Droit des assurancesÉtude juridique

Contrat d’assurance: la fausse déclaration non intentionnelle

Mis à jour le 6 novembre 202618 min de lecture

Le contrat d’assurance repose tout entier sur un acte de confiance : la déclaration du risque. Parce que l’assureur tarife un aléa qu’il ne voit pas, il s’en remet aux réponses du candidat à la garantie pour mesurer ce qu’il accepte de couvrir et à quel prix. Or l’assuré peut se tromper sans mentir — omettre par négligence, mésestimer une circonstance, ignorer de bonne foi un élément pertinent. Cette inexactitude involontaire n’encourt pas la sanction radicale de la nullité, réservée par l’article L. 113-8 du Code des assurances à la seule mauvaise foi de l’assuré. Fraus omnia corrumpit : faute de fraude, le contrat survit.

À cette déclaration de bonne foi mais imparfaite, le législateur réserve un régime autonome, sensiblement plus clément, consacré par l’article L. 113-9 du même code. Loin d’ignorer les conséquences d’une déclaration inexacte, ce texte organise un dispositif correctif et proportionné, articulé autour du moment où l’inexactitude est révélée : avant ou après la survenance du sinistre. Dans la première hypothèse, l’assureur dispose d’un droit d’option entre la résiliation du contrat et son maintien moyennant une prime majorée ; dans la seconde, il peut obtenir une réduction de l’indemnité due, selon une règle proportionnelle assise sur l’écart entre la prime perçue et celle qui aurait été exigée si le risque avait été exactement déclaré.

L’enjeu n’est donc pas punitif mais économique : il ne s’agit pas de sanctionner une faute — absente par hypothèse — mais de restaurer l’équilibre du contrat tel qu’il aurait été conclu en connaissance de cause. C’est cette logique de réajustement, et non de châtiment, qui commande l’ensemble du régime.

Définition

Fausse déclaration non intentionnelle — Inexactitude ou omission affectant la déclaration du risque par l’assuré, mais commise sans intention de tromper l’assureur (négligence, erreur, ignorance excusable). À la différence de la fausse déclaration intentionnelle, qui entraîne la nullité du contrat (art. L. 113-8 C. assur.), elle ne donne lieu qu’aux mesures correctrices proportionnées de l’article L. 113-9 : option avant sinistre, réduction proportionnelle après sinistre.

I. Hypothèse d’une découverte antérieure au sinistre : résiliation ou maintien du contrat

Lorsque l’erreur dans les déclarations de l’assuré est révélée avant la réalisation du sinistre, l’assureur dispose, en vertu de l’article L. 113-9, alinéa 2 du Code des assurances, d’un droit d’option dont la mise en œuvre est strictement encadrée. Ce texte prévoit que « si elle est constatée avant tout sinistre, l’assureur a le droit soit de maintenir le contrat, moyennant une augmentation de prime acceptée par l’assuré, soit de résilier le contrat dix jours après notification adressée à l’assuré par lettre recommandée, en restituant la portion de la prime payée pour le temps où l’assurance ne court plus. »

Ainsi, deux voies s’offrent à l’assureur : conclure un avenant modifiant la prime, sous réserve de l’accord de l’assuré, ou bien résilier le contrat de manière unilatérale, dans les formes prévues. Cette résiliation ne peut produire effet qu’à l’expiration d’un délai de dix jours suivant la notification par lettre recommandée. Elle emporte, par ailleurs, l’obligation de restituer à l’assuré la part de prime afférente à la période non couverte. L’assuré, pour sa part, ne bénéficie d’aucun droit symétrique de résiliation sur ce fondement, l’article L. 113-9 ne réservant cette faculté qu’à l’assureur.

Toutefois, une difficulté particulière surgit dans les situations dites intermédiaires, dans lesquelles le sinistre survient après la découverte de l’irrégularité par l’assureur, mais avant que celui-ci n’ait exercé son droit d’option. Ce décalage dans le temps, qui tient à l’inertie ou à la lenteur de réaction de l’assureur, soulève une interrogation : peut-il encore, après réalisation du risque, résilier le contrat ou imposer une surprime avec effet rétroactif ?

La réponse de la jurisprudence est négative. Dans un tel cas, l’assureur est considéré comme ayant perdu le bénéfice des facultés offertes par l’article L. 113-9, alinéa 2. Il ne peut plus ni résilier, ni renégocier rétroactivement les conditions contractuelles : demeurant engagé par le contrat primitif malgré l’aggravation, il reste tenu de garantir le sinistre survenu. La Cour de cassation assimile cette situation à celle d’une découverte postérieure au sinistre, neutralisant les prérogatives correctrices réservées à la phase antérieure. Seul reste alors ouvert le mécanisme de la réduction proportionnelle de l’indemnité, prévu pour les déclarations inexactes découvertes après sinistre ().

L’arrêt marquant —
Faits
Un assureur découvre, avant tout sinistre, l’aggravation du risque que l’assuré n’avait pas déclarée. Mais le sinistre se réalise avant qu’il ait exercé l’option de l’article L. 113-9 (résiliation ou surprime) et sans qu’un nouvel accord soit intervenu.
Problème
L’assureur resté inactif peut-il encore, une fois le sinistre survenu, se soustraire à sa garantie en se prévalant des prérogatives réservées à la phase antérieure au sinistre ?
Solution
Non. L’article L. 113-9 institue une option avant sinistre mais « n’organise pas la sanction de la réticence » lorsque le sinistre survient avant la rupture du contrat ou un nouvel accord : l’assureur « demeure engagé par le contrat primitif malgré l’aggravation ». Cette éventualité est assimilée à la découverte postérieure au sinistre — seule la réduction proportionnelle peut jouer.
Portée
L’inertie de l’assureur lui fait perdre le bénéfice de l’option : il ne peut modifier rétroactivement le contrat pour échapper à l’indemnisation. La protection de l’assuré et la cohérence du régime priment.

Cette solution s’explique par une exigence de cohérence et de protection de l’assuré : dès lors que le risque s’est réalisé, il ne saurait être légitime que l’assureur modifie les termes du contrat de façon rétroactive pour échapper à ses obligations indemnitaires. Le défaut de déclaration de l’aggravation relève ainsi, selon la bonne ou la mauvaise foi de l’assuré, de l’article L. 113-9 ou de la nullité de l’article L. 113-8 : le juge recherche si la circonstance nouvelle rendait inexactes ou caduques les réponses précédemment apportées aux questions posées par l’assureur (Cass. 2e civ., 22 nov. 2018, n° 17-26.355, publié au Bulletin), et si elle a aggravé le risque, non si elle a contribué au dommage ou à son ampleur (Cass. 2e civ., 18 sept. 2025, n° 23-21.201, publié au Bulletin).

II. Hypothèse d’une découverte postérieure au sinistre : réduction proportionnelle de l’indemnité

Principe de la réduction proportionnelle du taux de prime

Lorsque l’assureur ne découvre l’erreur ou l’omission affectant la déclaration du risque qu’à l’occasion d’un sinistre, il ne peut ni invoquer la nullité du contrat – faute d’intention dolosive – ni résilier rétroactivement la police. La sanction applicable est alors de nature économique : l’article L. 113-9, alinéa 3 du Code des assurances institue une réduction proportionnelle de l’indemnité, fondée sur le déséquilibre contractuel résultant de la sous-évaluation du risque.

Le texte dispose que « dans le cas où la constatation n’a lieu qu’après un sinistre, l’indemnité est réduite en proportion du taux des primes payées par rapport au taux des primes qui auraient été dues, si les risques avaient été complètement et exactement déclarés. »

Ce mécanisme correcteur, communément désigné sous l’appellation de règle proportionnelle du taux de prime, vise à restaurer l’équilibre économique du contrat en cas de déclaration imparfaite du risque. Son application repose sur une opération arithmétique limpide : l’indemnité versée par l’assureur est ajustée à due concurrence de la cotisation réellement perçue, rapportée à celle qui aurait été légitimement exigée si l’appréciation du risque avait reposé sur des données exactes.

Indemnité versée = Préjudice subi × (Prime payée ÷ Prime exigible)

Exemple

Un propriétaire déclare un logement de 80 m² alors qu’il en fait en réalité 130 m², ce qui aurait majoré la cotisation. Il a payé une prime annuelle de 400 € ; une déclaration exacte aurait conduit à une prime de 600 €. Un incendie cause un dommage de 30 000 €. La déclaration étant de bonne foi mais inexacte, l’assureur réduit l’indemnité : 30 000 × (400 ÷ 600) = 20 000 €. L’assuré supporte les 10 000 € restants, à proportion exacte de la sous-tarification — sans qu’importe que la surface ait ou non aggravé le sinistre.

Il s’agit ici de reconstituer fictivement l’économie du contrat que l’assureur aurait conclu s’il avait été correctement informé. Il ne s’agit donc pas de sanctionner la mauvaise foi de l’assuré – absente en l’espèce – mais d’assurer un réajustement ex post de la contrepartie financière.

L’application de la réduction proportionnelle est indépendante de toute incidence causale entre l’erreur déclarative et la réalisation du dommage : même si l’irrégularité a été sans influence sur le sinistre, la réduction s’applique. Cette solution découle de l’économie technique du contrat d’assurance : ce n’est pas l’événement dommageable qui fonde la garantie, mais la sincérité de l’évaluation du risque. Il suffit que l’omission ou la déclaration inexacte ait changé l’objet du risque ou en ait modifié l’opinion pour l’assureur, alors même que le risque omis ou dénaturé a été sans influence sur le sinistre (Cass. 1re civ., 3 janv. 1996, n° 93-18.789, publié au Bulletin). Dans une police couvrant plusieurs risques, la réduction ne frappe toutefois que les garanties dont la prime a été affectée par l’inexactitude (Cass. 1re civ., 8 juill. 1997, n° 95-17.069, publié au Bulletin).

Dès lors, l’assuré ne peut utilement opposer que le risque litigieux aurait été couvert aux mêmes conditions même si la déclaration avait été exacte : le seul critère est celui de la prime qui aurait été exigée en connaissance de cause.

Mise en œuvre de la réduction proportionnelle du taux de prime

Encore faut-il que l’assureur soit en mesure de démontrer le bien-fondé de sa prétention. Il lui incombe d’établir, par des éléments objectifs (grille tarifaire, simulation de tarification, clauses types…), le montant de la prime qu’il aurait appliquée en cas de déclaration conforme, et de justifier que l’indemnité versée a bien été réduite en proportion du taux des primes payées par rapport au taux qui aurait été dû si le risque avait été complètement et exactement déclaré (, publié au Bulletin). Mais le juge qui a admis la règle proportionnelle en son principe ne peut refuser de la mettre en œuvre au motif de la carence de l’assureur à produire ses tarifs ().

Jurisprudence

Il incombe à l’assureur, qui a fait application de la réduction proportionnelle prévue par l’article L. 113-9 du Code des assurances, de justifier que l’indemnité qu’il a versée a été réduite en proportion du taux des primes payées par rapport au taux qui aurait été dû si le risque avait été complètement et exactement déclaré.

Les juges du fond conservent ici un pouvoir souverain pour déterminer le taux de prime « normal », en l’absence d’accord entre les parties. Ils ne peuvent toutefois retenir une réduction forfaitaire en substitution de la règle mathématique prévue par la loi, sous peine de censure : l’indemnité doit être réduite en proportion du taux de la prime payée par rapport à celui de la prime qui aurait été due (). La réduction proportionnelle cède toutefois devant l’article L. 113-10 : lorsque la police prévoit l’indemnité de ce texte pour les erreurs ou omissions dans les déclarations servant de base à la prime, l’article L. 113-9 est exclu, quand bien même il serait également visé (Cass. 2e civ., 26 nov. 2020, n° 18-10.190, publié au Bulletin) ; le juge recherche, s’il y est invité, si la police ne reprend pas ce mécanisme en substance, sans être tenu de le faire d’office (Cass. 3e civ., 11 mai 2022, n° 21-15.420, publié au Bulletin). Et lorsqu’une assurance de responsabilité professionnelle d’architecte ne relevant pas de l’assurance obligatoire fait de la déclaration de chaque chantier une condition de la garantie, le chantier non déclaré n’est pas assuré, sans qu’il y ait lieu à réduction, et la clause est opposable à la victime (Cass. 3e civ., 1er oct. 2020, n° 19-18.165, publié au Bulletin).

Opposabilité de la réduction proportionnelle du taux de prime

Sauf exception prévue par la loi ou stipulation contraire du contrat, la réduction proportionnelle de l’indemnité est opposable par l’assureur à la victime dans les assurances de responsabilité (). Cette solution repose sur l’idée que le droit de la victime contre l’assureur « puise sa source et trouve sa mesure dans le contrat d’assurance » : les droits du tiers s’adossent à ceux de l’assuré et ne sauraient excéder ce que l’assureur s’était engagé à couvrir. Il en va ainsi en matière de travaux du bâtiment (). En assurance automobile obligatoire, en revanche, l’article R. 211-13, 3°, du même code rend la réduction inopposable aux victimes et à leurs ayants droit, l’assureur conservant contre son assuré une action en remboursement.

Des exceptions textuelles existent cependant, en particulier en matière d’assurance automobile obligatoire, où l’article R. 211-13, 3° du Code des assurances interdit expressément l’opposabilité de la réduction proportionnelle à la victime, tout en ouvrant à l’assureur une action en remboursement contre le responsable (C. assur., art. R. 211-13, dernier al.). Depuis le décret n° 2023-1225 du 21 décembre 2023, en vigueur le 23 décembre 2023, la suspension régulière de la garantie pour non-paiement de prime ne figure plus parmi les déchéances que l’assureur peut opposer aux victimes ; pour la période antérieure, la Cour de cassation lit l’ancien texte à la lumière de la directive 2009/103/CE et juge inopposable aux personnes lésées la clause qui subordonne la prise d’effet du contrat au paiement de la première cotisation (Cass. 2e civ., 2 avr. 2026, n° 24-12.250, publié au Bulletin).

Régime procédural de la demande en réduction proportionnelle

Le juge n’est pas tenu d’opérer d’office la réduction proportionnelle que l’assureur ne lui a pas demandée, même à titre subsidiaire (). L’office du juge est en effet limité par l’article 4 du Code de procédure civile aux prétentions des parties. En revanche, elle est recevable en cause d’appel sur le fondement de l’article 564, dès lors qu’elle tend seulement à limiter le montant de l’indemnité réclamée ().

Le cas particulier de l’Alsace-Moselle

Le régime dérogatoire applicable en Alsace-Moselle en matière de réduction proportionnelle d’indemnité a été censuré par le Conseil constitutionnel, rétablissant ainsi l’unité du droit des assurances sur le territoire national. Jusqu’en 2014, l’article L. 191-4 du Code des assurances prévoyait que, dans les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle, il n’y avait lieu ni à résiliation ni à réduction proportionnelle si le risque omis ou dénaturé était connu de l’assureur, s’il ne modifiait pas l’étendue de ses obligations ou s’il était demeuré sans incidence sur la réalisation du sinistre. Ce régime dérogatoire interdisait l’application de toute sanction, même en présence d’une déclaration erronée ayant altéré l’évaluation du risque par l’assureur, dès lors que cette inexactitude était restée sans incidence sur le sinistre ou sur l’étendue de la garantie.

À l’occasion d’un litige opposant un assureur à des héritiers d’un souscripteur décédé, relatif à la déclaration erronée de la superficie d’un bien immobilier, la Cour de cassation a été saisie d’une question prioritaire de constitutionnalité (). Il était demandé si l’article L. 191-4, dans la mesure où il interdisait la réduction proportionnelle dans certains départements sans considération de l’équilibre économique du contrat, ne portait pas atteinte au principe d’égalité devant la loi tel que garanti par l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

Le Conseil constitutionnel, par décision du 26 septembre 2014, a fait droit à cette analyse (Cons. const. 26 sept. 2014, n° 2014-414 QPC). Il a jugé que la disposition contestée, issue de la loi du 6 mai 1991, aggravait une différence de traitement injustifiée entre assurés selon leur lieu de résidence. La règle spéciale n’était ni fondée sur une différence de situation pertinente, ni justifiée par un motif d’intérêt général en rapport direct avec l’objet de la loi. Elle a donc été déclarée contraire à la Constitution, au visa du principe d’égalité.

L’abrogation de l’article L. 191-4, prononcée avec effet immédiat pour toutes les affaires non jugées définitivement, a ainsi mis un terme à un régime local dérogatoire en matière de déclaration du risque, en réaffirmant la pleine applicabilité de l’article L. 113-9 du Code des assurances, y compris en Alsace-Moselle. Cette censure marque un retour à l’unité du droit des assurances, fondée sur une conception objective et économique du contrat, indépendante de toute considération géographique ou territoriale.

Les textes cités 8 articles

Le texte en vigueur de chaque disposition citée, tel qu’il se lit au 27 octobre 2026. 4 dispositions ont connu des rédactions antérieures : elles sont données, datées, et ce qui les sépare du texte actuel est souligné. Lorsqu’une rédaction a été reprise sous un autre numéro, ou dans un autre code, la destination est nommée.

Article 4 du code de procédure civileen vigueur depuis le 1er janvier 1976

L'objet du litige est déterminé par les prétentions respectives des parties.

Ces prétentions sont fixées par l'acte introductif d'instance et par les conclusions en défense. Toutefois l'objet du litige peut être modifié par des demandes incidentes lorsque celles-ci se rattachent aux prétentions originaires par un lien suffisant.

Article 6 du code de procédure civileen vigueur depuis le 1er janvier 1976

A l'appui de leurs prétentions, les parties ont la charge d'alléguer les faits propres à les fonder.

Article 564 du code de procédure civileen vigueur depuis le 1er janvier 2011

A peine d'irrecevabilité relevée d'office, les parties ne peuvent soumettre à la cour de nouvelles prétentions si ce n'est pour opposer compensation, faire écarter les prétentions adverses ou faire juger les questions nées de l'intervention d'un tiers, ou de la survenance ou de la révélation d'un fait.

1 rédaction antérieure — ce qui a changé est souligné

Du 14 mai 1981 au 1er janvier 2011

Les A peine d'irrecevabilité relevée d'office, les parties ne peuvent soumettre à la cour de nouvelles prétentions si ce n'est pour opposer compensation, faire écarter les prétentions adverses ou faire juger les questions nées de l'intervention d'un tiers, ou de la survenance ou de la révélation d'un fait.

Article L113-8 du code des assurancesen vigueur depuis le 8 janvier 1981

Indépendamment des causes ordinaires de nullité, et sous réserve des dispositions de l'article L. 132-26, le contrat d'assurance est nul en cas de réticence ou de fausse déclaration intentionnelle de la part de l'assuré, quand cette réticence ou cette fausse déclaration change l'objet du risque ou en diminue l'opinion pour l'assureur, alors même que le risque omis ou dénaturé par l'assuré a été sans influence sur le sinistre.

Les primes payées demeurent alors acquises à l'assureur, qui a droit au paiement de toutes les primes échues à titre de dommages et intérêts.

Les dispositions du second alinéa du présent article ne sont pas applicables aux assurances sur la vie.

1 rédaction antérieure — ce qui a changé est souligné

Du 21 juillet 1976 au 8 janvier 1981

Indépendamment des causes ordinaires de nullité, et sous réserve des dispositions de l'article L. 132-26, le contrat d'assurance est nul en cas de réticence ou de fausse déclaration intentionnelle de la part de l'assuré l'assuré, quand cette réticence ou cette fausse déclaration change l'objet du risque ou en diminue l'opinion pour l'assureur, alors même que le risque omis ou dénaturé par l'assuré a été sans influence sur le sinistre.

Les primes payées demeurent alors acquises à l'assureur, qui a droit au paiement de toutes les primes échues à titre de dommages et intérêts. Les dispositions du second alinéa du présent article ne sont pas applicables aux assurances sur la vie.

Article L113-9 du code des assurancesen vigueur depuis le 21 juillet 1976

L'omission ou la déclaration inexacte de la part de l'assuré dont la mauvaise foi n'est pas établie n'entraîne pas la nullité de l'assurance.

Si elle est constatée avant tout sinistre, l'assureur a le droit soit de maintenir le contrat, moyennant une augmentation de prime acceptée par l'assuré, soit de résilier le contrat dix jours après notification adressée à l'assuré par lettre recommandée, en restituant la portion de la prime payée pour le temps où l'assurance ne court plus.

Dans le cas où la constatation n'a lieu qu'après un sinistre, l'indemnité est réduite en proportion du taux des primes payées par rapport au taux des primes qui auraient été dues, si les risques avaient été complètement et exactement déclarés.

Article L113-10 du code des assurancesen vigueur depuis le 21 juillet 1976

Dans les assurances où la prime est décomptée soit en raison des salaires, soit d'après le nombre des personnes ou des choses faisant l'objet du contrat, il peut être stipulé que, pour toute erreur ou omission dans les déclarations servant de base à la fixation de la prime l'assuré doit payer, outre le montant de la prime, une indemnité qui ne peut en aucun cas excéder 50 % de la prime omise.

Il peut être également stipulé que lorsque les erreurs ou omissions ont, par leur nature, leur importance ou leur répétition, un caractère frauduleux, l'assureur est en droit de répéter les sinistres payés, et ce indépendamment du paiement de l'indemnité ci-dessus prévue.

Article L191-4 du code des assurancesabrogé

Dernière rédaction, en vigueur jusqu’au 28 septembre 2014

Il n'y a pas lieu à résiliation ni à réduction par application de l'article L. 113-9 si le risque omis ou dénaturé était connu de l'assureur ou s'il ne modifie pas l'étendue de ses obligations ou s'il est demeuré sans incidence sur la réalisation du sinistre.

Le miroir des codes ne permet pas d’établir où cette rédaction est reprise.

1 rédaction antérieure — ce qui a changé est souligné

Du 7 mai 1991 au 16 décembre 2005

Il n'y a pas lieu à résiliation ni à réduction par application de l'article L. 113-9 si le risque omis ou dénaturé était connu de l'assureur ou s'il ne modifie pas l'étendue de ses obligations ou s'il est demeuré sans incidence sur la réalisation du sinistre.

Article R211-13 du code des assurancesen vigueur depuis le 23 décembre 2023

Ne sont pas opposables aux victimes ou à leurs ayants droit :

1° La franchise prévue à l'article L. 121-1 ;

2° Les déchéances ;

3° La réduction de l'indemnité applicable conformément à l'article L. 113-9 ;

4° Les exclusions de garanties prévues aux articles R. 211-10 et R. 211-11.

Dans les cas susmentionnés, l'assureur procède au paiement de l'indemnité pour le compte du responsable.

Il peut exercer contre ce dernier une action en remboursement pour toutes les sommes qu'il a ainsi payées ou mises en réserve à sa place.

2 rédactions antérieures — ce qui a changé est souligné

Du 28 mars 1993 au 23 décembre 2023

Ne sont pas opposables aux victimes ou à leurs ayants droit :

1° La franchise prévue à l'article L. 121-1 ;

2° Les déchéances, à l'exception de la suspension régulière de la garantie pour non-paiement de prime déchéances ;

3° La réduction de l'indemnité applicable conformément à l'article L. 113-9 ;

4° Les exclusions de garanties prévues aux articles R. 211-10 et R. 211-11.

Dans les cas susmentionnés, l'assureur procède au paiement de l'indemnité pour le compte du responsable.

Il peut exercer contre ce dernier une action en remboursement pour toutes les sommes qu'il a ainsi payées ou mises en réserve à sa place.

Du 8 janvier 1986 au 28 mars 1993

Ne sont pas opposables aux victimes ou à leurs ayants droit :

1° La limitation de garantie franchise prévue à l'article R. 211-9 et à l'article R. 212-7, sauf dans le cas où le sinistre n'ayant causé que des dégâts matériels, le montant de ceux-ci n'excède pas la somme fixée par arrêté du ministre de l'économie et des finances L. 121-1 ;

2° Les déchéances, à l'exception de la suspension régulière de la garantie pour non-paiement de prime déchéances ;

3° La réduction de l'indemnité applicable conformément à l'article L. 113-9. 113-9 ;

4° Les exclusions de garanties prévues aux articles R. 211-10 et R. 211-11.

Dans les cas susmentionnés, l'assureur procède au paiement de l'indemnité pour le compte du responsable.

Il peut exercer contre ce dernier une action en remboursement pour toutes les sommes qu'il a ainsi payées ou mises en réserve à sa place.

Jurisprudence citée 8 décisions

5 cassations2 rejets4 au Bulletin1977 → 2017
1977CassationCass. 1re civ., 15 févr. 1977, n° 75-14.244Bulletincité 1×
formation1re chambre civile
date15 février 1977
attaquéeCour d'appel Riom (Chambre 1 ) 1975-07-01, 1er juill. 1975
Le droit de la victime contre l'assureur puise sa source et trouve sa mesure dans le contrat d'assurance. La réduction de l'indemnité résultant de l'application de l'article 22 de la loi du 13 juillet 1930 devenu l'article L 113-9 du code des assurances, est, sauf exception prévue par la loi ou stipulation contraire du contrat d'assurance, opposable par l'assureur à la victime.
Sommaire publié par la Cour, base Judilibre — texte non retouché
courdecassation.fr ↗dans le texte : ↑1
1990RejetCass. 1re civ., 16 oct. 1990, n° 88-20.481cité 1×
formation1re chambre civile
date16 octobre 1990
attaquéeCour d'appel de Montpellier 1988-10-17, 17 oct. 1988
Sur le premier moyen, pris en ses trois branches : Attendu, selon les énonciations des juges du fond, qu'à la suite d'un accident de la circulation dont il a été victime, M. A... a assigné en réparation du préjudice subi MM. Z... et X..., respectivement conducteur et propriétaire du véhicule automobile, et la compagnie L'Helvétia, auprès de laquelle M. X... avait assuré ledit véhicule ; que cet assureur a invoqué la nullité du contrat d'assurance, fondée sur la fausse déclaration intentionnelle de M. X... qui avait indiqué, lors de la souscription de ce contrat, être garagiste et avait, en cette qualité, bénéficié d'un tarif préférentiel de prime d'assurance ; que l'arrêt confirmatif attaqué…
Extrait des motifs — la Cour n'a pas publié de sommaire pour cet arrêt
courdecassation.fr ↗dans le texte : ↑1
2000CassationCass. 1re civ., 6 juin 2000, n° 97-19.241Bulletincité 2×
formation1re chambre civile
date6 juin 2000
attaquéeCour d'appel de Riom, 1996-10-24, 24 oct. 1996
Il incombe à l'assureur, qui a fait application de la réduction proportionnelle prévue par l'article L. 113-9 du Code des assurances, de justifier que l'indemnité qu'il a versée a été réduite en proportion du taux des primes payées par rapport au taux qui aurait été dû si le risque avait été complètement et exactement déclaré.
Sommaire publié par la Cour, base Judilibre — texte non retouché
courdecassation.fr ↗dans le texte : ↑1 ↑2
2008CassationCass. 2e civ., 17 avr. 2008, n° 07-13.053cité 2×
formation2e chambre civile
date17 avril 2008
attaquéeCour d'appel de Rennes, 21 déc. 2006
Sur le premier moyen du pourvoi incident : Attendu que M. et Mme X... font grief à l'arrêt d'appliquer une réduction proportionnelle au taux de 100 % de la garantie applicable à ce chantier non déclaré à l'assureur, alors, selon le moyen, que l'assureur qui prend la direction d'un procès intenté à l'assuré est censé aussi renoncer à toutes les exceptions dont il avait connaissance lorsqu'il a pris la direction du procès, exception faite de celles relatives au montant des garanties ; qu'en décidant pourtant que l'assureur, bien qu'ayant pris la direction du procès, n'avait pas à renoncé faire application de la réduction proportionnelle, motif pris de ce que cette réduction concernait le monta…
Extrait des motifs — la Cour n'a pas publié de sommaire pour cet arrêt
courdecassation.fr ↗dans le texte : ↑1 ↑2
2012CassationCass. 2e civ., 9 févr. 2012, n° 11-13.245cité 1×
formation2e chambre civile
date9 février 2012
attaquéeCour d'appel de Douai, 16 déc. 2010
Sur le premier moyen, pris en sa seconde branche : Vu l'article 564 du code de procédure civile, dans sa rédaction alors applicable ; Attendu, selon ce texte, que les parties ne peuvent soumettre à la cour d'appel de nouvelles prétentions si ce n'est pour opposer compensation, faire écarter les prétentions adverses ou faire juger les questions nées de l'intervention d'un tiers, ou de la survenance ou de la révélation d'un fait ; Attendu que pour déclarer irrecevable la demande en réduction proportionnelle de l'indemnité d'assurance formée par l'assureur, sur le fondement de l'article L. 113-9 du code des assurances, l'arrêt énonce que, jusqu'alors, pour s'opposer à l'action en paiement, la s…
Extrait des motifs — la Cour n'a pas publié de sommaire pour cet arrêt
courdecassation.fr ↗dans le texte : ↑1
2013CassationCass. 2e civ., 12 sept. 2013, n° 12-26.245cité 1×
formation2e chambre civile
date12 septembre 2013
attaquéeCour d'appel d'Angers, 19 juin 2012
Attendu que le premier moyen dirigé contre l'arrêt du 13 septembre 2011 n'est pas de nature à permettre l'admission du pourvoi ; Mais, sur le second moyen, pris en sa troisième branche : Vu l'article L. 113-9 du code des assurances ; Attendu que pour débouter l'assureur de sa demande tendant à la réduction proportionnelle de l'indemnité, l'arrêt du 19 juin 2012 énonce que l'assureur ne communique pas le montant des primes d'assurance qu'elle sollicite pour les locaux abritant des activités nocturnes de discothèque ou bar dansant et établissements assimilés ainsi qu'aux locaux vacants ; qu'il apparaît impossible que cet assureur n'accepte pas de couvrir les risques de tels établissements au p…
Extrait des motifs — la Cour n'a pas publié de sommaire pour cet arrêt
courdecassation.fr ↗dans le texte : ↑1
2014QPCCass. 2e civ., 26 juin 2014, n° 13-27.943Bulletincité 1×
formation2e chambre civile
date26 juin 2014
attaquéeCour d'appel de Colmar, 5 juill. 2013
Attendu que, le 12 mai 2007, l'immeuble d'habitation appartenant à René X..., sis à Brunstatt, a été endommagé lors d'un incendie ; que le rapport d'expertise amiable a établi que la surface développée de celui-ci était de 105 mètres carrés, alors qu'il n'avait été déclaré qu'une superficie de 50 mètres carrés lors de la souscription de la police d'assurance auprès de la société Assurances du Crédit mutuel IARD ACM (l'assureur) ; que l'assureur ayant décidé de faire application de la règle de réduction proportionnelle de l'indemnité prévue à l'article L. 113-9 du code des assurances, René X... l'a assigné en paiement ; que René X... étant décédé, l'instance a été reprise par ses ayants droit…
Extrait des motifs — la Cour n'a pas publié de sommaire pour cet arrêt
courdecassation.fr ↗dans le texte : ↑1
2017RejetCass. 2e civ., 2 mars 2017, n° 15-27.831Bulletincité 2×
formation2e chambre civile, formation restreinte
date2 mars 2017
Si l'article L. 113-9 du code des assurances institue au profit de l'assureur qui découvre avant sinistre l'aggravation non déclarée du risque, une option entre la résiliation et la proposition à l'assuré d'une prime majorée, il n'organise pas la sanction de la réticence lorsque le sinistre survient avant la rupture du contrat ou l'intervention d'un nouvel accord, alors que l'assureur demeure engagé par le contrat primitif malgré l'aggravation ; que cette éventualité doit être assimilée au cas de constatation après sinistre, dès lors que dans ces deux hypothèses, ni la résiliation, ni un nouvel accord ne peuvent intervenir avant la survenance du sinistre
Sommaire publié par la Cour, base Judilibre — texte non retouché
courdecassation.fr ↗dans le texte : ↑1 ↑2
Décisions de la Cour de cassation, rattachées par le numéro de pourvoi, la date et la chambre.

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