la procédure est contradictoire, à la différence de l’ordonnance sur requête.

La portée · ce que cet acte corrige

La requête tient en quelques lignes ; ce qu’elle peut obtenir est borné par le texte.

Ce qu’il corrige
Elle fait dire le sens du dispositif

Le juge qui a rendu la décision est celui qui l’interprète ().

Elle se forme par simple requête, seul ou à deux

Le juge est saisi par simple requête de l’une des parties, ou par requête commune ().

Ce qu’il ne rouvre pas
Elle ne refait pas la décision

Le texte n’ouvre au juge que le pouvoir d’interpréter sa décision () — d’en dire le sens. Il n’en résulte aucun pouvoir de la modifier : ce qui a été jugé demeure, et une demande qui tendrait à changer la solution sortirait de l’office ouvert par ce texte.

Elle n’est plus ouverte si la décision est frappée d’appel

Le texte réserve expressément l’hypothèse : « si elle n’est pas frappée d’appel » ().

Ne pas confondre

≠ l’appel, qui fait rejuger l’affaire par une autre juridiction ; ≠ la rectification d’erreur matérielle (), qui corrige la plume et non le sens ; ≠ l’omission de statuer (), qui vise un chef de demande sur lequel le juge ne s’est pas prononcé du tout.

Quatre voies pour revenir devant le même juge
InterprétationRectification matérielleOmission de statuerRetranchement
Ce que le juge peut faireÉclairer le sens de sa propre décision ()Réparer une erreur ou une omission matérielle ()Compléter le jugement sur un chef de demande oublié ()Retrancher ce qui a été jugé sans avoir été demandé, ou au-delà de la demande ()
Dans quel délaiAucun délai, mais impossible si la décision est frappée d’appel ()Toujours, même passé en force de chose jugée ()Un an après le passage en force de chose jugée ()Un an — même régime que l’omission de statuer ()
Comment il statueLes parties entendues ou appelées ()Sans audience lorsqu’il est saisi par requête, sauf s’il estime nécessaire d’entendre les parties ()Les parties entendues ou appelées ()Les parties entendues ou appelées ( ; )
Ce qui reste intactLe dispositif : le texte n’ouvre que le pouvoir d’en dire le sens ()Le raisonnement : seule la matérialité est corrigée ()La chose jugée sur les autres chefs ()La chose jugée sur les autres chefs ( ; )

Aucune de ces quatre voies ne rejuge l’affaire : ce n’est pas un appel. Une erreur de jugement — et non de plume — relève des voies de recours.

La procédure, étape par étape

1

Une décision est rendue

Son dispositif se prête à plusieurs lectures.

2

La décision n’est pas frappée d’appel

C’est la condition d’ouverture de la voie ().

3

Requête au juge qui a statué

Le juge est saisi par simple requête de l’une des parties, ou par requête commune ().

4

Le juge interprète, les parties entendues ou appelées

La décision interprétative dit le sens du dispositif, sans le modifier ().

Voir les 16 actes de ce stade dans le plan
02

Vérifier

Ce que la requête doit établir, le régime, les pièges.
0/3

Ce que la requête doit établir

Cochez au fil de votre rédaction.

La décision visée est identifiée

L’interprétation porte sur une décision déterminée, celle rendue par le juge saisi ().

efficacité

La décision n’est pas frappée d’appel

C’est la condition posée par le texte () : à défaut, la voie est fermée.

recevabilité

Le point à interpréter est précisément désigné

Indiquez le chef du dispositif dont le sens est discuté : c’est sur lui que le juge se prononcera ().

efficacité

Aucune nullité n’est attachée à cette requête : ni l’ ni les textes voisins n’en prescrivent les mentions à peine de nullité. Le risque réel est ailleurs : une requête qui demanderait en réalité de modifier la décision, ou qui viserait une décision déjà frappée d’appel, se heurterait aux limites mêmes de l’.

Ce que cette voie n’est pas

Ni un appel, ni un second procès

L’ donne au juge le pouvoir d’interpréter sa décision — c’est-à-dire d’en dire le sens lorsqu’il est discuté. Il ne s’agit pas de la réformer : ce qui a été jugé demeure. Et la voie se ferme dès que la décision est frappée d’appel, la cour étant alors saisie. Si vous contestez non pas le sens mais le bien-fondé de ce qui a été jugé, c’est l’appel qu’il faut envisager, dans ses propres délais.

Vos délais

Aucun délai
L’ n’enferme la demande en interprétation dans aucun délai
Verrou
Mais la voie est fermée si la décision est frappée d’appel
Calculer mes délais exacts

Les erreurs qui coûtent cher

Demander en réalité de modifier la décision

L’office ouvert par l’ est d’interpréter, non de réformer : une demande qui tend à changer ce qui a été jugé n’est pas une interprétation.

Saisir alors que l’appel est formé

Le texte réserve l’hypothèse : l’interprétation n’appartient au juge que « si [la décision] n’est pas frappée d’appel » ().

Confondre avec l’erreur matérielle

Une erreur de plume — un chiffre, un nom, une addition — relève de l’, et non de l’interprétation.

03

Présenter la requête

Au greffe de la juridiction qui a rendu la décision.

Avant de déposer

La décision est identifiée

Juridiction, date, numéro ().

La décision n’est pas frappée d’appel

Condition d’ouverture ().

Le chef du dispositif à interpréter est désigné

C’est l’objet de la demande ().

Votre modèle est prêt — téléchargez-le depuis le panneau « Votre dossier ».

Et ensuite

04

Questions & ressources

FAQ et liens utiles.
Qui interprète un jugement ambigu ?
Le juge qui l’a rendu : « il appartient à tout juge d’interpréter sa décision si elle n’est pas frappée d’appel » (). Il n’y a pas d’autre juridiction à saisir.
L’interprétation peut-elle modifier la décision ?
Non. L’ ouvre le pouvoir d’interpréter, c’est-à-dire de dire le sens du dispositif. Ce qui a été jugé n’est pas remis en cause.
Y a-t-il un délai ?
L’ n’en pose aucun. En revanche, la voie est fermée dès que la décision est frappée d’appel.
Faut-il l’accord de l’autre partie ?
Non : le juge est saisi par simple requête de l’une des parties, ou par requête commune (). Une seule partie peut donc agir.
Traçabilité

Chaque règle de cette page est adossée à un article en vigueur, reproduit verbatim depuis Légifrance et vérifié le 16.07.2026. Aucune donnée d’activité n’est inventée : les chiffres du cockpit proviennent des bases G-Droit et sont masqués lorsqu’ils sont absents.

Ce modèle est un document type à adapter ; il ne constitue pas une consultation juridique.

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