Procédure civile · Modèle d’acte

Requête en rectification d’erreur ou d’omission matérielle devant le tribunal judiciaire

Un nom mal orthographié, un chiffre inexact, une mention oubliée : l’erreur de plume n’oblige pas à faire appel. Le juge qui a rendu la décision peut toujours la réparer — même passée en force de chose jugée. Le modèle prêt à adapter, et la limite à connaître : on corrige la matérialité, jamais le raisonnement.

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01

Comprendre l’acte

Ce qu’il est, quand l’utiliser, comment il se déroule.
Ce qu’est cet acte
La correction d’une erreur de plume

« Les erreurs et omissions matérielles qui affectent un jugement, même passé en force de chose jugée, peuvent toujours être réparées » ().

Devant qui
Le juge qui a rendu la décision

La réparation appartient « à la juridiction qui l’a rendu ou [à] celle à laquelle il est déféré » () : aucune juridiction à rechercher.

Le délai
Toujours

Le texte est catégorique : ces erreurs « peuvent toujours être réparées », « même passé en force de chose jugée » ().

Comment il statue
Sans audience, sur requête

Le principe reste le contradictoire — « le juge statue après avoir entendu les parties ou celles-ci appelées » ; ce n’est que « lorsqu’il est saisi par requête » qu’il « statue sans audience, à moins qu’il n’estime nécessaire d’entendre les parties » ().

La portée · ce que cet acte corrige

Quelques lignes qui corrigent l’instrument sans toucher à ce qui a été jugé.

Ce qu’il corrige
Elle fait réparer l’erreur ou l’omission matérielle

La juridiction répare « selon ce que le dossier révèle ou, à défaut, ce que la raison commande » ().

Elle est recevable même après force de chose jugée

Les erreurs matérielles « peuvent toujours être réparées », « même passé en force de chose jugée » ().

La correction est portée sur la minute et les expéditions

« La décision rectificative est mentionnée sur la minute et sur les expéditions du jugement » () : le titre corrigé circule ainsi rectifié.

Ce qu’il ne rouvre pas
Le recours contre la rectification est restreint

Si la décision rectifiée était passée en force de chose jugée, « la décision rectificative ne peut être attaquée que par la voie du recours en cassation » ().

Elle ne touche pas au raisonnement du juge

Le texte ne vise que les erreurs et omissions matérielles () : ce qui a été jugé — l’appréciation, la motivation, la solution — reste intact.

À ne pas confondre avec l’omission de statuer : lorsque le juge n’a pas tranché un chef de demande, ce n’est plus une erreur matérielle, et la voie est celle de l’ — assortie, elle, d’un délai d’un an.

Ne pas confondre

≠ l’omission de statuer () : là, le juge n’a pas tranché un chef de demande, et la demande se heurte à un délai d’un an ; ≠ l’interprétation (), qui éclaire un dispositif ambigu ; ≠ l’appel, qui seul permet de contester ce qui a été jugé.

Quatre voies pour revenir devant le même juge
InterprétationRectification matérielleOmission de statuerRetranchement
Ce que le juge peut faireÉclairer le sens de sa propre décision ()Réparer une erreur ou une omission matérielle ()Compléter le jugement sur un chef de demande oublié ()Retrancher ce qui a été jugé sans avoir été demandé, ou au-delà de la demande ()
Dans quel délaiAucun délai, mais impossible si la décision est frappée d’appel ()Toujours, même passé en force de chose jugée ()Un an après le passage en force de chose jugée ()Un an — même régime que l’omission de statuer ()
Comment il statueLes parties entendues ou appelées ()Sans audience lorsqu’il est saisi par requête, sauf s’il estime nécessaire d’entendre les parties ()Les parties entendues ou appelées ()Les parties entendues ou appelées ( ; )
Ce qui reste intactLe dispositif : le texte n’ouvre que le pouvoir d’en dire le sens ()Le raisonnement : seule la matérialité est corrigée ()La chose jugée sur les autres chefs ()La chose jugée sur les autres chefs ( ; )

Aucune de ces quatre voies ne rejuge l’affaire : ce n’est pas un appel. Une erreur de jugement — et non de plume — relève des voies de recours.

La procédure, étape par étape

1

Une décision est rendue

Elle comporte une erreur ou une omission matérielle.

2

Requête au juge qui a statué

Le juge est saisi par simple requête de l’une des parties, ou par requête commune ; « il peut aussi se saisir d’office » ().

3

Le juge statue, en principe sans audience

« Lorsqu’il est saisi par requête, il statue sans audience, à moins qu’il n’estime nécessaire d’entendre les parties » ().

4

La rectification est portée sur la minute

« La décision rectificative est mentionnée sur la minute et sur les expéditions du jugement » ().

Voir les 16 actes de ce stade dans le plan
02

Vérifier

Ce que la requête doit établir, le régime, les pièges.
0/3

Ce que la requête doit établir

Cochez au fil de votre rédaction.

La décision visée est identifiée

Juridiction, date et numéro de la décision à rectifier ().

efficacité

L’erreur est matérielle

Le texte ne vise que les erreurs et omissions matérielles () : une erreur d’appréciation ne relève pas de cette voie.

recevabilité

La correction demandée est précisément formulée

Le juge répare « selon ce que le dossier révèle ou, à défaut, ce que la raison commande » () : indiquez ce qui doit être lu.

efficacité

Aucune nullité n’est attachée à cette requête. La vraie limite est de fond : l’ ne permet de réparer que la matérialité. Une demande qui tendrait à modifier l’appréciation du juge sortirait de son objet — et relèverait, le cas échéant, des voies de recours.

Ce que cette voie n’est pas

On corrige la plume, jamais la pensée

L’ vise les erreurs et omissions matérielles : un nom, une date, un chiffre, une mention oubliée. Parce qu’il ne touche pas à ce qui a été jugé, ce pouvoir est très large — la réparation est possible « toujours », « même passé en force de chose jugée ». C’est aussi ce qui en marque la limite : dès que la demande suppose de revenir sur l’appréciation du juge, elle n’est plus une rectification. Et si le juge a purement et simplement omis de trancher un chef de demande, la voie est celle de l’, enfermée dans un délai d’un an.

Vos délais

Toujours
Les erreurs matérielles peuvent toujours être réparées, même passé en force de chose jugée
Sans audience
Saisi par requête, le juge statue sans audience sauf s’il estime nécessaire d’entendre les parties
Calculer mes délais exacts

Les erreurs qui coûtent cher

Faire passer une erreur de jugement pour une erreur matérielle

L’ ne vise que la matérialité. Contester l’appréciation du juge relève des voies de recours, avec leurs délais.

Confondre omission matérielle et omission de statuer

Une mention oubliée est matérielle () ; un chef de demande non tranché est une omission de statuer, soumise au délai d’un an de l’.

Attendre une audience

Saisi par requête, le juge « statue sans audience, à moins qu’il n’estime nécessaire d’entendre les parties » ().

03

Présenter la requête

Au greffe de la juridiction qui a rendu la décision.

Avant de déposer

La décision est identifiée

Juridiction, date, numéro ().

L’erreur invoquée est matérielle

Condition de fond de l’.

La rédaction corrigée est proposée

Indiquez précisément ce qui doit être lu ().

Votre modèle avec avocat est prêt — téléchargez-le depuis le panneau « Votre dossier ».

Et ensuite

04

Questions & ressources

FAQ et liens utiles.
Peut-on corriger un jugement définitif ?
Oui, s’il s’agit d’une erreur matérielle : elles « peuvent toujours être réparées », « même passé en force de chose jugée » ().
Y a-t-il une audience ?
En principe non : « lorsqu’il est saisi par requête, il statue sans audience, à moins qu’il n’estime nécessaire d’entendre les parties » ().
Quelle différence avec l’omission de statuer ?
L’ répare une omission matérielle — une mention oubliée. Lorsque le juge a omis de statuer sur un chef de demande, c’est l’ qui s’applique, et la demande doit alors être présentée dans l’année du passage en force de chose jugée.
Le juge peut-il rectifier seul ?
Oui : outre la requête d’une partie ou la requête commune, « il peut aussi se saisir d’office » ().
Traçabilité

Chaque règle de cette page est adossée à un article en vigueur, reproduit verbatim depuis Légifrance et vérifié le 16.07.2026. Aucune donnée d’activité n’est inventée : les chiffres du cockpit proviennent des bases G-Droit et sont masqués lorsqu’ils sont absents.

Ce modèle est un document type à adapter ; il ne constitue pas une consultation juridique.

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