Compétence d'attribution du Conseil de prud'hommes
Analyse complète des règles de compétence matérielle du Conseil de prud'hommes : principes généraux, domaines d'application, exclusions et cas particuliers en droit du travail.
Règles de compétence matérielle
Le Conseil de prud'hommes constitue une juridiction d'exception dont la compétence d'attribution est strictement délimitée par la loi. Créé pour régler les différends nés à l'occasion du contrat de travail, il se caractérise par sa composition paritaire et sa spécialisation en droit social.
La détermination de sa compétence obéit à des critères précis tenant à la nature du contrat, à la qualité des parties et à l'objet du litige. Cette compétence exclusive s'accompagne d'un ensemble d'exclusions qui tracent les frontières de son domaine d'intervention.
Principe de compétence exclusive
Aux termes de l'article L. 1411-1 du Code du travail, le Conseil de prud'hommes règle par voie de conciliation les différends qui peuvent s'élever à l'occasion de tout contrat de travail soumis aux dispositions du présent code entre les employeurs, ou leurs représentants, et les salariés qu'ils emploient.
Il règle également les différends mentionnés à l'alinéa précédent lorsqu'ils surviennent entre salariés à l'occasion du travail. Le Conseil juge l'affaire lorsque la conciliation n'a pas abouti.
Domaine de compétence du Conseil de prud'hommes
| Catégorie de litige | Détails et fondements juridiques |
|---|---|
| Contrat de travail de droit privé |
|
| Contrats assimilés |
|
| Journalistes professionnels |
|
| Artistes du spectacle |
|
| VRP |
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| Contentieux connexes |
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| Litiges entre salariés |
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| Formation professionnelle |
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| Élections professionnelles |
|
| Travailleurs handicapés |
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Exclusions de la compétence prud'homale
| Catégorie exclue | Détails et juridiction compétente |
|---|---|
| Agents publics |
|
| Dirigeants sociaux |
|
| Travailleurs indépendants |
|
| Gérants minoritaires de SARL |
|
| Élus locaux et parlementaires |
|
| Marins |
|
| Stagiaires de la formation professionnelle |
|
| Litiges collectifs |
|
| Accidents du travail et maladies professionnelles |
|
| Sécurité sociale |
|
| Travailleurs détachés (cas particulier) |
|
Cas particuliers et zones grises
1. Travailleurs des plateformes numériques
Critères d'analyse :
- Existence d'un pouvoir de direction et de contrôle de la plateforme
- Pouvoir de sanction (désactivation de compte)
- Fixation unilatérale des conditions de travail
- Système de géolocalisation et d'évaluation
2. Mise à disposition de personnel
En cas de mise à disposition illicite de main-d'œuvre (prêt de main-d'œuvre lucratif, marchandage), le Conseil de prud'hommes est compétent pour statuer sur la demande de reconnaissance d'un contrat de travail avec l'entreprise utilisatrice (Soc. 23 sept. 2009, n° 08-40.981).
3. Télétravail international
Pour un salarié en télétravail permanent depuis l'étranger, la compétence du Conseil de prud'hommes français dépend de la loi applicable au contrat de travail, déterminée selon le Règlement Rome I. Le juge vérifie notamment le lieu d'accomplissement habituel du travail et le lieu d'établissement de l'employeur.
4. Bénévoles et volontaires
Règles procédurales essentielles
Ordre public de la compétence d'attribution
La compétence d'attribution du Conseil de prud'hommes est d'ordre public. Elle peut être soulevée d'office par le juge à tout moment de la procédure, y compris pour la première fois en cause d'appel (Soc. 8 juill. 2009, n° 08-40.493).
| Aspect procédural | Précisions |
|---|---|
| Exception d'incompétence | Peut être soulevée en tout état de cause par les parties ou relevée d'office par le juge Art. 92 CPC |
| Clause attributive de juridiction | Nulle et non avenue en matière prud'homale : les parties ne peuvent déroger aux règles de compétence d'attribution (Soc. 16 mars 2011, n° 09-71.692) |
| Jonction de demandes | Si plusieurs demandes relèvent de juridictions différentes, le juge incompétent doit se dessaisir au profit de la juridiction compétente |
| Renvoi pour cause de connexité | Le Conseil de prud'hommes peut ordonner le renvoi devant une autre juridiction si des litiges connexes justifient une solution commune Art. 367 CPC |
Détermination de la compétence en cas de doute
Lorsque la qualification juridique de la relation de travail est incertaine (contrat de travail ou contrat d'entreprise ?), le juge prud'homal doit d'abord statuer sur sa propre compétence en procédant à la requalification éventuelle de la relation. Cette question préjudicielle conditionne l'examen au fond du litige.
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Les textes cités
Le texte en vigueur de chaque disposition citée, tel qu’il se lit au 8 septembre 2026. 2 dispositions ont connu des rédactions antérieures : elles sont données, datées, et ce qui les sépare du texte actuel est souligné. Lorsqu’une rédaction a été reprise sous un autre numéro, ou dans un autre code, la destination est nommée.
Article 92 du code de procédure civileabrogé
Dernière rédaction, en vigueur jusqu’au 1er septembre 2017L'incompétence peut être prononcée d'office en cas de violation d'une règle de compétence d'attribution lorsque cette règle est d'ordre public ou lorsque le défendeur ne comparaît pas. Elle ne peut l'être qu'en ces cas. Devant la cour d'appel et devant la Cour de cassation, cette incompétence ne peut être relevée d'office que si l'affaire relève de la compétence d'une juridiction répressive ou administrative ou échappe à la connaissance de la juridiction française.
Cette rédaction se retrouve aujourd’hui à l’article 76 du code de procédure civile.
Article 367 du code de procédure civileen vigueur depuis le 1er janvier 1976
Le juge peut, à la demande des parties ou d'office, ordonner la jonction de plusieurs instances pendantes devant lui s'il existe entre les litiges un lien tel qu'il soit de l'intérêt d'une bonne justice de les faire instruire ou juger ensemble. Il peut également ordonner la disjonction d'une instance en plusieurs.
Article L1251-1 du code du travailen vigueur depuis le 7 août 2009
Le recours au travail temporaire a pour objet la mise à disposition temporaire d'un salarié par une entreprise de travail temporaire au bénéfice d'un client utilisateur pour l'exécution d'une mission. Chaque mission donne lieu à la conclusion : 1° D'un contrat de mise à disposition entre l'entreprise de travail temporaire et le client utilisateur, dit " entreprise utilisatrice " ; 2° D'un contrat de travail, dit " contrat de mission ", entre le salarié temporaire et son employeur, l'entreprise de travail temporaire. Lorsque l'utilisateur est une personne morale de droit public, le présent chapitre s'applique, sous réserve des dispositions prévues à la section 6.
1 rédaction antérieure — ce qui a changé est souligné
Du 1er mai 2008 au 7 août 2009Le recours au travail temporaire a pour objet la mise à disposition temporaire d'un salarié par une entreprise de travail temporaire au bénéfice d'un client utilisateur pour l'exécution d'une mission. Chaque mission donne lieu à la conclusion : 1° D'un contrat de mise à disposition entre l'entreprise de travail temporaire et le client utilisateur, dit " entreprise utilisatrice " ; 2° D'un contrat de travail, dit " contrat de mission ", entre le salarié temporaire et son employeur, l'entreprise de travail temporaire. Lorsque l'utilisateur est une personne morale de droit public, le présent chapitre s'applique, sous réserve des dispositions prévues à la section 6.
Article L1252-1 du code du travailen vigueur depuis le 1er mai 2008
Le recours au travail à temps partagé a pour objet la mise à disposition d'un salarié par une entreprise de travail à temps partagé au bénéfice d'un client utilisateur pour l'exécution d'une mission. Chaque mission donne lieu à la conclusion : 1° D'un contrat de mise à disposition entre l'entreprise de travail à temps partagé et le client utilisateur dit " entreprise utilisatrice " ; 2° D'un contrat de travail, dit " contrat de travail à temps partagé ", entre le salarié et son employeur, l'entreprise de travail à temps partagé.
Article L1411-1 du code du travailen vigueur depuis le 1er mai 2008
Le conseil de prud'hommes règle par voie de conciliation les différends qui peuvent s'élever à l'occasion de tout contrat de travail soumis aux dispositions du présent code entre les employeurs, ou leurs représentants, et les salariés qu'ils emploient. Il juge les litiges lorsque la conciliation n'a pas abouti.
Article L1411-5 du code du travailen vigueur depuis le 1er mai 2008
Le conseil de prud'hommes donne son avis sur les questions que lui pose l'autorité administrative.
Article L2314-26 du code du travailen vigueur depuis le 1er janvier 2018
L'élection a lieu au scrutin secret sous enveloppe. Elle peut également avoir lieu par vote électronique, selon les modalités fixées par un décret en Conseil d'Etat pris après avis de la Commission nationale de l'informatique et des libertés, si un accord d'entreprise ou, à défaut, l'employeur le décide. Il est procédé à des votes séparés pour les membres titulaires et les membres suppléants, dans chacune des catégories professionnelles formant des collèges distincts.
Avant le 1er janvier 2018, ce numéro portait un autre texte — sans rapport avec l’article actuel
Du 1er mai 2008 au 1er janvier 2018Les délégués du personnel sont élus pour quatre ans. Leur mandat est renouvelable. Leurs fonctions prennent fin par le décès, la démission, la rupture du contrat de travail ou la perte des conditions requises pour l'éligibilité. Ils conservent leur mandat en cas de changement de catégorie professionnelle.
Ce texte se lit aujourd’hui à l’article L2314-33 du code du travail.
Article L6222-39 du code du travailen vigueur depuis le 1er mai 2008
Dans les entreprises ressortissant des chambres consulaires, un médiateur désigné par celles-ci peut être sollicité par les parties pour résoudre les différends entre les employeurs et les apprentis ou leur famille, au sujet de l'exécution ou de la rupture du contrat d'apprentissage.
Article L7112-1 du code du travailen vigueur depuis le 1er mai 2008
Toute convention par laquelle une entreprise de presse s'assure, moyennant rémunération, le concours d'un journaliste professionnel est présumée être un contrat de travail. Cette présomption subsiste quels que soient le mode et le montant de la rémunération ainsi que la qualification donnée à la convention par les parties.
Article L7112-5 du code du travailen vigueur depuis le 1er mai 2008
Si la rupture du contrat de travail survient à l'initiative du journaliste professionnel, les dispositions des articles L. 7112-3 et L. 7112-4 sont applicables, lorsque cette rupture est motivée par l'une des circonstances suivantes : 1° Cession du journal ou du périodique ; 2° Cessation de la publication du journal ou périodique pour quelque cause que ce soit ; 3° Changement notable dans le caractère ou l'orientation du journal ou périodique si ce changement crée, pour le salarié, une situation de nature à porter atteinte à son honneur, à sa réputation ou, d'une manière générale, à ses intérêts moraux. Dans ces cas, le salarié qui rompt le contrat n'est pas tenu d'observer la durée du préavis prévue à l'article L. 7112-2.
Article L7121-3 du code du travailen vigueur depuis le 1er janvier 2023
Tout contrat par lequel une personne s'assure, moyennant rémunération, le concours d'un artiste du spectacle en vue de sa production, est présumé être un contrat de travail dès lors que cet artiste n'exerce pas l'activité qui fait l'objet de ce contrat dans des conditions impliquant son inscription au registre du commerce et des sociétés.
1 rédaction antérieure — ce qui a changé est souligné
Du 1er mai 2008 au 1er janvier 2023Tout contrat par lequel une personne s'assure, moyennant rémunération, le concours d'un artiste du spectacle en vue de sa production, est présumé être un contrat de travail dès lors que cet artiste n'exerce pas l'activité qui fait l'objet de ce contrat dans des conditions impliquant son inscription au registre du commerce. commerce et des sociétés.
Article L7313-1 du code du travailen vigueur depuis le 1er mai 2008
Toute convention dont l'objet est la représentation, conclue entre un voyageur, représentant ou placier et un employeur est, nonobstant toute stipulation expresse du contrat ou en son silence, un contrat de travail.
Décisions citées 3
Chaque décision de la Cour de cassation mentionnée sur cette page, avec son lien officiel.
- CassationCass. chambre sociale, 13 novembre 1996, n° 94-13.187consulter ↗
- CassationCass. chambre sociale, 28 novembre 2018, n° 17-20.079consulter ↗
- RejetCass. chambre sociale, 4 mars 2020, n° 19-13.316consulter ↗
Pour aller plus loin
Les ouvrages de référence sur les questions que traite cette étude.
Pour aborder la matière
- Procédure civile. 9e éd.Serge Guinchard · Dalloz
- L'essentiel de la procédure civileNatalie Fricero · Gualino
- Procédure civile: À jour notamment du décret du 27 juillet 2026 dit Magicobus IIINatalie Fricero · Gualino
Les ouvrages de référence
- Institutions juridictionnelles. 16e éd.Thierry Debard · Serge Guinchard · Dalloz
- Droit judiciaire privéLoïc Cadiet · LexisNexis
- Droit judiciaire privé (2019)Jacques Héron · LGDJ
- Droit et pratique de la procédure civile 2027/2028. 12e éd. - Droits interne et de l'Union européenne.Serge Guinchard · Dalloz
- Procédures civiles d'exécutionJean-Jacques Ansault · LGDJ
- Les modes alternatifs de règlement des conflits 4ed (Connaissance du droit)Loïc Cadiet · Dalloz
- Procédure civile. 38e éd. - Droit commun et spécial du procès civil, MARD.Cécile Chainais · Dalloz
Le code
Le vocabulaire juridique
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