Clausier · L’article

La clause de propriété des livrables

L’article qui règle à qui appartient ce que le prestataire crée.

Sans elle : l’auteur conserve ses droits — la commande d’un livrable n’emporte pas cession ().

4 articles en vigueur · vérifiés le 16.07.2026 · Légifrance
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Le texte de la clause

3 rédactions · curseur étendue des droits transférés

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Sommaire
01

LE TEXTE

Le produit : trois rédactions, un curseur.

Trois rédactions du même article, selon la position de votre client dans l'opération. Déplacez le curseur : le texte, ses paramètres et ses garde-fous se recomposent.

Curseur : étendue des droits transférés
Licence (côté prestataire)
Le prestataire demeure titulaire des droits de propriété intellectuelle sur les livrables et concède au client, sur les seuls livrables [LIVRABLES VISÉS], une licence d’utilisation non exclusive, pour la destination suivante : [DESTINATION], sur le territoire de [TERRITOIRE] et pour une durée de [DURÉE]. Toute utilisation excédant cette destination requiert un accord écrit distinct. La présente licence prend effet au paiement intégral du prix.
Les paramètres à compléter Les mentions [ENTRE CROCHETS] sont à compléter avant insertion.
[LIVRABLES VISÉS]
l’énumération, précise et fermée, des livrables couverts par la licence.Pratique lister limitativement — ce qui n’y figure pas n’est pas concédé.
[DESTINATION]
l’usage autorisé (diffusion interne, exploitation commerciale d’un site, support de communication…).
[TERRITOIRE]
le ou les pays où l’usage est permis.
[DURÉE]
la durée de la licence.Pratique une durée bornée protège le prestataire.
nullitéCéder en bloc des œuvres non encore créées : nul.Étendue, destination, lieu, durée : chaque droit cédé se mentionne distinctement.Sans clause, l’auteur garde ses droits : la commande ne cède rien.

Le verdict de ce cranLa rédaction la plus sûre pour le prestataire : il conserve la propriété et ne concède qu’un droit d’usage délimité. Le client obtient moins, mais la clause prête peu le flanc à la contestation.

Cession délimitée (équilibrée)
Le prestataire cède au client, à titre exclusif, les droits patrimoniaux de reproduction et de représentation sur les livrables [LIVRABLES VISÉS]. La cession est consentie pour la destination suivante : [DESTINATION], sur le territoire de [TERRITOIRE] et pour la durée de [DURÉE]. Elle prend effet au paiement intégral du prix de cession de [PRIX DE CESSION] et ne porte que sur les œuvres effectivement remises.
Les paramètres à compléter Les mentions [ENTRE CROCHETS] sont à compléter avant insertion.
[LIVRABLES VISÉS]
les livrables dont les droits sont cédés.
[DESTINATION]
les usages que le client pourra faire des livrables.Pratique couvrir tous les usages réellement voulus — la cession s’interprète étroitement.
[TERRITOIRE]
le ressort géographique de la cession.
[DURÉE]
la durée de la cession des droits.
[PRIX DE CESSION]
le prix propre à la cession des droits.Pratique distinguer, quand c’est possible, le prix de la prestation de celui de la cession.
nullitéCéder en bloc des œuvres non encore créées : nul.Étendue, destination, lieu, durée : chaque droit cédé se mentionne distinctement.Les droits d’auteur ne se transmettent que par écrit.

Le verdict de ce cranLe point d’équilibre courant : une cession bornée quant à son étendue, sa destination, le lieu et la durée, comme l’exige le formalisme légal (). Reste à vérifier que les mentions couvrent tous les usages réellement voulus.

Cession étendue (côté client)
Le prestataire cède au client, à titre exclusif et pour la durée légale de protection, l’ensemble des droits patrimoniaux — reproduction, représentation, adaptation, traduction — sur les livrables [LIVRABLES VISÉS], aux fins de [DESTINATION], pour le monde entier. Chacun des droits ainsi cédés fait l’objet de la présente mention distincte. La cession est consentie moyennant le prix de [PRIX DE CESSION]. Les œuvres non encore créées à la date des présentes ne peuvent être cédées que par avenant portant sur des œuvres identifiées.
Les paramètres à compléter Les mentions [ENTRE CROCHETS] sont à compléter avant insertion.
[LIVRABLES VISÉS]
les livrables, identifiés, dont l’ensemble des droits est cédé.
[DESTINATION]
les fins d’exploitation visées, énumérées aussi précisément que possible.
[PRIX DE CESSION]
le prix de la cession étendue des droits.
nullitéCéder en bloc des œuvres non encore créées : nul.Étendue, destination, lieu, durée : chaque droit cédé se mentionne distinctement.Les droits d’auteur ne se transmettent que par écrit.Sans clause, l’auteur garde ses droits : la commande ne cède rien.

Le verdict de ce cranUne cession large se rencontre entre professionnels — mais elle ne peut ni emporter les œuvres futures, nulle par principe (), ni faire l’économie des mentions délimitant chaque droit cédé (). Plus la cession est étendue, plus ces mentions doivent être précises.

Ce texte est un point de départ à adapter à votre opération — il ne constitue pas une consultation juridique. Faites-le relire avant insertion (voir le bloc avocat).

02

LA FONCTION

Ce que la clause traite, et le droit sans elle.

Le besoin

Régler à qui appartiennent les livrables

La clause de propriété des livrables détermine si le client acquiert les droits de propriété intellectuelle sur ce que le prestataire crée — par cession ou par simple licence — et en fixe le périmètre. À défaut, la commande ne transfère aucun droit d’auteur ().

Le droit sans votre clause

Sans clause : l’auteur conserve son droit exclusif sur les livrables et la commande ne vaut pas cession (). La clause de propriété des livrables permet de transférer, par cession ou par licence, les droits de propriété intellectuelle sur les livrables.

À défaut de clause, le prestataire reste titulaire des droits d’auteur sur les livrables qu’il crée : le client, même s’il a commandé et payé, n’obtient qu’un droit d’usage limité à la destination prévue, et non la propriété des droits (). Aucune cession ne se présume — elle doit être écrite () et délimitée ().

Deux familles de règles encadrent votre plume. Certaines Loi s'effacent devant votre stipulation : elles ne s'appliquent qu'à défaut de clause — c'est vous qui écrivez la règle. D'autres Loi🔒 s'imposent à votre stipulation : la clause ne peut y déroger, et le juge reprend la main si elle le tente. La puce 🔒 signale l'impératif, la puce ✎ le supplétif.
03

LES GARDE-FOUS

Ce que le juge en fait — impératif et supplétif.

Toute stipulation rencontre le contrôle du juge. La liberté contractuelle est le principe, mais elle a ses bornes : là où la loi est impérative, ou là où la clause vide le contrat de sa substance, le juge la révise, la répute non écrite ou l'écarte. Chaque garde-fou ci-dessous nomme sa sanction par son terme exact.

🔒 Ce à quoi la clause ne peut pas déroger

La cession globale des œuvres futures est nulle
Loi🔒nullité à tous les crans

La cession globale des œuvres futures est nulle () : une clause qui prétendrait céder par avance l’ensemble des créations à venir du prestataire tombe. Les livrables cédés doivent être des œuvres identifiables, existantes ou effectivement remises.

Chaque droit cédé doit être délimité
Loi🔒 à tous les crans

La transmission des droits de l’auteur est subordonnée à la condition que chacun des droits cédés fasse l’objet d’une mention distincte dans l’acte de cession et que le domaine d’exploitation des droits cédés soit délimité quant à son étendue, à sa destination, au lieu et à la durée (). Une cession « tous droits » non détaillée s’interprète étroitement, au bénéfice de l’auteur.

La cession des droits d’auteur doit être écrite
Loi🔒

Les contrats par lesquels sont transmis des droits d’auteur doivent être constatés par écrit (). La cession comme la licence des droits sur les livrables suppose donc un écrit : la remise du livrable ne vaut pas, à elle seule, transfert des droits.

✎ Ce que votre clause écrit ou écarte

La commande n’emporte pas cession
Loi

L’auteur d’une œuvre de l’esprit jouit, du seul fait de sa création, d’un droit de propriété incorporelle exclusif ; l’existence d’un contrat de louage d’ouvrage ou de service n’emporte pas dérogation à la jouissance de ce droit (). À défaut de clause de cession, le client qui a commandé et payé le livrable n’en acquiert pas les droits d’auteur : c’est cette règle par défaut que votre clause vient organiser.

L’étendue, le territoire, la durée et le prix relèvent de vous
Vos stipulations

Le choix entre cession et licence, l’énumération des droits transférés, l’exclusivité, le territoire, la durée et le prix de la cession relèvent de votre seule négociation, dans les bornes du formalisme légal : la loi ne fixe ni périmètre ni tarif.

Subordonner le transfert au paiement intégral
Pratique

Précaution de praticien : subordonner la prise d’effet de la cession au paiement intégral du prix, énumérer limitativement les livrables visés et détailler chaque droit cédé usage par usage, pour éviter qu’une cession trop générale ne soit réduite à ce qui a été précisément mentionné.

04

LES EMPLACEMENTS

Où l'insérer, avec quoi l'articuler.

Dans quels contrats l'insérer

Avec quelles clauses l'articuler

Pour aller plus loin

Le client devient-il propriétaire des livrables qu’il a payés ?
Pas automatiquement. La commande et le paiement ne transfèrent pas les droits d’auteur : l’auteur conserve son droit exclusif tant qu’une cession écrite n’est pas stipulée (). C’est l’objet de cette clause.
Peut-on céder d’avance tous les livrables futurs ?
Non. La cession globale des œuvres futures est nulle () : chaque livrable cédé doit être une œuvre identifiable. Les créations à venir se cèdent au fur et à mesure, par avenant.
Que doit contenir une clause de cession valable ?
Chaque droit cédé doit faire l’objet d’une mention distincte, et le domaine d’exploitation être délimité quant à son étendue, sa destination, le lieu et la durée () ; le tout constaté par écrit ().
Cession ou licence : quelle différence ?
La cession transfère la propriété des droits patrimoniaux au client ; la licence n’accorde qu’un droit d’usage, l’auteur restant titulaire. Le curseur ci-dessus fait passer de l’une à l’autre.

Faire relire la clause

L’étendue des droits cédés, le choix entre cession et licence et l’articulation avec la sous-traitance se discutent au regard de votre opération. Indiquez votre commune pour trouver des avocats du ressort ; l’annuaire G-Droit référence les avocats par barreau et par spécialité.

Annuaire G-Droit · donnée conservée sur votre appareil, jamais transmise.

Les textes cités

Ce texte est un point de départ à adapter à votre opération — il ne constitue pas une consultation juridique. Faites-le relire avant insertion (voir le bloc avocat).