Procédure commerciale · Modèle d’acte

Requête en injonction de payer devant le tribunal de commerce

Recouvrer une créance commerciale par voie non contradictoire : le créancier saisit seul le président du tribunal de commerce par requête, sans appeler le débiteur. Le modèle prêt à adapter — et le poste de pilotage pour agir : la créance éligible, le juge commercial compétent, les mentions de la requête, la signification dans les trois mois et l’opposition ouverte au débiteur.

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01

Comprendre l’acte

Ce qu’il est, quand l’utiliser, comment il se déroule.
Ce qu’est cet acte
Une procédure de recouvrement non contradictoire

L’injonction de payer permet d’obtenir le recouvrement d’une créance sans appeler le débiteur : le créancier saisit seul le juge, lorsque la créance a une cause contractuelle ou résulte d’une obligation de caractère statutaire et s’élève à un montant déterminé (). Elle vaut également pour un engagement résultant d’un effet de commerce ou d’une cession de créances ().

Devant qui
Le président du tribunal de commerce

La demande est portée, selon le cas, devant le président du tribunal de commerce, dans la limite de la compétence d’attribution de cette juridiction ; le juge territorialement compétent est celui du lieu où demeure le ou l’un des débiteurs poursuivis ().

Le débiteur
Absent à l’examen — mais peut faire opposition

Le juge statue au seul vu des documents produits, sans que le débiteur en soit préalablement informé (). Une fois l’ordonnance signifiée, le débiteur peut former opposition ().

Effet clé
Formule exécutoire — mais titre exécutoire différé

Le greffe remet au créancier une copie de l’ordonnance revêtue de la formule exécutoire () ; mais l’ordonnance ne constitue un titre exécutoire qu’à l’expiration des causes suspensives et d’un délai de deux mois suivant la signification ().

Ne pas confondre

≠ l’assignation au fond devant le tribunal de commerce, où le débiteur est cité avant que le juge statue et où le débat est contradictoire dès l’origine ; ≠ le référé-provision, qui suppose une audience contradictoire et une obligation non sérieusement contestable. Ici, le juge statue au seul vu de la requête et des pièces, sans que le débiteur soit appelé () ; celui-ci n’intervient qu’après la signification, par la voie de l’opposition ().

La procédure, étape par étape

1

Rédaction de la requête

La requête indique le montant de la somme réclamée avec le décompte des différents éléments de la créance, son fondement et le bordereau des documents justificatifs, auxquels elle est jointe () ; la créance doit être déterminée et d’origine contractuelle ou statutaire ().

2

Examen par le juge

Le juge statue au vu des seuls documents produits, sans débat contradictoire, pour apprécier si la demande lui paraît fondée en tout ou partie ().

3

Ordonnance portant injonction de payer

Si la demande lui paraît fondée, le juge rend une ordonnance portant injonction de payer pour la somme qu’il retient ().

↳ En cas de rejet, aucun recours pour le créancier ; il lui reste à procéder selon les voies de droit commun ()
4

Signification au débiteur dans les trois mois

La copie de la requête, du bordereau et de l’ordonnance revêtue de la formule exécutoire est signifiée au débiteur à l’initiative du créancier ; à défaut de signification dans les trois mois de sa date, l’ordonnance est non avenue ().

5

Opposition possible du débiteur

Le débiteur peut former opposition dans le mois qui suit la signification de l’ordonnance ().

Voir les 2 actes de ce stade dans le plan
02

Vérifier

Les mentions à peine de nullité, vos délais, les pièges.
0/8

Les mentions de la requête

Cochez au fil de votre rédaction.

Montant de la somme réclamée

L’indication précise du montant de la somme réclamée ().

Décompte des éléments de la créance

Le décompte des différents éléments de la créance ().

Fondement de la créance

L’indication du fondement de la créance ().

Bordereau des documents justificatifs

Le bordereau des documents justificatifs produits à l’appui de la requête, à laquelle ces documents sont joints ().

Indication de la juridiction

La juridiction devant laquelle la demande est portée ( 1°).

nullité

Objet de la demande

Ce que le créancier sollicite du juge ( 2°).

nullité

Identité complète du créancier

Pour une personne physique : nom, prénoms, profession, domicile, nationalité, date et lieu de naissance ; pour une personne morale : forme, dénomination, siège social et organe qui la représente légalement ( 3°).

nullité

Identité du débiteur et pièces invoquées

L’indication des nom, prénoms et domicile du débiteur (ou dénomination et siège s’il s’agit d’une personne morale) et l’indication des pièces sur lesquelles la demande est fondée ().

nullité

Deux régimes se superposent. L’ fixe le contenu propre à la requête d’injonction de payer — montant réclamé, décompte des éléments de la créance, fondement, bordereau des documents justificatifs — sans en faire des mentions « à peine de nullité ». La sanction de nullité provient des textes auxquels la requête renvoie : l’ (juridiction, objet, identité du créancier) et l’ (identité du débiteur et indication des pièces sur lesquelles la demande est fondée).

La condition de recevabilité

Une créance déterminée d’origine contractuelle ou statutaire

La procédure d’injonction de payer n’est ouverte que pour une créance ayant une cause contractuelle ou résultant d’une obligation de caractère statutaire, et s’élevant à un montant déterminé ; en matière contractuelle, la détermination est faite en vertu des stipulations du contrat, y compris, le cas échéant, la clause pénale (). Elle vaut également pour un engagement résultant de l’acceptation ou du tirage d’une lettre de change, de la souscription d’un billet à ordre, de l’endossement ou de l’aval de l’un ou l’autre de ces titres, ou de l’acceptation d’une cession de créances — engagements naturellement propres à la matière commerciale (). Devant le tribunal de commerce, la demande n’est portée devant son président que dans la limite de la compétence d’attribution de cette juridiction ().

Vos délais

1 mois
Délai d’opposition du débiteur, à compter de la signification de l’ordonnance
3 mois
Délai de signification de l’ordonnance au débiteur — à défaut, l’ordonnance est non avenue
Calculer mes délais exacts

Les erreurs qui coûtent cher

Se tromper de juridiction en matière commerciale

La demande n’est portée devant le président du tribunal de commerce que dans la limite de sa compétence d’attribution (). Une créance qui ne relève pas de la compétence commerciale doit être portée devant le juge compétent ; le juge relève d’office son incompétence ().

Laisser passer le délai de signification de trois mois

L’ordonnance portant injonction de payer est non avenue si elle n’a pas été signifiée au débiteur dans les trois mois de sa date (). Le créancier perd alors le bénéfice de l’ordonnance.

Oublier le décompte des éléments de la créance

La requête doit indiquer le montant réclamé avec le décompte des différents éléments de la créance et son fondement, et joindre le bordereau des documents justificatifs (). Une créance présentée globalement, sans décompte, fragilise la requête.

03

Situer votre affaire

Votre tribunal, un commissaire de justice, des avocats.
À renseigner

Indiquez votre commune pour situer votre affaire

Votre tribunal compétent, un commissaire de justice et des avocats du ressort s’afficheront ici dès que vous aurez saisi votre code postal.

32 284 communes couvertes · donnée conservée sur votre appareil, jamais transmise.

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Faire signifier l’ordonnance

La copie certifiée conforme de la requête, accompagnée du bordereau des documents justificatifs et de l’ordonnance revêtue de la formule exécutoire, est signifiée au débiteur à l’initiative du créancier ; à défaut de signification dans les trois mois de sa date, l’ordonnance est non avenue ().
04

Déposer

La checklist finale et votre modèle.

Avant de déposer

La créance est éligible à l’injonction de payer

Cause contractuelle ou obligation de caractère statutaire, montant déterminé ().

La créance relève de la compétence du tribunal de commerce

La demande n’est portée devant le président du tribunal de commerce que dans la limite de sa compétence d’attribution ().

Le montant réclamé est indiqué avec le décompte de ses éléments

L’ exige l’indication précise du montant réclamé, le décompte des différents éléments de la créance et son fondement.

Le bordereau des documents justificatifs est établi et les pièces sont jointes

L’ exige le bordereau des documents justificatifs, la requête étant accompagnée de ces documents.

Les mentions à peine de nullité sont vérifiées

Juridiction, objet, identité du créancier () ; identité du débiteur et indication des pièces ().

Votre modèle est prêt — téléchargez-le depuis le panneau « Votre dossier ».

Et ensuite

05

Questions & ressources

FAQ et liens utiles.
Le plan · où cet acte se situe
Ce stade — Injonction de payer
Requête en injonction de payer devant le tribunal de commercecet acte
Opposition à ordonnance d’injonction de payer (Tribunal de commerce)
Autres branches à ce niveau
Référé · 13 actes, Procédure au fond · 8 actes, Bref délai · 2 actes, Mesures conservatoires · 13 actes, Requête · 5 actes
Dans quels cas peut-on recourir à l’injonction de payer devant le tribunal de commerce ?
Lorsque la créance a une cause contractuelle ou résulte d’une obligation de caractère statutaire et s’élève à un montant déterminé (), et qu’elle relève de la compétence d’attribution du tribunal de commerce (). La procédure est également ouverte pour un engagement résultant d’un effet de commerce ou d’une cession de créances (). C’est une voie non contradictoire : le créancier saisit seul le juge, sans que le débiteur soit appelé ().
Devant quel juge et comment saisir ?
La demande est portée devant le président du tribunal de commerce, dans la limite de sa compétence d’attribution, le juge territorialement compétent étant celui du lieu où demeure le ou l’un des débiteurs poursuivis (). Elle est formée par requête, qui indique le montant réclamé, le décompte des éléments de la créance, son fondement et le bordereau des documents justificatifs ().
Que se passe-t-il après l’ordonnance ?
Le greffe remet au créancier une copie de l’ordonnance revêtue de la formule exécutoire (). Elle doit être signifiée au débiteur dans les trois mois de sa date, à défaut de quoi elle est non avenue (). Le débiteur peut alors former opposition dans le mois qui suit la signification ().
Que faire si la requête est rejetée ?
Si le juge rejette la requête, sa décision est sans recours pour le créancier, sauf à celui-ci à procéder selon les voies de droit commun (). Il en va de même si le juge ne retient la requête que pour partie : le créancier peut alors ne pas signifier l’ordonnance et agir selon les voies de droit commun ().
Traçabilité

Chaque règle de cette page est adossée à un article en vigueur, reproduit verbatim depuis Légifrance et vérifié le 16.07.2026. Aucune donnée d’activité n’est inventée : les chiffres du cockpit proviennent des bases G-Droit et sont masqués lorsqu’ils sont absents.

Ce modèle est un document type à adapter ; il ne constitue pas une consultation juridique.

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