Droit des biensÉtude juridique

Gestion de l’indivision: la délivrance d’une autorisation judiciaire à vendre un bien indivis

Mis à jour le 8 septembre 202626 min de lecture906 lectures

Parmi les ressorts qui gouvernent le régime de la gestion de l’indivision, l’autorisation judiciaire de vendre un bien indivis occupe une place singulière : elle touche non plus à la simple administration de la masse commune, mais à sa disposition même, là où la règle de l’unanimité devrait en principe paralyser toute aliénation décidée à l’encontre d’un coindivisaire. En permettant au juge de passer outre l’opposition d’une minorité lorsque l’intérêt commun le commande, le législateur a aménagé une exception soigneusement encadrée, dont l’étude éclaire l’équilibre délicat que l’indivision ménage entre la liberté de chacun et la conservation de tous.

La loi prévoit que le juge peut intervenir, par la délivrance d’habilitations ou d’autorisations, dans trois situations bien distinctes, chacune répondant à des nécessités spécifiques et visant à garantir la sauvegarde des intérêts indivis.

Indivision. L’indivision désigne la situation juridique dans laquelle plusieurs personnes — les indivisaires — exercent concurremment des droits de même nature sur un même bien ou une même masse de biens, sans que leurs parts soient matériellement divisées. Chacun est titulaire d’une quote-part abstraite (un demi, un tiers, etc.) portant sur l’ensemble, et non sur une fraction physiquement identifiée. Cette concurrence de droits explique la règle cardinale de la matière : nul ne peut, en principe, disposer seul du bien indivis, l’aliénation supposant le concours de tous.

D’une part, il peut habiliter un indivisaire à représenter un coindivisaire lorsqu’il est hors d’état de manifester sa volonté, qu’il s’agisse d’une incapacité juridique, physique ou d’une absence matérielle, entravant ainsi la prise de décisions collectives.

D’autre part, le juge peut autoriser un indivisaire à accomplir seul un acte nécessitant, en principe, l’unanimité, lorsque le refus d’un ou plusieurs coindivisaires met en péril l’intérêt commun, et compromet ainsi la gestion harmonieuse de l’indivision.

Enfin, il peut autoriser la vente d’un bien indivis, sous réserve que les conditions légales soient réunies, notamment lorsque cette cession apparaît nécessaire à la valorisation ou à la préservation du patrimoine commun.

Ces mécanismes, loin d’être anodins, permettent de surmonter les blocages potentiels et de préserver l’intégrité des biens et des droits en indivision.

Pour saisir la portée de l’autorisation judiciaire de vendre, il convient au préalable de rappeler l’architecture des pouvoirs au sein de l’indivision, laquelle obéit à une gradation strictement proportionnée à la gravité de l’acte envisagé. Les actes conservatoires, destinés à soustraire le bien à un péril imminent ou à le maintenir en l’état, peuvent être accomplis par chaque indivisaire isolément, y compris en l’absence de toute urgence — l’article 815-2 du Code civil consacrant cette faculté individuelle. Les actes d’administration, qui relèvent de la gestion courante du bien, requièrent en revanche le consentement des indivisaires titulaires d’au moins deux tiers des droits indivis, conformément à l’article 815-3, 1°. Les actes de disposition enfin — au premier rang desquels figure la vente — demeurent soumis, par principe, à la règle de l’unanimité, l’aliénation d’un bien touchant à la substance même des droits de chacun.

La Cour de cassation veille avec rigueur au respect de cette hiérarchie, dont elle a récemment rappelé les contours en cantonnant la faculté d’agir seul aux seules mesures de conservation et en subordonnant les actes d’administration à la majorité qualifiée des deux tiers.

Cass. 1re civ., 14 janv. 2026, n° 23-21.120
Faits
Un indivisaire avait accompli seul, sans le concours des autres titulaires de droits indivis, des actes excédant la simple conservation du bien, ce que ses coindivisaires contestaient.
Problème
Jusqu’où s’étend le pouvoir qu’un indivisaire peut exercer isolément, et à partir de quel seuil le concours des autres devient-il indispensable ?
Solution
Tout indivisaire peut prendre seul les mesures nécessaires à la conservation des biens indivis, et ce même en l’absence d’urgence (art. 815-2) ; en revanche, les actes d’administration relatifs aux biens indivis requièrent le consentement des indivisaires détenant au moins deux tiers des droits indivis (art. 815-3, 1°).
Portée
La décision réaffirme la gradation des pouvoirs dans l’indivision et la fonction structurante du seuil des deux tiers, lequel irrigue également — pour les actes de disposition — le dispositif dérogatoire de l’article 815-5-1.

Nous nous focaliserons ici sur la délivrance d’une autorisation judiciaire à vendre un bien indivis.

L’article 815-5-1 établit une faculté nouvelle pour les indivisaires détenant au moins deux tiers des droits indivis.

Ces derniers peuvent, en cas de blocage, solliciter une autorisation judiciaire pour aliéner un bien indivis, sans qu’il soit nécessaire de démontrer un péril menaçant l’intérêt commun, comme l’exige l’article 815-5.

Article 815-5 et article 815-5-1 : deux logiques distinctes. L’article 815-5 permet à un indivisaire d’être autorisé par justice à passer seul un acte pour lequel le consentement d’un coindivisaire serait nécessaire, à la condition que le refus de ce dernier mette en péril l’intérêt commun — la mesure y est protectrice et subordonnée à la démonstration d’un danger. L’article 815-5-1, à l’inverse, ne suppose aucun péril : il confère à la majorité des deux tiers le pouvoir d’imposer l’aliénation aux minoritaires, dans une logique non plus de sauvegarde mais de gouvernance majoritaire. La frontière entre ces deux textes commande tout le contentieux de l’autorisation de vendre.

L’objectif affiché de cette disposition est double : lever les blocages tout en respectant les droits des indivisaires minoritaires par l’intermédiaire d’un contrôle judiciaire rigoureux.

Ainsi, l’intervention du tribunal judiciaire n’a pas pour vocation de préserver l’intégrité du bien indivis dans l’intérêt de tous, mais de donner effet à la volonté de la majorité qualifiée, en permettant une gestion plus souple et rationnelle des situations conflictuelles.

I) Les conditions d’application

A) Conditions négatives

L’autorisation judiciaire prévue à l’article 815-5-1 du Code civil est strictement encadrée par deux conditions négatives, qui visent à protéger des situations spécifiques où les droits ou intérêts de certains indivisaires pourraient être compromis.

Ces restrictions traduisent une volonté d’équilibre entre l’efficacité de la gestion des biens indivis et la sauvegarde des droits des parties les plus vulnérables. Elles doivent être interprétées strictement : parce qu’elles dérogent au pouvoir reconnu à la majorité, elles ne sauraient être étendues au-delà des hypothèses limitativement énumérées par le texte, et le juge ne peut davantage les restreindre en ajoutant à la loi des conditions qu’elle ne prévoit pas.

  • L’exclusion en cas de démembrement de propriété
    • Le texte exclut toute application de l’article 815-5-1 lorsqu’un bien indivis est grevé d’un démembrement de propriété, tel que l’usufruit ou la nue-propriété.
    • Cette interdiction repose sur une préoccupation fondamentale : préserver les droits de l’usufruitier, dont la jouissance effective du bien pourrait être mise en péril par une vente imposée.
    • En effet, dans le cadre d’un démembrement, la propriété se scinde en droits distincts et complémentaires — l’usufruit et la nue-propriété —, dont les titulaires ne partagent pas les mêmes intérêts ni obligations.
    • L’aliénation forcée de la pleine propriété, bien qu’initiée par les nus-propriétaires majoritaires, risquerait d’emporter des conséquences disproportionnées pour l’usufruitier.
    • Celui-ci, souvent désigné en raison de sa situation personnelle (par exemple, un conjoint survivant jouissant du logement familial), se verrait contraint de renoncer à un droit essentiel, sa jouissance, sans possibilité de s’y opposer pleinement.
    • Ainsi, cette restriction constitue un garde-fou pour éviter que les équilibres inhérents au démembrement ne soient rompus au détriment des parties les plus exposées.
    • Il importe, à cet égard, de bien distinguer l’indivision du démembrement : la première suppose des droits de même nature exercés concurremment sur le bien, tandis que le second juxtapose des droits de nature différente — usus et fructus d’un côté, abusus de l’autre. C’est précisément cette hétérogénéité des droits qui justifie l’éviction du mécanisme majoritaire, lequel n’a de sens qu’entre titulaires de prérogatives homogènes.
  • L’exclusion en présence d’un indivisaire protégé ou éloigné
    • La seconde limitation, tout aussi significative, interdit le recours à l’article 815-5-1 lorsque l’un des indivisaires se trouve dans l’une des situations énoncées à l’article 836 du Code civil :
      • Présomption d’absence,
      • Impossibilité de manifester sa volonté en raison d’un éloignement,
      • Placement sous un régime de protection juridique.
    • Cette disposition vise à garantir que les indivisaires les plus vulnérables, incapables d’exprimer leur consentement ou de défendre leurs intérêts, ne soient pas lésés par une décision prise en leur absence.
    • Le législateur a ainsi voulu prévenir le risque d’abus ou d’iniquité, notamment dans des contextes où les autres indivisaires pourraient exploiter une telle situation pour imposer une aliénation.
    • Cependant, cette condition négative, si elle protège les droits des indivisaires concernés, peut également engendrer des blocages prolongés.
    • Par exemple, la vente d’un bien indivis pourrait être retardée pendant plusieurs années en cas de présomption d’absence, au détriment de l’intérêt collectif.
    • De même, un indivisaire sous protection juridique pourrait, malgré la présence d’un curateur ou d’un tuteur, faire obstacle à une aliénation pourtant bénéfique à tous.
Présomption d’absence et déclaration d’absence. L’absence, régie par les articles 112 à 132 du Code civil, désigne la situation dans laquelle une personne a cessé de paraître au lieu de son domicile sans que l’on sache si elle est morte ou encore en vie — elle se distingue de la disparition, où le décès est tenu pour quasi certain en raison des circonstances de mort. Le dispositif articule deux périodes successives : la présomption d’absence, qui fait primer la vie sur la mort et n’emporte qu’une mise en place d’une représentation des intérêts de l’absent ; puis la déclaration d’absence, qui fait basculer la présomption en sens inverse — la mort l’emportant alors sur la vie — et produit les effets d’un décès, organisant la liquidation des intérêts de l’absent. C’est la première de ces périodes, la simple présomption d’absence, que vise l’article 836 pour neutraliser le mécanisme majoritaire : tant que subsiste l’incertitude sur le sort de l’indivisaire, son consentement ne saurait être présumé ni surmonté par la volonté des autres.

B) Conditions positives

Pour que l’autorisation judiciaire prévue à l’article 815-5-1 du Code civil puisse être délivrée, deux conditions positives doivent être simultanément réunies. Ces critères, à la fois pragmatiques et protecteurs, visent à concilier la volonté des indivisaires majoritaires avec le respect des droits des minoritaires.

  • Majorité des deux tiers des droits indivis : la prééminence de la majorité économique
    • La première condition impose que la demande d’autorisation émane d’un ou plusieurs indivisaires détenant au moins deux tiers des droits indivis.
    • Ce seuil, établi sur la proportion des droits et non sur le nombre d’indivisaires, consacre la prédominance de la majorité économique.
    • Ainsi, un indivisaire unique possédant plus des deux tiers des droits peut, à lui seul, initier la procédure, même si les autres indivisaires sont numériquement supérieurs.
    • Cette règle, inspirée des mécanismes propres aux entités dotées de personnalité morale, introduit une forme de gouvernance majoritaire dans le cadre de l’indivision.
    • Elle vise à limiter les blocages, en permettant aux indivisaires majoritaires de surmonter l’opposition d’une minorité.
    • Le seuil s’apprécie en quotes-parts et non en têtes : il s’agit de pondérer le pouvoir décisionnel par le poids économique réel de chacun dans la masse indivise, à l’image — déjà rappelée — de la majorité des deux tiers exigée pour les actes d’administration par l’article 815-3, 1°.
    • Toutefois, cette prééminence de la majorité économique interroge sur son adéquation avec les principes fondamentaux du droit de propriété.
    • En effet, l’article 815-5-1 confère aux indivisaires majoritaires le pouvoir d’imposer une aliénation, potentiellement contraire à la volonté des minoritaires, ce qui peut apparaître comme une forme d’expropriation privée.
    • Si cette disposition a été jugée conforme aux exigences constitutionnelles, elle n’en demeure pas moins sujette à débat, notamment en ce qu’elle remet en question l’unanimité comme garantie traditionnelle des droits de chacun.
Illustration chiffrée. Trois héritiers recueillent un immeuble indivis. L’un détient 70 % des droits, les deux autres 15 % chacun. Numériquement, le premier est minoritaire (un contre deux) ; économiquement, il franchit seul le seuil des deux tiers (66,67 %). Il peut donc, à lui seul, déclencher la procédure de l’article 815-5-1 et solliciter l’autorisation de vendre, en dépit de l’opposition unie des deux autres indivisaires. Inversement, deux indivisaires détenant ensemble 60 % des droits, fussent-ils majoritaires en nombre, ne pourraient y recourir, faute d’atteindre la fraction requise.
  • Absence d’atteinte excessive aux droits des indivisaires minoritaires : une protection nuancée
    • La seconde condition impose que l’aliénation envisagée ne porte pas une atteinte excessive aux droits des indivisaires minoritaires.
    • Ce critère, d’apparence simple, recèle une complexité d’interprétation qui en limite la portée pratique.
      • Une approche subjective : le préjudice moral ou affectif
        • Une lecture subjective de l’atteinte excessive pourrait conduire le juge à examiner l’impact moral ou affectif de l’aliénation sur les indivisaires minoritaires.
        • Cette approche pourrait, par exemple, tenir compte de l’attachement personnel à un bien familial ou des conséquences psychologiques d’une vente forcée.
        • Toutefois, une telle interprétation risque de priver d’effectivité le mécanisme de l’article 815-5-1, dans la mesure où toute opposition des minoritaires repose, par hypothèse, sur des raisons personnelles.
      • Une approche objective : le respect des garanties procédurales
        • À l’inverse, une lecture objective de la notion d’atteinte excessive pourrait limiter l’examen du juge aux seules garanties procédurales, telles que la régularité de la procédure ou l’équité dans la répartition des fruits de la vente.
        • Si cette approche permet de préserver l’efficacité du dispositif, elle réduit toutefois considérablement la protection offerte aux indivisaires minoritaires, en négligeant les dimensions émotionnelles et sociales de leur opposition.
    • En définitive, le juge doit trouver un équilibre délicat entre ces deux approches, afin de garantir une application à la fois efficace et équitable de l’article 815-5-1.
    • Ce critère, bien que fondamental pour préserver les droits des minoritaires, reflète les tensions inhérentes à toute tentative de concilier les intérêts divergents au sein d’une indivision.
    • L’office du juge se trouve, ici encore, doublement borné : il lui appartient de circonscrire précisément le périmètre de l’autorisation qu’il délivre, sans pouvoir l’étendre au-delà de ce que la loi permet ; mais il lui est tout autant interdit d’ajouter au texte des critères que celui-ci ne prévoit pas, sous peine de voir sa décision censurée pour excès de pouvoir. L’appréciation de l’atteinte excessive demeure ainsi une faculté strictement encadrée, et non un pouvoir d’opportunité.

II) La procédure d’autorisation

L’article 815-5-1 du Code civil, issu de la loi n° 2009-526 du 12 mai 2009, instaure une procédure dérogatoire à la règle de l’unanimité en matière d’indivision.

Ce texte permet à un ou plusieurs indivisaires titulaires d’au moins deux tiers des droits indivis de demander l’autorisation judiciaire de vendre un bien indivis, même en cas d’opposition des indivisaires minoritaires.

Cette procédure se déploie en deux phases distinctes, chacune encadrée par des règles spécifiques : une phase préalable, amiable et formelle, qui se noue devant le notaire ; puis une phase juridictionnelle, qui s’ouvre devant le tribunal judiciaire lorsque l’opposition persiste. Cette séquence en deux temps n’est pas indifférente : la phase notariale conditionne la recevabilité de la phase judiciaire, le procès-verbal de difficultés constituant le titre d’accès au prétoire.

A) La phase devant notaire

La procédure débute obligatoirement devant notaire, dont le rôle est central dans la mise en œuvre du mécanisme d’aliénation. Loin d’être un simple rédacteur d’actes, le notaire opère ici comme l’organe qui constate le blocage et cristallise le désaccord, dans des formes propres à garantir l’information loyale des minoritaires.

  • Déclaration d’intention d’aliéner par les indivisaires majoritaires
    • Selon l’alinéa 2 de l’article 815-5-1, les indivisaires majoritaires doivent exprimer devant notaire leur intention de procéder à l’aliénation du bien indivis.
    • Cette déclaration, formalisée dans un acte notarié, constitue le point de départ de la procédure et marque la volonté des majoritaires de passer outre l’opposition des minoritaires.
  • Notification aux indivisaires minoritaires
    • L’alinéa 3 de l’article 815-5-1 impose au notaire de notifier cette déclaration aux indivisaires minoritaires dans un délai d’un mois.
    • La notification, effectuée par ministère d’huissier, informe les minoritaires de l’intention d’aliéner et leur ouvre un délai pour réagir.
  • Réponse des indivisaires minoritaires
    • À compter de la notification, les indivisaires minoritaires disposent d’un délai de trois mois pour manifester leur opposition ou donner leur consentement à l’aliénation, conformément à l’alinéa 4 de l’article 815-5-1. Le silence des minoritaires vaut opposition implicite, renforçant ainsi leur droit de ne pas se prononcer activement.
  • Procès-verbal de difficultés
    • Si une opposition est exprimée ou si les indivisaires minoritaires demeurent silencieux, le notaire dresse un procès-verbal de difficultés.
    • Ce document consigne les désaccords ou l’absence de réponse, formalisant ainsi l’échec de la phase notariale.
    • Ce procès-verbal est indispensable pour initier la phase judiciaire.
Repères chronologiques. La déclaration d’intention est reçue par le notaire à une date donnée ; celui-ci dispose alors d’un mois pour la notifier aux minoritaires par voie d’huissier ; ces derniers bénéficient ensuite de trois mois pour répondre. À l’expiration de ce délai, leur silence équivaut à un refus : le notaire dresse aussitôt le procès-verbal de difficultés, ouvrant la voie de la saisine du tribunal. La rigueur de ce calendrier protège les minoritaires d’une vente précipitée tout en bornant dans le temps leur faculté d’inertie.

B) La phase devant le juge

Lorsque l’opposition persiste, la procédure se poursuit devant le tribunal judiciaire, conformément à l’alinéa 5 de l’article 815-5-1.

  • Saisine du tribunal
    • Les indivisaires majoritaires, disposant du procès-verbal de difficultés, saisissent le tribunal judiciaire pour obtenir une autorisation d’aliéner le bien indivis.
    • Cette saisine déclenche l’examen juridictionnel des conditions posées par la loi.
  • Examen des conditions par le juge
    • Aux termes de l’alinéa 5 de l’article 815-5-1, le tribunal doit s’assurer que :
      • Les demandeurs détiennent au moins deux tiers des droits indivis.
      • L’aliénation ne porte pas une atteinte excessive aux droits des indivisaires minoritaires.
    • Le tribunal peut également tenir compte des circonstances particulières de l’affaire, telles que les motifs d’opposition des minoritaires ou l’intérêt collectif à l’aliénation.
  • Autorisation et licitation
    • Si les conditions légales sont remplies, le tribunal autorise la vente, qui doit s’effectuer par voie de licitation, conformément à l’alinéa 6 de l’article 815-5-1.
    • Ce mode de vente garantit la transparence et l’égalité de traitement entre les indivisaires, en attribuant le bien au plus offrant lors d’une vente aux enchères.
Licitation. La licitation est la vente aux enchères d’un bien indivis qui ne peut être commodément partagé en nature. Plutôt que d’attribuer le bien lui-même à l’un des indivisaires, on le convertit en une somme d’argent — le prix d’adjudication — aisément partageable selon les quotes-parts. En imposant ce mode de cession, l’article 815-5-1 prévient tout soupçon de sous-évaluation au profit des majoritaires : le prix résulte du jeu de la concurrence entre enchérisseurs, et non d’une transaction privée. La licitation garantit ainsi l’objectivité de la valeur et l’égalité de traitement de tous les indivisaires.
  • Opposabilité de la décision
    • Une fois l’autorisation délivrée, l’aliénation devient opposable à tous les indivisaires, y compris à ceux ayant exprimé leur opposition.
    • L’alinéa 7 de l’article 815-5-1 précise que cette opposabilité s’étend également aux indivisaires qui n’auraient pas été formellement notifiés, sous réserve du respect des conditions procédurales.

III) Les effets de l’autorisation judiciaire

A) À l’égard des indivisaires

L’autorisation délivrée par le tribunal s’impose à tous les indivisaires, qu’ils aient donné leur consentement ou exprimé leur opposition à la vente. En vertu de l’alinéa 7 de l’article 815-5-1, cette décision rend l’aliénation opposable à chacun d’eux, ce qui signifie que le transfert de propriété s’opère comme si tous avaient consenti à l’acte.

Il convient ici de manier avec précision le couple conceptuel de l’opposabilité et de l’engagement personnel, dont la confusion fausserait toute la compréhension du dispositif. L’opposabilité signifie que les minoritaires doivent subir les effets de l’acte — la perte de leur droit sur le bien cédé — sans pour autant en devenir parties ; l’engagement personnel, qu’ils en assumeraient les obligations comme tout contractant. Or l’autorisation judiciaire produit le premier effet sans emporter le second.

Cependant, cette opposabilité ne crée pas d’obligation personnelle pour les indivisaires minoritaires.

En d’autres termes, ces derniers ne sont pas considérés comme parties à l’acte de vente et ne peuvent être tenus responsables, par exemple, des garanties attachées à la chose vendue (telle que la garantie des vices cachés).

Ils demeurent juridiquement tiers à l’acte, même s’ils doivent en supporter les conséquences pratiques, notamment la perte de leurs droits sur le bien vendu. L’acte autorisé éteint ainsi leur droit sur le bien cédé — les privant de tout usage ou de toute jouissance ultérieurs —, mais ne les transforme pas pour autant en débiteurs des garanties légales dues à l’acquéreur, lesquelles ne pèsent que sur les majoritaires qui ont, seuls, la qualité de vendeurs.

B) À l’égard des tiers

Pour les tiers acquéreurs, l’autorisation judiciaire constitue une garantie essentielle de sécurité juridique.

Elle certifie que la vente est opposable à tous les indivisaires, qu’ils aient consenti ou non à l’aliénation. Cette opposabilité protège les tiers contre toute contestation ultérieure pouvant émaner des indivisaires minoritaires.

En pratique, cela signifie que le tiers acquéreur peut être certain de la validité de son titre de propriété et de l’impossibilité pour les indivisaires minoritaires de remettre en cause la vente.

Cette sécurité renforce l’attractivité économique du bien, en favorisant des ventes rapides et à des conditions avantageuses, tout en évitant les litiges postérieurs à l’aliénation. La solution s’inscrit, du reste, dans une tendance plus générale de la jurisprudence à conférer pleine efficacité aux actes accomplis par certains indivisaires dès lors que les coïndivisaires en avaient connaissance ou en supportent légitimement les effets — ainsi la Cour de cassation reconnaît-elle l’opposabilité, au coïndivisaire donataire de droits indivis, du bail consenti seul par un autre indivisaire (Cass. 3e civ., 29 janv. 2026, n° 24-20.852).

C) Sur le produit de la vente

L’autorisation judiciaire ne met pas un terme à l’indivision, mais transforme le bien vendu en une somme d’argent répartie entre les indivisaires selon leurs droits respectifs, conformément à l’alinéa 6 de l’article 815-5-1.

Ce mécanisme de subrogation permet de maintenir l’équilibre des droits de chaque indivisaire, tout en facilitant la gestion du produit de la vente. La subrogation réelle opère ici un report des droits : le prix prend, dans la masse indivise, la place exacte qu’occupait le bien, de sorte que les quotes-parts demeurent inchangées et que nul ne se trouve enrichi ou appauvri par l’opération.

  • Répartition entre les indivisaires
    • Le prix obtenu est réparti proportionnellement aux droits indivis de chacun.
    • Cette répartition reflète les parts initiales détenues dans l’indivision et garantit une juste compensation pour chaque indivisaire, qu’il ait consenti ou non à la vente.
  • Interdiction du remploi pour une nouvelle indivision
    • Afin d’éviter la reconstitution des blocages qui avaient motivé l’aliénation, l’article 815-5-1 prohibe le remploi des fonds pour l’acquisition d’un nouveau bien indivis.
    • Cette interdiction vise à encourager les indivisaires à sortir définitivement de l’indivision et à privilégier des solutions individuelles.
  • Paiement des dettes et charges
    • Une exception à l’interdiction de remploi est toutefois prévue pour le règlement des dettes et charges liées à l’indivision.
    • Cette obligation qui pèse sur les indivisaires permet de solder les dettes communes avant la distribution du reliquat entre les indivisaires, renforçant ainsi la sécurité juridique et financière de l’opération.
    • Encore faut-il distinguer avec soin les dettes de l’indivision — celles qui grèvent la masse et doivent être acquittées sur le prix avant tout partage — des dettes personnelles de chaque indivisaire, lesquelles n’ont pas vocation à être prélevées sur le produit commun. La Cour de cassation veille à cette ligne de partage : elle juge que les contributions sociales (CSG et CRDS) dues par chaque coïndivisaire sur sa part dans les revenus fonciers du bien indivis constituent des dettes personnelles, et non des dettes de l’indivision, de sorte que leur paiement n’ouvre aucune créance contre celle-ci (Cass. 1re civ., 15 janv. 2025, n° 23-13.116).
Cass. 1re civ., 15 janv. 2025, n° 23-13.116. Les contributions sociales (CSG, CRDS) dues par chaque copartageant sur sa part dans les revenus fonciers d’un bien indivis sont des dettes personnelles et non des dettes de l’indivision ; leur paiement n’ouvre, en conséquence, aucune créance contre l’indivision.

Les textes cités

Le texte en vigueur de chaque disposition citée, tel qu’il se lit au 8 septembre 2026. 5 dispositions ont connu des rédactions antérieures : elles sont données, datées, et ce qui les sépare du texte actuel est souligné. Lorsqu’une rédaction a été reprise sous un autre numéro, ou dans un autre code, la destination est nommée.

Article 112 du code civilen vigueur depuis le 31 mars 1978

Lorsqu'une personne a cessé de paraître au lieu de son domicile ou de sa résidence sans que l'on en ait eu de nouvelles, le juge des tutelles peut, à la demande des parties intéressées ou du ministère public, constater qu'il y a présomption d'absence.

Article 815-2 du code civilen vigueur depuis le 1er janvier 2007

Tout indivisaire peut prendre les mesures nécessaires à la conservation des biens indivis même si elles ne présentent pas un caractère d'urgence.
Il peut employer à cet effet les fonds de l'indivision détenus par lui et il est réputé en avoir la libre disposition à l'égard des tiers.
A défaut de fonds de l'indivision, il peut obliger ses coïndivisaires à faire avec lui les dépenses nécessaires.
Lorsque des biens indivis sont grevés d'un usufruit, ces pouvoirs sont opposables à l'usufruitier dans la mesure où celui-ci est tenu des réparations.

1 rédaction antérieure — ce qui a changé est souligné

Du 1er juillet 1977 au 1er janvier 2007Tout indivisaire peut prendre les mesures nécessaires à la conservation des biens indivis. indivis même si elles ne présentent pas un caractère d'urgence. Il peut employer à cet effet les fonds de l'indivision détenus par lui et il est réputé en avoir la libre disposition à l'égard des tiers. A défaut de fonds de l'indivision, il peut obliger ses coïndivisaires à faire avec lui les dépenses nécessaires. Lorsque des biens indivis sont grevés d'un usufruit, ces pouvoirs sont opposables à l'usufruitier dans la mesure où celui-ci est tenu des réparations.

Article 815-3 du code civilen vigueur depuis le 1er janvier 2007

Le ou les indivisaires titulaires d'au moins deux tiers des droits indivis peuvent, à cette majorité :
1° Effectuer les actes d'administration relatifs aux biens indivis ;
2° Donner à l'un ou plusieurs des indivisaires ou à un tiers un mandat général d'administration ;
3° Vendre les meubles indivis pour payer les dettes et charges de l'indivision ;
4° Conclure et renouveler les baux autres que ceux portant sur un immeuble à usage agricole, commercial, industriel ou artisanal.
Ils sont tenus d'en informer les autres indivisaires. A défaut, les décisions prises sont inopposables à ces derniers.
Toutefois, le consentement de tous les indivisaires est requis pour effectuer tout acte qui ne ressortit pas à l'exploitation normale des biens indivis et pour effectuer tout acte de disposition autre que ceux visés au 3°.
Si un indivisaire prend en main la gestion des biens indivis, au su des autres et néanmoins sans opposition de leur part, il est censé avoir reçu un mandat tacite, couvrant les actes d'administration mais non les actes de disposition ni la conclusion ou le renouvellement des baux.

1 rédaction antérieure — ce qui a changé est souligné

Du 1er juillet 1977 au 1er janvier 2007Les Le ou les indivisaires titulaires d'au moins deux tiers des droits indivis peuvent, à cette majorité : 1° Effectuer les actes d'administration et de disposition relatifs aux biens indivis requièrent ; 2° Donner à l'un ou plusieurs des indivisaires ou à un tiers un mandat général d'administration ; 3° Vendre les meubles indivis pour payer les dettes et charges de l'indivision ; 4° Conclure et renouveler les baux autres que ceux portant sur un immeuble à usage agricole, commercial, industriel ou artisanal. Ils sont tenus d'en informer les autres indivisaires. A défaut, les décisions prises sont inopposables à ces derniers. Toutefois, le consentement de tous les indivisaires. Ceux-ci peuvent donner à l'un ou à plusieurs d'entre eux un mandat général d'administration. Un mandat spécial indivisaires est nécessaire requis pour effectuer tout acte qui ne ressortit pas à l'exploitation normale des biens indivis, ainsi indivis et pour effectuer tout acte de disposition autre que pour la conclusion et le renouvellement des baux. ceux visés au 3°. Si un indivisaire prend en main la gestion des biens indivis, au su des autres et néanmoins sans opposition de leur part, il est censé avoir reçu un mandat tacite, couvrant les actes d'administration mais non les actes de disposition ni la conclusion ou le renouvellement des baux.

Article 815-5 du code civilen vigueur depuis le 1er janvier 2007

Un indivisaire peut être autorisé par justice à passer seul un acte pour lequel le consentement d'un coïndivisaire serait nécessaire, si le refus de celui-ci met en péril l'intérêt commun.
Le juge ne peut, à la demande d'un nu-propriétaire, ordonner la vente de la pleine propriété d'un bien grevé d'usufruit contre la volonté de l'usufruitier.
L'acte passé dans les conditions fixées par l'autorisation de justice est opposable à l'indivisaire dont le consentement a fait défaut.

2 rédactions antérieures — ce qui a changé est souligné

Du 7 juillet 1987 au 1er janvier 2007Un indivisaire peut être autorisé par justice à passer seul un acte pour lequel le consentement d'un coïndivisaire serait nécessaire, si le refus de celui-ci met en péril l'intérêt commun. Le juge ne peut, à la demande d'un nu-propriétaire, ordonner la vente de la pleine propriété d'un bien grevé d'usufruit contre la volonté de l'usufruitier. L'acte passé dans les conditions fixées par l'autorisation de justice est opposable à l'indivisaire dont le consentement a fait défaut.

Du 1er juillet 1977 au 7 juillet 1987Un indivisaire peut être autorisé par justice à passer seul un acte pour lequel le consentement d'un coïndivisaire serait nécessaire, si le refus de celui-ci met en péril l'intérêt commun. Le juge ne peut toutefois, sinon aux fins de partage, autoriser peut, à la demande d'un nu-propriétaire, ordonner la vente de la pleine propriété d'un bien grevé d'usufruit, d'usufruit contre la volonté de l'usufruitier. L'acte passé dans les conditions fixées par l'autorisation de justice est opposable à l'indivisaire dont le consentement a fait défaut.

Article 815-5-1 du code civilen vigueur depuis le 1er janvier 2020

Sauf en cas de démembrement de la propriété du bien ou si l'un des indivisaires se trouve dans l'un des cas prévus à l'article 836, l'aliénation d'un bien indivis peut être autorisée par le tribunal judiciaire, à la demande de l'un ou des indivisaires titulaires d'au moins deux tiers des droits indivis, suivant les conditions et modalités définies aux alinéas suivants.
Le ou les indivisaires titulaires d'au moins deux tiers des droits indivis expriment devant un notaire, à cette majorité, leur intention de procéder à l'aliénation du bien indivis.
Dans le délai d'un mois suivant son recueil, le notaire fait signifier cette intention aux autres indivisaires.
Si l'un ou plusieurs des indivisaires s'opposent à l'aliénation du bien indivis ou ne se manifestent pas dans un délai de trois mois à compter de la signification, le notaire le constate par procès-verbal.
Dans ce cas, le tribunal judiciaire peut autoriser l'aliénation du bien indivis si celle-ci ne porte pas une atteinte excessive aux droits des autres indivisaires.
Cette aliénation s'effectue par licitation. Les sommes qui en sont retirées ne peuvent faire l'objet d'un remploi sauf pour payer les dettes et charges de l'indivision.
L'aliénation effectuée dans les conditions fixées par l'autorisation du tribunal judiciaire est opposable à l'indivisaire dont le consentement a fait défaut, sauf si l'intention d'aliéner le bien du ou des indivisaires titulaires d'au moins deux tiers des droits indivis ne lui avait pas été signifiée selon les modalités prévues au troisième alinéa.

1 rédaction antérieure — ce qui a changé est souligné

Du 14 mai 2009 au 1er janvier 2020Sauf en cas de démembrement de la propriété du bien ou si l'un des indivisaires se trouve dans l'un des cas prévus à l'article 836, l'aliénation d'un bien indivis peut être autorisée par le tribunal de grande instance, judiciaire, à la demande de l'un ou des indivisaires titulaires d'au moins deux tiers des droits indivis, suivant les conditions et modalités définies aux alinéas suivants. Le ou les indivisaires titulaires d'au moins deux tiers des droits indivis expriment devant un notaire, à cette majorité, leur intention de procéder à l'aliénation du bien indivis. Dans le délai d'un mois suivant son recueil, le notaire fait signifier cette intention aux autres indivisaires. Si l'un ou plusieurs des indivisaires s'opposent à l'aliénation du bien indivis ou ne se manifestent pas dans un délai de trois mois à compter de la signification, le notaire le constate par procès-verbal. Dans ce cas, le tribunal de grande instance judiciaire peut autoriser l'aliénation du bien indivis si celle-ci ne porte pas une atteinte excessive aux droits des autres indivisaires. Cette aliénation s'effectue par licitation. Les sommes qui en sont retirées ne peuvent faire l'objet d'un remploi sauf pour payer les dettes et charges de l'indivision. L'aliénation effectuée dans les conditions fixées par l'autorisation du tribunal de grande instance judiciaire est opposable à l'indivisaire dont le consentement a fait défaut, sauf si l'intention d'aliéner le bien du ou des indivisaires titulaires d'au moins deux tiers des droits indivis ne lui avait pas été signifiée selon les modalités prévues au troisième alinéa.

Article 836 du code civilen vigueur depuis le 25 mars 2019

Si un indivisaire est présumé absent ou, par suite d'éloignement, se trouve hors d'état de manifester sa volonté, un partage amiable peut intervenir dans les conditions prévues à l'article 116.
De même, si un indivisaire fait l'objet d'un régime de protection, un partage amiable peut intervenir dans les conditions prévues aux titres X, XI et XII du livre Ier.

2 rédactions antérieures — ce qui a changé est souligné

Du 1er janvier 2007 au 25 mars 2019Si un indivisaire est présumé absent ou, par suite d'éloignement, se trouve hors d'état de manifester sa volonté, un partage amiable peut intervenir dans les conditions prévues à l'article 116. De même, si un indivisaire fait l'objet d'un régime de protection, un partage amiable peut intervenir dans les conditions prévues aux titres X X, XI et XI XII du livre Ier.

Du 21 mars 1804 au 1er janvier 2007Les règles établies pour la division des masses Si un indivisaire est présumé absent ou, par suite d'éloignement, se trouve hors d'état de manifester sa volonté, un partage amiable peut intervenir dans les conditions prévues à partager sont également observées l'article 116. De même, si un indivisaire fait l'objet d'un régime de protection, un partage amiable peut intervenir dans la subdivision à faire entre les souches copartageantes. conditions prévues aux titres X, XI et XII du livre Ier.

Décisions citées 3

Chaque décision de la Cour de cassation mentionnée sur cette page, avec son lien officiel.

  1. CassationCass. 1re chambre civile, 15 janvier 2025, n° 23-13.116consulter ↗
  2. RejetCass. 1re chambre civile, 14 janvier 2026, n° 23-21.120consulter ↗
  3. CassationCass. 3e chambre civile, 29 janvier 2026, n° 24-20.852consulter ↗

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